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Campus

Le « MEG », une revue sans tabou pour sensibiliser les jeunes à l’égalité

FÉMINISME
Carole AWIT | OLJ
25/05/2018

« À travers notre magazine Le MEG qui cherche à informer, critiquer et stimuler les consciences de nos concitoyens, notre club veut vivifier le débat féministe », annonce d’emblée Dalia Kouwatli, étudiante en deuxième année de droit à l’USJ et vice-présidente du Club féministe de son université.

Le MEG, revue annuelle dont la première édition est lancée, s’adresse au grand public et invite le lecteur à réfléchir à la condition de la femme, tout en promettant de combattre les idées conformistes et les stéréotypes concernant l’égalité des genres qui circulent toujours dans la société libanaise. « Le MEG s’inscrit dans la lignée d’une lutte intellectuelle menée par une jeune génération d’étudiants engagés et mus par l’espoir d’atteindre l’égalité des droits et des opportunités entre hommes et femmes », poursuit, enthousiaste, Dalia Kouwatli. Pour le choix du titre, les membres du Club féministe de l’USJ ont opté pour le sigle MEG, qui fait référence à l’expression « Le mouvement d’égalité des genres ». « Pour la création du MEG, nous avons mis en place un comité dont le rôle était de prendre des décisions concernant notamment l’illustration de la première de couverture et le choix des rubriques et des articles. Si, au bout de plusieurs mois de travail, le premier numéro de notre revue annuelle a pu voir le jour, c’est grâce à la détermination des étudiants de l’USJ, membres du Club féministe, au soutien moral de Roula Azar Douglas, marraine du club (et responsable de la page Campus de L’Orient-Le Jour, NDLR), et à la générosité du service de la vie étudiante de l’USJ qui en a financé la publication », explique Dalia Kouwatli.

Informer pour sensibiliser à l’égalité des genres
Lancé le 8 mars passé, le MEG comporte, dans ses 28 pages, trois rubriques intitulées Société – Histoire – « Mi-toi-yénneté » comprenant 8 articles rédigés en français et en anglais. En plus de présenter les parcours de Libanaises s’étant illustrées au pays du Cèdre et à l’étranger, les publications traitent du mouvement féministe, de son histoire et des obstacles auxquels il fait face ainsi que des droits des femmes et des travailleuses au Liban. À l’instar de Ghida Farhat, Dalia Kouwatli, Hiba Kanso, Jana Chalhoub et Taline Richani, deux étudiantes en 2e année de droit à l’USJ, Léa Bekdache et Sandra Boghossian, ont souhaité rédiger des articles pour la revue, dans l’espoir de faire bouger les mentalités des lecteurs.
« La création du MEG m’a semblé être une initiative fort intéressante à laquelle j’ai souhaité prendre part en y publiant un texte, confie Sandra Boghossian. L’objectif de mon article est de mettre en lumière un sujet qui me tient à cœur et que beaucoup de Libanais négligent : les droits des travailleuses migrantes à domicile qui souvent, dans l’exercice de leurs fonctions, s’en trouvent privées. J’y dénonce notamment le pouvoir disproportionné que leur contrat de travail donne à l’employeur et je rappelle qu’elles doivent être protégées par la loi, et non seulement par les ONG. » Léa Bekdache, qui cherche à saisir toutes les occasions de renseigner davantage son entourage sur le féminisme, signe quant à elle deux articles dans le premier numéro du MEG. « J’ai souhaité, dit-elle, évoquer des sujets qui sont d’actualité avec un premier texte qui informe les lecteurs sur le sens du terme péjoratif “feminazi” utilisé pour désigner certaines féministes jugées radicales et qui fait part des stéréotypes et des conceptions erronées circulant au sujet du mouvement féministe. Mon deuxième article revient sur le rôle historique et social des hommes, à partir du début du XVe siècle, dans la lutte pour les droits des femmes. »

Si les deux jeunes femmes ont pu toucher un auditoire formé d’étudiants et du personnel de l’USJ, qui ont reçu gratuitement le premier numéro du MEG, elles auront prochainement l’occasion de faire parvenir leur voix à d’autres lecteurs. « Nous œuvrons actuellement, avec le service de la vie étudiante de notre université, pour sortir une version numérique de notre revue annuelle. Cela nous permettra d’atteindre une audience bien plus large tout en respectant l’environnement », révèle, enthousiaste, Dalia Kouwatli.


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