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Liban

Gisèle Khoury : Gare au retour du régime policier

Prix Samir Kassir
01/06/2018

La présidente du prix Samir Kassir, la journaliste Gisèle Khoury, a mis en garde hier contre le « recul effrayant des libertés publiques qui nous ramène au temps du régime sécuritaire (syrien) », tout en dénonçant la menace d’un « régime policier » qui plane sur le pays. Mme Khoury s’exprimait en ce sens lors de la remise des récompenses de la 13e édition du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, tenue hier dans les jardins du palais Sursock, à Beyrouth.
Trois journalistes arabes dont les travaux se distinguent par un traitement novateur et audacieux des sujets choisis ont été récompensés, à l’heure où la liberté d’expression, et plus précisément celle de la presse, est de plus en plus menacée dans la région. Miloud Yabrir (Algérie) a été récompensé dans la catégorie article d’opinion, pour avoir décrit la complexité du système politique algérien ; Asmaa Chalaby (Égypte) a obtenu le prix de l’article d’investigation pour un reportage sur les femmes de Fayoum ; et l’Irakien Assaad el-Zalzali a été primé dans la catégorie du reportage audiovisuel pour son sujet sur les enfants des membres du groupe État islamique. L’événement a eu lieu en présence de l’ambassadrice de l’Union européenne à Beyrouth, Christina Lassen, du ministre sortant de l’Information, Melhem Riachi, représentant le président de la République Michel Aoun, du ministre sortant des Télécommunications, Jamal Jarrah, représentant le Premier ministre Saad Hariri, et de plusieurs personnalités dont le député de Beyrouth I Imad Wakim, les anciens ministres Ziyad Baroud et Salim Sayegh, le journaliste Ali el-Amine, ainsi que plusieurs représentants des ambassades européennes à Beyrouth.


(Lire aussi : Samir Kassir : chronique d’un assassinat progressif)


« Nous sommes attachés à notre liberté »
« Nous sommes attachés à notre liberté et notre démocratie. Il faut briser la peur qui est en nous (…) Au plus profond de l’obscurité naît l’espoir. La peur a été brisée et ne sera plus jamais présente », a dit lors de son allocution Mme Khoury, qui a tenu à rendre hommage aux journalistes tombés dernièrement en Palestine, en Irak et en Égypte.
 « Samir Kassir a écrit en 2004 : “Il ne fait pas bon d’être arabe ces temps-ci.” Treize ans après sa mort, la misère des Arabes est à son point le plus culminant. L’opportunité de bâtir des États de droit dans la région a été perdue, comme si les printemps arabes n’avaient pas eu lieu », a souligné Mme Khoury.
Tué le 2 juin 2005 par l’explosion d’une charge placée dans sa voiture à Beyrouth, le journaliste et historien Samir Kassir est une figure de proue de la liberté de la presse et d’opinion. Très critique dans ses écrits à l’égard de la tutelle syrienne, il fait partie des personnalités tombées peu après l’assassinat, le 14 février 2005, de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri dans un attentat à la voiture piégée, qui avait déclenché la « révolution du Cèdre » ayant abouti au retrait des troupes syriennes du Liban, le 26 avril 2005. C’est ensuite au tour de Georges Haoui, ancien chef du Parti communiste, et du député Gebran Tuéni, tous deux hostiles à l’influence syrienne, de trouver la mort dans des attentats, respectivement le 21 juin et le 12 décembre 2005, suivis par le ministre de l’Industrie, Pierre Gemayel, tué dans un attentat le 21 novembre 2006.


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Prenant la parole lors de la remise des prix, l’ambassadrice Christina Lassen a affirmé que le chemin mené par Samir Kassir vers la liberté d’expression est « plus nécessaire que jamais », tout en rappelant que le Liban a de tout temps été un pays d’accueil pour ceux qui ne pouvaient pas s’exprimer chez eux. Mme Lassen a par ailleurs fait état d’un « grand déclin de la liberté de la presse dans la région » et dénoncé « la censure, la surveillance en ligne et les accusations de terrorisme envers les journalistes et les activistes ».


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