L’actrice Darina al-Joundi et le président de l’IMA Jack Lang. © IMA photographie Thierry Rambaud
Après une interruption d’une dizaine d’années, le Festival des cinémas arabes qui s’est tenu à l’IMA du 28 juin au 8 juillet a repris son envol avec, pour présidente d’honneur, l’actrice et réalisatrice palestinienne Hiam Abbas. Cette dernière avait ouvert l’édition le 28 juin mais n’a malheureusement pas pu être présente à la clôture pour des raisons professionnelles : elle était à Avignon.
Plus de 80 films du monde arabe ont été ainsi présentés à Paris sous l’œil bienveillant de l’icône égyptienne disparue, Faten Hamama, qui avait été la première présidente de cette biennale, et qui trône sur l’affiche de l’édition 2018. Elle avait suggéré un jour à Jack Lang de réinitier ce festival, après qu’un autre grand du cinéma, Youssef Chahine, avait évoqué cette idée. L’actuel président de l’IMA a tenu sa promesse : il a chargé Layane Chawaf, ancienne compagne de route de la Biennale, de prendre les commandes de ce grand chantier. Avec une équipe de jeunes passionnés, elle s’attellera à la tâche et la manifestation cinématographique démarre ainsi, en plein Coupe du monde de football et un grand nombre de jeunes scotchés à leurs écrans...
Remodeler le monde
Durant dix jours, les rêves, les questionnements, les angoisses, les douleurs ou les joies du(des) peuple(s) arabe(s) ont été portés sur grand écran, traduisant leur réelle volonté de s’exprimer, de refaire le monde et de remodeler la vie. Les jeunes talents émergents ont été nombreux et les différents jurés ont évoqué à plusieurs reprises la difficulté de faire un choix. Ainsi, souvent, des ex aequo se multiplieront pour la joie des gagnants et du public. Il faut dire que les thèmes abordés ont été très divers. Certes, les sujets brûlants de l’heure ont été vus et revus : déplacés de la guerre en Syrie, Irak, Gaza, mais d’autres thèmes plus sociétaux (la place de l’homosexualité dans le monde arabe, l’émancipation des femmes et leur droit à la parole ou encore les rapports entre générations) ne seront pas négligés. Sur un ton dramatique, caustique, comique et très souvent poétique, les récits ont fait pleurer, rire et même rêver les spectateurs, qui se sont laissés emporter dans des mondes parallèles, très souvent meilleurs que la réalité.
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« Ce festival ne se restreint pas à ces dix jours passés, mais à son rayonnement et à l’effet tonique qui se répercutera plus tard dans les autres pays », a assuré Jack Lang en démarrage de la cérémonie présentée par l’actrice libanaise Darina al-Joundi. Il a remercié tous ceux qui se sont associés à lui dans ce rêve, et plus particulièrement Layane Chawaf qui a pris la parole pour remercier à son tour les partenaires et sponsors qui ont réussi à donner forme à ce projet, principalement TV5 Monde, mais aussi, entre autres, la Fondation Liban Cinéma et l’Institut français du Liban. Elle a aussi remercié tous les réalisateurs et producteurs qui ont prêté leurs films à l’IMA afin que les projections soient possibles.
Enfin, le palmarès a couronné un nombre de jeunes talents qui pourront probablement assurer la visibilité à leurs œuvres dans d’autres pays. Ainsi dans la catégorie documentaire court métrage ont été primés ex aequo, pour le prix spécial du jury, La Naissance d’une image de Firas Khoury, et Sculpting in Time de Youssef Nasser (Égypte). Quant au prix de l’IMA dans cette catégorie, il est allé à Trains Trains 2, de la Libanaise Rania Stephan.
Dans la catégorie long métrage documentaire, c’est Des moutons et des hommes de Karim Sayad (Algérie) qui a reçu le prix spécial du jury, tandis que le grand prix de l’IMA a été attribué à The Band d’Albaqer Jafeer (Irak/Liban). Le prix du moyen et court métrage de fiction a été décerné à Land of our Fathers d’Ulaa Salim (Irak), ex aequo avec Affabilité d’Ahmad Nader (Égypte). Si le prix d’interprétation féminine est allé à Zahra Ghandour dans al-Rihla, c’est l’ensemble du casting du film Le Déjeuner de Lucien Bourjeily (chose qui ne s’est jamais faite auparavant) qui a reçu également le prix d’interprétation. Bourjeily s’est vu remettre aussi le prix spécial du jury pour son film Le Déjeuner, ou Ghada el-Eid. Le prix du meilleur film fiction est allé à Benzine de Sarra Abidi (Tunisie). Quant au grand prix de l’IMA, il a été attribué à al-Rihla (The Journey) de Mohammad Jabarah al-Daradji (Irak/Qatar). Par ailleurs, deux prix avaient été attribués au meilleur scénario écrit au cours d’un atelier d’écriture qui s’est tenu à l’IMA. Et comme l’a dit Jack Lang haut et (très) fort : « Rendez-vous à l’année prochaine. »
Pour mémoire


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