Liban

Des associations catégoriques : les irrégularités sur l’Eden Bay sont techniquement irréversibles

Biens-fonds maritimes
OLJ
29/05/2018

Les récentes révélations dans l’affaire du projet controversé d’Eden Bay à Ramlet el-Baïda (dernière plage publique de Beyrouth) ont fait l’objet d’une conférence de presse tenue hier par les associations « Nahnoo », Green Line et l’Agenda légal. Selon les trois groupes, les entorses se multiplient dans ce sulfureux dossier, ce qui les pousse à annoncer que « des mesures d’escalade seront prises ».

Les militants rappellent que deux au moins de ces irrégularités, celles qui entachent les niveaux d’élévation (non respectés du projet) et l’unité foncière qui n’a jamais existé (le promoteur n’aurait jamais eu le droit, sans cette unité, de construire autant d’étages sur la côte, selon eux), « sont irréversibles techniquement parlant ». Or ces irrégularités ne sont pas seulement soulevées par la société civile et incluses dans un recours présenté par Green line et l’Agenda légal auprès du Conseil d’État contre le projet, elles sont évoquées aussi dans un rapport rédigé par le département technique de la municipalité de Beyrouth, ce qui a empêché, jusque-là, l’octroi d’un permis d’exploitation à ce projet. Nahnoo avait, rappelons-le, rendu ce rapport public à quelques jours seulement des élections législatives. Le projet foncier Eden Bay, construit à même la plage, est matière à controverse depuis l’octroi du permis de construire par le mohafez de Beyrouth Ziad Chbib. Celui-ci a toujours argué du fait que les terrains sont « privés » alors que les détracteurs ont relevé de nombreuses entorses, réunis notamment dans un rapport du président de l’ordre des ingénieurs Jad Tabet.

La conférence de presse d’hier a donc rappelé les circonstances qui entourent le retard dans l’octroi du permis d’exploitation à l’Eden Bay. Nahnoo a fait également état « d’informations sur des pressions importantes exercées contre des fonctionnaires de ce département de la municipalité, après la fuite du rapport aux médias ».

L’autre point, soulevé par Nahnoo notamment, est « la présence de deux versions d’un courrier qui a supposément été envoyé par le mohafez de Beyrouth à la société Eden Bay Resort », « l’une, envoyée au président de la République, qui reconnaît des irrégularités, et l’autre, adressée au promoteur, qui se contente de demander des documents supplémentaires, signées à la même date, le 12 juillet 2017 ». Pourquoi deux versions, se demande l’association ?

Pour cela, Nahnoo, dans un communiqué publié en journée, demande au mohafez de Beyrouth « d’arrêter les travaux dans un délai de deux semaines, sous peine de lancer une grande campagne en vue de demander sa révocation ».


(Lire aussi : C’est le littoral libanais que l’on assassine... La mémoire aussi)


Réponse de la municipalité
La réponse, signée par le département de relations publiques de la municipalité de Beyrouth, ne s’est pas fait attendre. Outre la réaffirmation que « les terrains sur lesquels est bâti le projet de l’Eden Bay sont des propriétés privées », le texte s’attarde sur l’octroi du permis d’exploitation. La municipalité estime que « ce permis est à l’étape de supervision, d’étude et de suivi », soulignant que le rapport du département technique « est une mesure routinière prise dans toutes les formalités d’octroi de permis (…) et qui vise à faire parvenir les remarques du département technique aux parties concernées (…) sachant que dans le cas de la plupart des dossiers, plus d’un courrier est envoyé suivant les circonstances particulières et la réponse des parties concernées ». Et de poursuivre : « Nous rassurons l’opinion publique sur le fait que le permis d’exploitation pour le projet de l’Eden Bay ne sera signé que si le département technique sera sûr de sa conformité aux règlements et les lois en vigueur. »

En réponse à ce communiqué, Mohammad Ayoub, président de Nahnoo, estime « qu’il ne répond à rien et ne résout aucune des préoccupations évoquées par les associations, voire certifie qu’il y a eu des irrégularités », évoquant plus précisément les points en rapport avec les niveaux d’élévation et l’unité foncière du terrain (cités plus haut).



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CA PASSERA QUAND MEME... KELCHE BI SE3ROU BHAL BALAD OU KEL WAHAD ELOU SE3ROU !!!

George Khoury

il faut raser cet horrible immeuble...le plus tot possible....construit par des corrompu qui ont achete les politiciens verreux...suivez mon regard....NM

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