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À La Une - Syrie

Début de l'évacuation des rebelles de Deraa, ex-bastion de la révolte

Les forces du régime bombardent intensivement depuis dimanche à l'aube la province voisine et stratégique de Qouneitra, dans le sud de la Syrie.

Des rebelles évacuant la ville de Deraa à bord d'un pick-up, le 15 juillet 2018. Photo AFP / Mohamad ABAZEED

 Plusieurs centaines de rebelles et de civils de la ville de Deraa ont été évacués dimanche à destination du nord de la Syrie, plus de sept ans après le début du soulèvement contre le régime dans cette région symbolique, désormais dans l'escarcelle de Damas. Les évacuations, prévues dans l'accord conclu le 6 juillet entre le régime et les groupes rebelles par l'entremise de la Russie, grande alliée de Damas, ont débuté vers la mi-journée.

Plusieurs centaines de combattants et quelques-uns de leurs proches sont montés à bord de 15 bus qui ont quitté le lieu de rassemblement, a rapporté un correspondant de l'AFP.  "Mon coeur est déchiré en mille morceaux. Que Dieu nous récompense. Qu'est ce que je peux dire de plus?", dit Huzayfa Halawa, un combattant rebelle de 28 ans évacué. 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a pour sa part fait état de l'évacuation dimanche de 430 personnes entre civils et combattants de la ville de Deraa et la province, bien moins que les 1.400 prévus au départ ce jour. "Il y a encore des bus vides", a affirmé le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.


(Lire aussi : Comment la révolution syrienne a été tuée)


Fouilles et inspections

La télévision d'Etat a confirmé peu après midi "le début du transfert des terroristes ayant refusé le règlement (politique) depuis le centre-ville de Deraa vers le nord du pays", utilisant la terminologie du régime pour désigner tous les rebelles.

A l'endroit de stationnement des bus, des femmes et des enfants, faisant partie du cortège, portaient sacs et valises. "Les hommes ont été fouillés par des (militaires) russes, tandis que les femmes ont été inspectées par des femmes du régime syrien", selon le correspondant de l'AFP.  Les bus arrivés dans la matinée étaient stationnés sur la route de Sajna, ancienne ligne de démarcation qui a été ouverte il y a quelques jours après l'évacuation des remblais par les forces du régime.

D'après Rami Abdel Rahmane, les bus se sont dirigés ensuite vers les abords de la ville, pour une nouvelle fouille avant le feu vert final pour rejoindre la province d'Idleb. Ce transfert concerne les rebelles et civils ayant refusé l'accord de "réconciliation" du 6 juillet, qui s'apparente de facto à une capitulation pour les groupes insurgés.

L'accord stipule en parallèle le désarmement des groupes rebelles et un retour des institutions étatiques dans les zones qui échappaient au contrôle de Damas.



(Lire aussi : Après Deraa, le régime de Damas confronté à un dilemme cornélien)


Désarmement des rebelles

Haut symbole de la révolte contre Bachar el-Assad en 2011, la province de Deraa est tombée dans l'escarcelle du régime au terme de trois semaines d'une offensive éclair ayant fait plier les rebelles et fait 150 morts parmi les civils. Parallèlement à leur évacuation, les rebelles syriens poursuivent dimanche l'opération de remise de leurs armes lourdes dans la ville de Deraa, conformément à l'accord parrainé par Moscou.

L'agence officielle Sana a indiqué que "des groupes armés dans le centre de (la ville de) Deraa continuent de livrer des armes lourdes à l'armée syrienne", publiant à l'appui des photos de chars et de canons qui appartiendraient aux rebelles.  La remise de l'artillerie lourde et moyenne devrait ouvrir la voie au contrôle total par les forces gouvernementales de ce chef-lieu, où un drapeau national a déjà été hissé jeudi, en guise de victoire. Sana a aussi fait état de la libération par les rebelles de cinq hommes qu'ils ont remis aux autorités gouvernementales.



(Lire aussi : Près de 40% du territoire syrien échappe toujours au régime)


Qouneitra sous les feux
Sur un autre front, les forces du régime ont lancé avant l'aube dimanche des bombardements contre la province stratégique de Qouneitra, voisine de celle de Deraa, prenant le contrôle d'une première localité, selon l'OSDH.

Cette province sensible, contrôlée à 70% par les rebelles, jouxte la ligne de démarcation sur le plateau du Golan, en majeure partie occupé et annexé par Israël.
"Les bombardements se sont poursuivis depuis 03H00 du matin (00H00 GMT)", a indiqué à l'AFP M. Abdel Rahmane.
"Au moins quatre raids aériens et quelque 850 missiles et obus ont été lancés contre plusieurs localités alors que des combats acharnés se poursuivent au sol", a-t-il ajouté, faisant état de la mort de 20 combattants du régime et 17 rebelles.

Cette opération qui pourrait augurer du début de la bataille de Qouneitra, selon le directeur de l'OSDH, risque d'avoir des retombées humanitaires, alors que les séquelles de l'offensive contre Deraa sont toujours présentes.
"En dépit du retour de dizaines de milliers de déplacés vers Deraa, (...) 160.000 personnes sont toujours à Qouneitra", a indiqué dans un communiqué le bureau de l'ONU chargé des affaires humanitaires (Ocha).

A Damas, Hossein Jaberi-Ansari, un haut conseiller du ministre iranien des Affaires étrangères, a été reçu dimanche par le président Bachar el-Assad, saluant les avancées du régime à Deraa, selon la présidence syrienne.


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