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Économie

Le secteur immobilier au Liban est « opaque », relève un rapport

Classement

Pour les professionnels, ce mauvais classement est dû aux défaillances du cadre législatif libanais.

04/07/2018

Le secteur immobilier libanais, pilier de l’économie, est toujours « opaque » en 2018, selon l’indice bisannuel de la transparence du secteur publié par une entreprise américaine spécialisée, Jones Lang LaSalle. Vingt autres pays se trouvent dans cette catégorie, la moins transparente du classement, en majorité des pays africains, tels l’Algérie, l’Éthiopie et l’Angola.

Le Liban, dont le secteur immobilier est « opaque » depuis 2016, selon Jones Lang LaSalle, arrive dans le dernier quart du classement, à la 81e place sur 100 pays retenus par l’étude, et 10e sur 15 pays arabes. Au niveau régional, Dubaï, l’Arabie saoudite et Abou Dhabi – dont le secteur immobilier est « semi-transparent » – dominent le classement. L’Irak et la Libye, tous deux « opaques », sont en queue de peloton.

Cet indice, relayé par le Lebanon This Week de la Byblos Bank, est utilisé pour comparer la transparence immobilière des marchés à travers le monde. Il se base sur six sous-indices : la performance (qui représente 28,5 % du score), les fondamentaux du marché (16,5 %), la gouvernance des moyens d’investissement (10 %), le cadre réglementaire et juridique (25 %), le processus de transaction (15 %) et la viabilité (5 %). Un score de 1 est considéré comme hautement transparent, tandis que 5 représente le niveau le plus bas de transparence. L’étude assigne ensuite un niveau de transparence à chaque pays : « très transparent », « transparent », « semi-transparent », « peu transparent » ou « opaque ».



Création d’un ordre des agents immobiliers
Le score du Liban (4,18), qui ne cesse de se détériorer depuis 2012, est plus mauvais que la moyenne mondiale (3,2) et que la moyenne arabe (3,8). Plus en détail, le meilleur score du Liban (3,3) était dans la catégorie « gouvernance des moyens d’investissement », tandis que le moins bon (4,8) se trouvait dans la catégorie « fondamentaux du marché ».
Réagissant à cette étude, Christian Baz, directeur de l’agence immobilière du même nom, a reconnu que le cadre législatif n’a pas suivi le développement rapide du secteur immobilier. Selon lui, la création d’un ordre des agents immobiliers est fondamentale pour augmenter la transparence du secteur. « Mais il n’existe toujours pas car le métier d’agent immobilier au Liban n’est pas explicité par la loi – qu’il faut donc réformer. Le métier est simplement désigné par l’appellation simsar, c’est-à-dire intermédiaire. Par conséquent, n’importe qui peut jouer ce rôle : un avocat ou un chauffeur de taxi », explique-t-il. « Pour éviter les fraudes, il est dans l’intérêt de tous de légiférer sur le métier », ajoute-t-il.

Walid Moussa, président du syndicat des agents et consultants immobiliers (REAL), assure avoir présenté il y a plusieurs années une proposition de loi pour créer un ordre des agents immobiliers. « Cela va encore prendre du temps, reconnaît-il. Le Parlement a d’autres priorités. » Pour lui, la transparence du secteur pourrait cependant nettement s’améliorer dans les années à venir grâce à un projet de modernisation du cadastre financé par la Banque mondiale à hauteur de 43 millions de dollars et approuvé le mois dernier. « Ce programme va notamment permettre de numériser les données immobilières, centraliser les plans des bâtiments des secteurs privé et public, améliorer la gestion des propriétés publiques, former les fonctionnaires… »

En outre, rappelle M. Moussa, la Direction générale de l’enregistrement foncier et du cadastre a signé en mai dernier un programme de coopération technique avec la Direction générale des finances publiques du gouvernement français. Cette initiative a pour objectif de « moderniser le cadre législatif du secteur immobilier pour augmenter les revenus (…) et améliorer la qualité des services fournis aux citoyens en ce qui concerne les procédures notariales exécutées pendant l’enregistrement des titres dans le cadastre ».

La corruption, comme dans tout domaine au Liban, représente toutefois un obstacle majeur à l’amélioration de la transparence du secteur. « Il n’est pas dans l’intérêt des employés du cadastre d’accepter la numérisation de leur métier. Aujourd’hui, si quelqu’un veut obtenir un renseignement de leur part, il doit soit verser un “pourboire” pour obtenir le service rapidement, soit attendre son tour », observe M. Baz, avant de conclure : « Tant que les salaires du gouvernement restent aussi bas (aux alentours de 600 dollars par mois), la situation ne changera pas. »



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Saliba Nouhad

Mais c’est évident, depuis des années qu’on le répète, que le secteur immobilier au Liban est tout à fait spéculatif, artificiel, qui ne répond à aucune loi ni besoins réels du marché local...
Constructions sauvages de tours de béton sans aucun respect pour des plans d’urbanisme, juste exploiter le maximum de surface dans un cadre réglementaire et juridique flou et corrompu en commençant par le haut: on visait simplement les Arabes du Golfe et le pauvre Libanais immigré naïf et nostalgique...
Cette manne s’étant tarie, pas étonnant que ce secteur est en crise aiguë, refusant d’admettre qu’on était dans une bulle spéculative qui vient d’éclater, d’où ce score d'opacité qu’on retrouve seulement dans les républiques bananières!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

S,IL N,Y A PAS SECURITE ET RETOUR DES TOURISTES ET INVESTISSEURS ARABES DU GOLFE L,ECONOMIE EN GENERAL DU PAYS EN PATIRA !

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