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Liban

Grand Lycée de Beyrouth : Lorsque la MLF et l’ambassade de France entrent en scène...

crise de l'école privée

Sur les cinq établissements de la Mission laïque française au Liban, deux subissent toujours la grève des enseignants : le Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth et le Lycée franco-libanais de Nabatiyé. Ils scolarisent 4 400 élèves.

24/05/2018

Au dixième jour de grève des enseignants de la Mission laïque française, et au deuxième jour consécutif de sit-in des parents d’élèves du Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth appelant à la reprise des cours, l’ambassade de France appelait hier dans un communiqué les différentes parties au dialogue, tout en œuvrant dans ce sens. Tout en regrettant aussi « les accusations fallacieuses qui mettent en cause la probité de la MLF, institution à but non lucratif ». Cet appel coïncide avec une lettre adressée aux parents du Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth, par la présidence de la MLF. Alors que « promet d’aboutir, selon le député Nicolas Sehnaoui, la médiation lancée par le ministre de la Justice, Salim Jreissati », et que le député d’Achrafieh, Nadim Gemayel, « se met à la disposition de toutes les parties pour faciliter le dialogue », un état des lieux s’impose.

Des garanties pour les enseignants
D’abord, seuls les enseignants de deux établissements de l’institution française étaient encore en grève hier, ceux du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth et ceux du Lycée franco-libanais de Nabatiyé-Habbouche. Au total donc, 4 400 élèves sont toujours privés d’enseignement, révèle une source informée. Les autres établissements de la MLF, le Lycée franco-libanais Alphonse de Lamartine de Tripoli, le Lycée franco-libanais de Verdun et le Lycée franco-libanais de Nahr Ibrahim ont normalement repris les cours la semaine dernière. Les enseignants de ces établissements ont mis fin à leur mouvement de grève après avoir obtenu des garanties quant au respect de leurs droits liés à la loi 46, dans leur intégralité.
Même s’ils ont, eux aussi, obtenu ces garanties, les enseignants d’Achrafieh et de Habbouche refusent pour l’instant de mettre fin à leur mouvement de protestation tant qu’ils n’ont « toujours rien reçu dans leurs poches ». « Nous avions obtenu une partie de nos droits, la grille sans les six échelons, mais cette grille nous a été retirée dès que les parents d’élèves ont refusé de payer les augmentations de scolarités », affirme à L’Orient-Le Jour la présidente du comité des enseignants du GLFL, Ghada Fahd Rached, invitant à « un retour aux salaires de décembre 2017 ». Estimant que « le déblocage n’est pas vraiment entre les mains des enseignants », elle rappelle les nombreuses concessions accordées par ces derniers. « Nous n’avons pas boycotté le bac, ni la surveillance des épreuves, ni les voyages scolaires, ni les classes vertes, ni les conseils de classe », martèle-t-elle.


(Lire aussi : La grève des enseignants de la MLF, signe du chaos à l’école privée)


En revanche, la lettre adressée hier aux parents d’élèves du GLFL par le président et le directeur général de la MLF, François Perret et Jean-Christophe Deberre, qui est une nouvelle confirmation de la volonté de la MLF et de ses institutions au Liban d’appliquer dans son intégralité la nouvelle grille des salaires, pourrait fort bien pousser les grévistes à revoir leur copie, dès ce week-end. D’autant que cette lettre affirme comprendre leur mouvement et leur rend un hommage soutenu. « C’est une reconnaissance claire de nos droits », lance Mme Fahd, aussitôt après avoir lu le message. « Nous sommes de toute façon en congé ce jeudi et jusqu’à lundi, pour couper un troisième trimestre trop long. Ce week-end permettra à toutes les parties de réfléchir. Nous pourrions alors appeler à une réunion urgente du comité, et si nous décidons qu’il y a du positif, nous pourrions convoquer une assemblée générale. Car nous sommes réceptifs. » La présidente du comité d’enseignants espère ainsi qu’enseignants et élèves réintégreront les classes dès la semaine prochaine.

Un dialogue rompu
La lettre envoyée par la présidence de la MLF aux parents d’élèves est aussi la preuve que le dialogue est littéralement coupé entre l’institution française et la direction du GLFL de Beyrouth d’une part, et le comité des parents d’autre part. Que ce dialogue n’a plus lieu que par l’intermédiaire des avocats des deux parties, vu la procédure en référé présentée par les comités de parents d’élèves des cinq établissements de la MLF. Jointe par L’Orient-Le Jour, hier soir, la présidente du comité de parents d’élèves du GLFL, Mabel Tyan, préfère garder le silence. « Notre objectif est de répondre à la lettre de la MLF, se contente-t-elle de dire. La réponse sera publiée sur le blog du comité de parents du GLFL. »

Un groupe de parents d’élèves du Lycée de Nahr Ibrahim a toutefois contacté L’Orient-Le Jour, pour se solidariser avec la MLF et ses établissements au Liban. « Des établissements d’excellence, où nos enfants sont heureux et épanouis », affirment-ils. Ces parents d’élèves ne manquent pas de dénoncer, par ailleurs, la décision des divers comités de parents menés par le comité de parents du GLFL, de recourir aux juges des référés. « Nous réclamons qu’ils retirent leurs plaintes. Nous avons bien essayé de les en convaincre, mais ils ne nous écoutent pas », regrettent-ils. C’est dans ce cadre que « deux membres du comité de parents d’élèves de Nahr Ibrahim ont démissionné, en guise de protestation », révèlent-ils, soulignant qu’ils « refusent de s’adresser aux institutions où sont scolarisés leurs enfants par le biais des tribunaux, car il existe bien d’autres moyens de régler les différends ». Sans compter que « les litiges sont déjà entre les mains des commissions arbitrales et qu’il faut laisser cet arbitrage prendre son cours ». « Laissez les enfants aller à l’école. Laissez aussi les enseignants percevoir leurs augmentations de salaires », lancent-ils aux comités de parents, insistant sur leur grande priorité : « L’éducation des enfants. »
Ce long week-end de congé verra-t-il l’épilogue heureux d’une crise qui n’a que trop duré ?


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Antoine Sabbagha

Les responsables de la Mission laïque francaise devront intervenir pour sauver la confiance des parents .

Le Faucon Pèlerin

Ancien du Collège des Frères Maristes à Jounieh, fondé en 1903 et ce, dans les années 30 et 40, je refuse de voir des problèmes de n'importe quelle sorte qui entraveraient l'enseignement de la langue française dans le dernier bastion de la francophonie au Moyen-Orient.

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