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Liban

Gouvernement : Bassil et Geagea plus que jamais à couteaux tirés

liban

Le chef du CPL accuse Meerab d’affaiblir la présidence de la République.

Fady NOUN | OLJ
24/08/2018

Les chefs des deux grands partis représentatifs des chrétiens, le Courant patriotique libre et les Forces libanaises, sont plus que jamais à couteaux tirés. Cette bataille de chefs est incontestablement l’un des grands obstacles à la formation du gouvernement. Gebran Bassil a qualifié hier de « suicide politique individuel et collectif » des propos tenus la veille par le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, au sujet de la part du chef de l’État dans le futur gouvernement. Il a accusé le leader des FL « de chercher à affaiblir la présidence de la République ». Dans une interview télévisée diffusée mercredi, le chef des FL avait contesté le fait de distinguer entre le nombre de portefeuilles ministériels accordés au CPL et la part qui revient au président de la République.
« C’est un suicide politique individuel et collectif », s’est exclamé M. Bassil dans un tweet, reprochant sans le nommer à M. Geagea de brader « son frère et sa communauté pour un gain politique et ministériel passager », en faisant fi « des prérogatives, des us et coutumes et de l’accord (de Meerab) », tout en affirmant qu’il soutient le mandat en place.


(Lire aussi : Gouvernement : un scénario pour sortir de l’impasse actuelle, le décryptage de Scarlett Haddad) 


« Contradiction » 

Dans un communiqué publié dans la journée, le CPL a lui aussi répondu aux déclarations de M. Geagea, en insistant sur le fait que « les choix politiques et les alliances électorales entre les partis soutenant le chef de l’État (…) n’ont rien à voir avec la représentation de la présidence en tant qu’acteur constitutionnel comme il est de coutume (...). Il ne s’agit pas d’une considération politique, mais d’une considération constitutionnelle et ayant trait au pacte national ». Le communiqué du CPL dénonce une logique qui « affaiblit la présidence de la République et sa place au sein de l’exécutif ».
Le CPL estime également que, par ses propos, M. Geagea « enterre l’accord de Meerab », scellé en 2016 entre les deux formations, qui a permis l’élection de M. Aoun à la tête de l’État et qui « stipule clairement que la part du chef de l’État est indépendante de la part du CPL ».
Par ailleurs, le CPL a dénoncé la « contradiction » dans la position de M. Geagea sur le dossier des réfugiés syriens : « Pourquoi cette contradiction dans les positions du chef des FL qui soutient celle de M. Bassil mais qui, en même temps, refuse d’agir, prétextant les prérogatives du Premier ministre ? » Mercredi, le leader des Forces libanaises avait indiqué que « la position des FL en ce qui concerne les réfugiés est similaire à celle du chef du CPL dans le fond », mais ajouté que « le fait que ce dernier prenne des initiatives à grande échelle court-circuite les prérogatives du Premier ministre désigné ». M. Geagea faisait ainsi allusion à l’initiative prise par M. Bassil de se rendre à Moscou et d’y rencontrer le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, sans avoir consulté au préalable le Premier ministre.


(Lire aussi : Les positions autour de la formation du gouvernement plus verrouillées que jamais)


« Toutes les concessions possibles »
Dans un communiqué à l’issue d’une réunion en fin d’après-midi, le bloc parlementaire des FL, « La République forte », a de son côté assuré que les Forces libanaises « ont déployé tous leurs efforts pour accélérer la formation du gouvernement (...) et ont fait toutes les concessions possibles pour lui permettre de voir le jour ». « La balle est désormais dans le camp de ceux qui tentent injustement de nous marginaliser. Ce sont eux qui assument, envers les Libanais, la responsabilité du retard pris dans la formation du cabinet », a ajouté le communiqué.
À la question de savoir si la réunion avait évoqué le tweet incendiaire de Gebran Bassil, le secrétaire général du bloc, Fadi Karam, a répondu : « Dans notre réunion, nous n’évoquons que les choses sérieuses. »
Les députés FL ont par ailleurs appelé à écarter le dossier de la normalisation des relations entre le Liban et la Syrie des discussions autour de la formation du gouvernement, s’étonnant de la « volonté programmée (...) d’entraîner le pays dans les dossiers conflictuels ».




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LA GRANDE ERREUR DU HAKIM C,EST D,AVOIR CRU EN LES PAROLES ET LES PROMESSES DONNEES ORALES ET ECRITES !

Gebran Eid

GEAGEA A VISSÉ AOUN SUR SA CHAISE ET L'A LÉGITIMÉ COMME PRÉSIDENT DE TOUS LES LIBANAIS. IL LUI A LAISSÉ CARRÉMENT LES CLEFS DU LIBAN. AH QU'IL EST ÉTONNÉ AUJOURD'HUI DU RÉSULTAT. IL EST ENTRAIN DE MORDRE LES DOIGTS. À SA PLACE, JE LES COUPE MES DOIGTS ET JE PART EN LAISSANT UNE LETTRE D'EXCUSE ADRESSÉE AUX MALHEUREUX PATRIOTES QUI CROYAIENT ENCORE EN MA CAPACITÉ COMME LE SAUVEUR DE CE QUI NOUS RESTE DE CE PAYS.

Bery tus

Bravo Mr KARAM ...

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