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Liban

En tout, dix-sept recours en invalidation présentés devant le Conseil constitutionnel

Législatives

La majorité des candidats malheureux qui contestent les résultats des élections sont issus de la circonscription de Beyrouth II.

07/06/2018

Le Conseil constitutionnel a clôturé hier le délai imparti aux candidats malheureux des législatives pour contester les résultats des élections avec un total de dix-sept recours en invalidation présentés. Les candidats contestataires dénoncent de nombreuses fraudes ayant selon eux entaché le scrutin, notamment après que des vidéos et des photos montrant lesdites irrégularités ont été largement diffusées en ligne, et surtout après un rapport acerbe de l’Association libanaise pour la démocratie des élections (LADE). À noter que la majorité des contestataires sont issus de la circonscription de Beyrouth II.

Beyrouth I
À Beyrouth I, la journaliste Joumana Salloum Haddad, candidate malheureuse au siège des minorités, a déposé hier un recours en invalidation par le biais de son avocat Melhem Khalaf et tenu ensuite une conférence de presse devant le siège du CC, à Hadath, au cours de laquelle elle a appelé à remettre en cause l’ensemble des résultats de Beyrouth I. Mme Haddad, que les équipes de campagne avaient donnée pour gagnante le 6 mai au soir, avait appris au lendemain des élections sa défaite face à Antoine Pano (CPL).

« Les élections ont été entachées de plusieurs irrégularités dangereuses, notamment le manque d’impartialité de l’exécutif, le non-respect de la loi concernant le vote de la diaspora, la disparition des bulletins de plusieurs bureaux, la panne du système de décompte électronique ou la disparition d’une urne qui est réapparue plus tard au ministère de l’Intérieur », a dit Mme Haddad. Elle a par ailleurs dénoncé le fait que le ministère de l’Intérieur ait refusé à plusieurs reprises de lui remettre des copies conformes du décompte des voix à Beyrouth I. 


(Lire aussi : Yéhia Chamas présente un recours pour invalider les élections à Baalbeck-Hermel)



Beyrouth II
Lundi, c’est un recours collectif qui avait été présenté par 21 candidats défaits à Beyrouth II par l’intermédiaire de l’avocat Saïd Malek, expert constitutionnel. Toujours dans la même circonscription, plusieurs candidats de la liste « Beyrouth la nation », emmenée par le journaliste Salah Salam, ont déposé plainte hier devant le CC par le biais de Me Malek. Salah Salam et ses colistiers Salwa Khalil el-Amine, Ibrahim Chamseddine, Moustapha Banbouk, Georges Choucair et Saïd Halabi ont appelé le CC à invalider l’ensemble du processus électoral dans leur circonscription lors d’une conférence de presse tenue au Club de la presse, à Furn el-Chebbak. M. Salam a fait état de nombreuses fraudes tout en insistant sur le fait qu’il avait pleinement confiance dans le travail du CC et son jugement. Le journaliste avait déjà accusé le courant du Futur d’avoir manipulé les résultats en sa faveur.

Interrogé par L’Orient-Le Jour, l’ancien ministre Ibrahim Chamseddine s’en est pour sa part pris au ministre sortant de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, vainqueur à l’un des sièges sunnites de Beyrouth II dans le cadre de la liste du Futur. M. Chamseddine a dénoncé le fait que M. Machnouk, « qui était censé superviser les élections » de par son poste à la tête du ministère de l’Intérieur, ait candidaté aux législatives. « Si le ministre de l’Intérieur n’avait pas été lui-même candidat, les choses auraient été certainement mieux organisées. Or, il avait des intérêts personnels dans le scrutin. Il a de plus entrepris de dénigrer ses adversaires avant les élections », a dit M. Chamseddine à L’OLJ. Il a par ailleurs fait porter au ministère de l’Intérieur la responsabilité des infractions et fraudes commises lors des élections et pointé du doigt « une volonté des pays étrangers de tenir les élections coûte que coûte ». 

Toujours à Beyrouth II, les candidats Ibrahim Halabi (sunnite) et Omar Wakim (grec-orthodoxe) ont présenté hier des recours en invalidation, précédés par Zeina Mounzer (siège druze) et Nadim Costa (minorités). 

Tripoli-Minié-Denniyé
Au Liban-Nord II, le député sunnite sortant de Minié Kazem el-Kheir, qui faisait partie du groupe parlementaire du courant du Futur avant de rejoindre la liste de l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, a présenté un recours en invalidation hier, peu avant la clôture du délai. « Notre équipe électorale a rapporté de nombreuses infractions lors du scrutin, et le pouvoir de certains a été utilisé pour influencer les résultats des législatives. Certains ont voté deux fois, à l’étranger et au Liban », a indiqué M. Kheir à L’OLJ. « Nous aurions espéré que les élections soient plus démocratiques. Nous demandons que le scrutin se tienne à nouveau et que l’on évite cette fois-ci de répéter les mêmes erreurs », a-t-il dit.

Lundi après-midi, c’est l’ancien ministre de la Justice Achraf Rifi, farouche opposant au Premier ministre Saad Hariri, qui avait présenté un recours en invalidation, précisant qu’il tiendra en fin de semaine un point de presse pour exposer les motifs de sa démarche. À noter que le candidat Taha Naji (sunnite) a également contesté le résultat des élections dans cette circonscription. 


(Pour mémoire : Nadim Costa présente un recours en invalidation auprès du CC)


Zghorta-Bécharré-Koura-Batroun
À Bécharré, le candidat défait William Tok a présenté un recours en invalidation de l’élection de Joseph Ishak (maronite, FL)

Zahlé
À Zahlé, la candidate malheureuse Myriam Skaff, qui se présentait à l’un des deux sièges grec-catholiques de la circonscription, a déposé un recours auprès du CC pour contester l’élection de Michel Daher et Georges Okais. D’autres recours ont été présentés par les candidats Nassif Tini (grec-orthodoxe) et Boghos Kordian (siège arménien-orthodoxe).

Baalbeck-Hermel
À Baalbeck-Hermel, c’est l’ancien député Yehia Chamas, opposé au Hezbollah, et quatre de ses colistiers, Salim Kallas, Ghaleb Yaghi, Rifaat Masri et Hussein Solh, qui avaient déposé un recours lundi. M. Chamas s’en était violemment pris au parti chiite lors d’une conférence de presse, il y a un mois, dans laquelle il avait accusé ce dernier d’avoir manipulé les résultats du vote, vidéos et photos à l’appui.


(Pour mémoire : Législatives : la victoire de Joumana Haddad démentie, la société civile en colère)



Metn
Au Metn, c’est l’homme d’affaires Sarkis Sarkis qui a remis en cause l’élection d’Élias Hankache (maronite, Kataëb).

Chouf-Aley
Au Chouf-Aley, la journaliste Ghada Eid, qui se présentait dans la liste Koullouna Watani emmenée par la société civile, a contesté les résultats des élections auprès du CC et dénoncé des infractions qui ont abouti à son échec alors qu’elle avait, selon elle, 2 100 votes préférentiels de plus que le candidat élu Farid Boustani (proche du CPL).



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