Nos Lecteurs ont la Parole

Le temps des insouciances

Dr Vartkès ARZOUMANIAN
OLJ
19/07/2018

L’été est la saison durant laquelle beaucoup de citadins préfèrent se déplacer à la montagne profitant de la fraîcheur et de la pureté de l’air, s’éloignant de l’humidité et de la chaleur de Beyrouth.
Durant mon enfance, mes parents comme presque tous les parents de mes amis préféraient la montagne à la mer. Le Liban était sublime avec ses montagnes vertes, avec ses forêts denses et ses vues imprenables sur la Méditerranée ou bien sur les montagnes voisines. Becharré la majestueuse, Bhamdoun la florissante, Koleiaat la somptueux, Dhour-el-Choueir la solennelle, Sofar l’auguste, Broummana l’opulente. Que dire alors des jumeaux époustouflants de Deir el-Kamar et Beiteddine et d’autres innombrables villages connus par leur beauté divine comme Ehden, Qartaba, Bkassine, Marjeyoun, Kfour, Zahlé, les Cèdres et tant d’autres... les mots vont me manquer pour décrire et chanter la beauté de nos villages libanais.
Khonchara était notre destination estivale. Un très beau village sur les pentes du Metn-Nord. Khonchara avec sa fontaine historique, ses maisons pittoresques en pierre de taille et en tuiles rouges, avec le monastère melkite de Saint-Jean-l’Apôtre, bâties dans les années 1700 et reconnues par la première publication du livre dans le monde arabe, et l’église historique Saint-Nicolas datant des années 1800. Mais Khonchara est surtout réputée par la gentillesse et l’hospitalité de ses habitants.
Tous nos voisins étaient des Libanais d’origine arménienne qui, comme nous, venaient de Beyrouth pour profiter de la montagne pour ces quelques mois d’été.
Ma mémoire est débordante de très beaux souvenirs de ces jours passés à la montagne.
Pour nous, en tant qu’enfants, l’important était les amis, les escapades dans la forêt, les excursions en bicyclettes et surtout la liberté et le sentiment de sécurité qu’on n’éprouvait nulle part qu’à la montagne.
Les années ont passé. Des nuages gris ont traversé les cieux du Liban...
Bizarre, de longues années sont passées, mais chaque fois de retour au Liban, c’est avec le plus grand plaisir et avec enchantement que je visite Khonchara le village de mon enfance.
C’est vrai que mes amis n’y sont plus, la forêt est moins verte qu’avant à cause des constructions de bâtiments, les gens ne me reconnaissent plus, même la fontaine est moins puissante qu’avant, mais, pour moi, Khonchara est une partie de mon enfance, peut être une partie perdue de moi.
Voilà, presque quarante ans passés de ces belles années d’enfance, assis devant mon ordinateur, je pense qu’en tant qu’enfant, ce n’était pas les sites historiques qui nous intéressaient, ni même le paysage époustouflant dont les gens parlaient. Pour moi, Khonchara était juste un symbole, un symbole de ce Liban d’avant-guerre, un symbole de sérénité, de quiétude et de joie de vivre qui nous a été arraché, envolé, spolié et dérobé !
En vérité, je suis comme beaucoup d’enfants émigrés à la recherche de ce Liban qu’on a jadis connu, ce Liban berceau des valeurs humaines où le respect de l’autrui, la liberté et la sécurité étaient peut être des choses gratuites...
Je suis en vain à la recherche de mon Liban d’enfance.

Abou Dhabi

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gaby sioufi

VOUS PLEUREZ LES VILLAGES DEVENUES VILLES ?
JE PLEURE CES MEMES VILLES DEVENUES DES HORREURS D'ARCHITECTURE,
DES MASSACRES DE L'ESTHETIQUE .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ADIEU LES BEAUX JOURS OU LA MONTAGNE ETAIT VRAIMENT MONTAGNE ET LES VILLAGES VILLAGES ET NON PAS VILLES COMME AUJOURD,HUI ! QUAND MEME LA BEAUTE DES CHAMPS DES FORETS, VALLEES ET PROMONTOIRS SAOULE ENCORE LES ESPRITS ET LIBERENT LES AMES...

Pierre BAGHDADIAN

Le Liban a toujours eté un endroit ou il est beau a vivre specialement durant la periode d'avant la guerre civile. Les villages Libanaises ont eté pour des milliers de Libanais des maisons d'acceuil durant les periodes estivales humides et chaudes.La beauté de la nature du pays des cedres est un sujet hors debat.L'hospitalité des villageois est characteristique aux peuples du bassin mediterraneen.Le temps change mais les souvenirs d'enfance restent ancrés dans nos memoires.Si avec toutes les annnees de guerre qu'une generation a survecu, on garde des memoires positives de nos annees d'enfances c'est signe que le bon a un pouvoir divin a camoufler le mal !

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