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Économie

EDZ détaille sa tarification en réponse aux critiques

Électricité

Deux députés ont rencontré le ministre de l’Énergie pour l’appeler à intervenir sur ce dossier.

07/08/2018

La polémique se poursuit autour des tarifs pratiqués par Électricité de Zahlé (EDZ). La société qui détient une concession accordée depuis près de cent ans pour distribuer du courant et qui en produit depuis 2015 pendant les heures de panne a une nouvelle fois riposté aux accusations du député de Zahlé Michel Daher qui l’accusait de gonfler ses prix en détaillant sa grille de facturation.
« Notre système est transparent et nous ne facturons que la consommation réelle de nos abonnés selon une méthodologie très claire. Les accusations dont nous faisons l’objet ne sont pas correctement documentées », a affirmé à L’Orient-Le Jour un des cadres d’EDZ, Nagi Jreissati.
Le député Michel Daher (du bloc aouniste), à l’origine des attaques contre la concession, maintient sa position et confirme que la plainte qu’il a déposée – avec un autre député, Sélim Aoun – contre le directeur Assaad Nakad, est en cours d’enregistrement. M. Nakad était sur la liste de M. Daher lors des législatives du 6 mai. Enfin, deux députés des Forces libanaises (FL), César Maalouf – qui a aussi associé son nom à la plainte – et Georges Okais, se sont réunis hier avec le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil (Courant patriotique libre), pour lui demander d’intervenir sur ce dossier.


(Pour mémoire : EDZ : Michel Daher va porter plainte contre Assaad Nakad)


Zahlé et 16 localités
EDZ a obtenu dans les années 1920 la concession pour produire et distribuer de l’électricité. Dans les années 1960, une loi institue Électricité du Liban (EDL) et lui confie au passage le monopole de la production aux dépens des concessions dont la mission se limite dès lors à gérer la distribution.
Face à l’incapacité d’EDL à fournir du courant 24 heures sur 24, notamment à cause de la guerre civile et de l’échec des gouvernement successifs à réformer l’établissement public après 1990, EDZ perd patience et décide de reprendre unilatéralement la production à partir de 2015 – soit trois ans avant l’expiration de la concession – en louant des unités de production déployant 50 mégawatts environ. « Nous ne pouvons pas être viables financièrement si EDL ne produit pas de courant à plein-temps », justifie M. Jreissati.
Depuis, la société distribue l’électricité produite par EDL et branche ses unités pendant les pannes, tout en émettant une facture unique pour chacun des plus de désormais 65 000 compteurs placés sous sa responsabilité. Elle remplace ainsi de fait les générateurs privés à Zahlé et les 16 localités qui l’entourent.

Gros consommateur
Le prix que fait payer EDZ aux abonnés est calculé à partir de plusieurs variables, explique la direction de la concession. « La loi nous impose d’acheter le kilowattheure produit à EDL à 55 livres (près de 0,04 dollar) et de le revendre à des tarifs qui varient entre 35 et 200 livres (0,02 et 0,13 dollar) en fonction de la tranche de consommation de l’abonné en question entre moins de 100 et plus de 500 kWh par mois », détaille M. Jreissati, reprenant des explications publiées par EDZ ce week-end. « Le coût de l’électricité produite par EDZ varie de son côté en fonction des prix du carburant. Il s’est élevé à environ 300 livres (0,2 dollar) au mois de juin, hors maintenance et location du site (situé près de relais haute tension d’EDL à Ksara) », poursuit-il. Le prix final au kWh est obtenu en additionnant « le prix du kWh produit par EDL en fonction de la tranche » à une moyenne calculée à partir du coût total de production du kWh produit par EDZ et la quantité d’électricité produite sur la période de facturation, soit 168 livres (0,11 dollar) par mois. Selon M. Jreissati, « quelqu’un qui consomme plus de 500 kWh par mois comme M. Daher doit par exemple multiplier sa consommation réelle par 368 livres (0,24 dollar) pour avoir sa facture finale, et ajouter 5 000 à 10 000 livres (3,3 à 6,6 dollars), un montant qui répercute une taxe de réhabilitation du réseau imposée par EDL ». Il précise toutefois que la loi impose que les 500 premiers kWh consommés soient facturés selon la grille progressive (les 100 premiers à 35 livres, les 200 suivants à 55 livres, etc.), ce qui diminue légèrement le prix du kilowattheure pour les gros consommateurs. Michel Daher considère de son côté que ce supplément de 168 livres est « illégal » et considère que le nombre d’heures de coupures d’électricité figurant sur les factures d’EDZ dépasse celui « spécifié par EDL » sur les bulletins mensuels publiés par le ministère de l’Énergie pour fixer le prix des abonnements aux générateurs. Un argument que rejette EDZ qui rappelle que les heures de rationnement citées par le ministère correspondent à une moyenne nationale. « Nos abonnés sont équipés de compteurs et sont facturés en fonction de leur consommation réelle. Nous indiquons le total d’heures de rationnement sur nos factures à titre indicatif », répond M. Jreissati.
Le contrat de concession prévoit qu’EDZ revienne dans le giron d’EDL après l’expiration de la durée de la concession.


Pour mémoire

La polémique reprend autour des tarifs pratiqués par EDZ

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