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Liban

Raï dénonce « l’exclusion des chrétiens et des musulmans de Jérusalem »

Réactions

L’indignation continue de s’exprimer contre la loi qui définit Israël comme « l’État-nation du peuple juif ».

OLJ
23/07/2018
La loi adoptée jeudi dernier par la Knesset définissant Israël comme « l’État-nation du peuple juif » continue de faire réagir les parties politiques libanaises, toutes affinités confondues, rejointes en fin de semaine par les autorités religieuses maronite et druze.
Ainsi, le patriarche maronite Mgr Béchara Raï a dénoncé hier une loi « ignoble, antidémocratique et antipluralisme », qu’il a liée à la décision antérieure du Parlement israélien de proclamer Jérusalem capitale d’Israël. « Cette décision est inadmissible puisqu’elle exclut les deux religions chrétienne (catholique, orthodoxe et protestante) et musulmane », sans compter qu’elle « saborde le processus de paix », a-t-il déclaré, dans son homélie pour la messe dédiée à saint Charbel à Faraya. « Nous avons sur cette terre des évêchés, des paroisses, des institutions et un peuple. Le peuple juif n’a pas le droit, ni les États qui le soutiennent de pousser toujours plus loin leurs agressions et leurs actes d’exclusion », a-t-il ajouté. Et le prélat d’adresser « un appel aux Nations unies et au Conseil de sécurité pour qu’ils prennent une décision qui annule la loi de la Knesset sur la base des précédentes décisions internationales relatives » aux droits des Palestiniens.
Le cheikh Akl druze Naïm Hassan a souligné pour sa part samedi qu’il « n’y a ni paix ni stabilité au Moyen-Orient, sans un État palestinien avec Jérusalem pour capitale ». Il a appelé à « former un front arabo-islamique, en coopération avec les pays amis de la cause palestinienne, pour contrer les agressions (…) contre le peuple palestinien désormais encerclé ».
Représentant hier le président de la Chambre Nabih Berry à la session urgente de la fédération parlementaire arabe dédiée à la cause palestinienne, le député Michel Moussa a précisé que « toute solution politique aux événements liés au Moyen-Orient est impossible sans une solution juste et globale de la question palestinienne ». « Rien ne prime sur la Palestine et Jérusalem », a-t-il ajouté, relayant la position de M. Berry qui avait condamné vendredi la loi israélienne « au nom du Parlement libanais ». M. Moussa était accompagné par le député Walid Succariyé et le secrétaire général pour les Affaires étrangères Bilal Charara.

Silence « honteux »
Le ministre sortant de la Défense Yaacoub Sarraf a souligné samedi depuis son domicile du Akkar que « l’appui arabe est crucial pour faire face à l’injustice et la criminalité ». Et le « silence arabe » a été dénoncé samedi par des figures sunnites prosyriennes, sachant que la loi en question a été condamnée par Riyad et le Conseil de coopération du Golfe. Le député Jihad Samad a mis en garde contre « le changement de l’identité palestinienne (…) au vu et au su de tous » et regretté « les manquements des Arabes et des musulmans à l’égard de la cause palestinienne (…). Le silence arabe et international sur cette loi est honteux et révèle au grand jour les plans criminels d’Israël ». Le député Fayçal Karamé a regretté, lui aussi, « les manquements arabes » à ce niveau en estimant que « ni les condamnations verbales, ni les slogans, ni les conférences ne sont la réponse adéquate (…) à l’agression israélienne (…) mais l’unité palestinienne ».
De son côté, le Parti démocrate libanais du député Talal Arslane, proche du Hezbollah, a préféré parler de « résistance ». « Les armes et la résistance sont la voie la plus forte face à la colonisation la plus exécrable de l’histoire », a-t-il estimé, mettant en garde contre « le danger des démarches calculées de l’ennemi et l’administration Trump depuis l’annonce du “deal du siècle” », c’est-à-dire le plan de paix israélo-palestinien élaboré par Jared Kushner, qui prévoit notamment la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.
De nouvelles réactions ont émané en fin de semaine du groupe parlementaire du Futur. Dans un communiqué publié hier, la députée Bahia Hariri a qualifié la loi de “nouvelle Nakba” qui vient saper ce qu’il restait comme espoir d’instaurer la paix et la stabilité dans la région ». Mais « la Palestine n’est pas un mot qu’on rature et qu’on remplace par un autre », a-t-elle dit, en s’en remettant à « la communauté internationale (…) pour faire face à la frénésie israélienne ». Le député Samir Jisr a adressé un message à « la communauté internationale, à sa tête les États-Unis et l’Union européenne : que reste-t-il de la prétendue démocratie israélienne à l’ombre de l’État-nation juif ? ».

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