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Liban

Les coupes budgétaires touchent les écoles conventionnées par l’État français

France-Liban
28/11/2017

Le gouvernement français vient d'adopter des mesures visant à réduire ses dotations à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), un organisme qui chapeaute le réseau des écoles françaises de l'étranger. Sa décision a aussitôt entraîné un large mouvement de protestation dans de nombreux établissements scolaires conventionnés par l'État français aux quatre coins du monde. Hier, les lycées français implantés tant à Madrid, Vienne, Amsterdam, qu'à Pékin, New Delhi, Nairobi, ou encore au Maroc, ont observé une grève pour dénoncer ces coupes budgétaires, qui devraient contraindre l'AEFE à programmer la suppression de nombreux postes d'enseignants.

Tout en assurant que « les suppressions de postes ne toucheront pas des enseignants en cours de contrat », un communiqué du ministère français des Affaires étrangères, autorité de tutelle de l'AEFE, a dans le même temps confirmé « une réduction de 33 millions d'euros de la subvention pour cette année », ce qui équivaut à une baisse de près de 10 % du budget de l'enseignement français à l'étranger.

Au Liban, les établissements scolaires conventionnés par l'État français (Grand Lycée franco-libanais, Lycée franco-libanais Verdun, Lycée Nahr Ibrahim, Lycée Lamartine – Tripoli, Lycée franco-libanais – Nabatiyé, Collège protestant...) n'ont pas suivi le mouvement de grève, quoique, selon des sources informées, un enseignant du Grand Lycée franco-libanais s'est absenté en signe de protestation. Si la mobilisation n'a donc pas été vraiment effective, le grincement de dents a toutefois été bien perceptible dans ces milieux. C'est que l'économie du budget entraînera également une suppression d'emplois scolaires français dans le pays. « Avec la baisse des dotations, plusieurs fonctionnaires pédagogiques et administratifs français ne verront pas leur contrat renouvelé », déplore un cadre travaillant dans l'un de ces établissements. « Économiser 33 millions d'euros constitue-t-il pour la France un enjeu plus important que celui de fortifier ce réseau de lycées français qui contribue à diffuser et promouvoir la langue, la culture, et l'image françaises ? » s'indigne-t-il. Et de mettre en garde contre le risque pour les élèves libanais de ne plus bénéficier de « la spécificité de l'enseignement français définie par l'esprit français », estimant que « la réduction d'effectifs conduirait à ne plus distinguer ces écoles d'autres dans le pays ».

 

 

Pour mémoire

Nos écoles enseignent non seulement des langues, mais aussi des cultures », souligne le directeur de la MLF

Inauguration des nouveaux bâtiments du Grand Lycée franco-libanais à Beyrouth

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Le Faucon Pèlerin

Je tombe des nues ! Emmanuel Macron vient de dire aux étudiants d'Ouagadougou au Burkina ex-Haute-Volta : "Soyez fiers de votre francophonie". D'un autre côté , il réduit les subventions de l'AEFE au Liban. C'est lamentable. La francophonie du Liban est la seule fenêtre ouverte pour la France sur le Moyen-Orient. Sans le Liban, la France sera aussi inconnue que l'Ile de Clipperton dans cet Orient compliqué. J'ai honte dans ma peau de franco-libanais.

Jacquelin Delphine

Rectificatif : le mouvement a été largement suivi au Liban.

Henrik Yowakim

Le gouvernement français vient d'adopter des mesures visant à réduire ses dotations à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), un organisme qui chapeaute le réseau des écoles françaises de l'étranger.

LA FRANCOPHONI RESTE LA DERNIERE CARTOUCHE DE LA FRANCE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

EN RÉDUISANT SES DOTATIONS AUX LYCÉES FRANCAIS A L'ETRANGER LE CHEF DE L'ETAT FRANCAIS A COMMIS L'UNE DES SES PLUS GRANDES ERREURS STRATÉGIQUES

APRÈS AVOIR TRIOMPHALEMENT MARCHEE EN AVANT

VOILÀ QUE LE PRÉSIDENT MACRON SEMBLE DÉSORMAIS BIEN DÉCIDÉ A CIRCULER EN MARCHE.....ARRIÈRE

Catherine Moukheibir

C'est une faute grave que de vouloir compromettre la qualite et la specificite de l'education francaise par des francais dans les etablissements de l'AEFE. 33 millions d'euros n'est rien vu l'etendue des etablissements vises et l'enjeu culturel. Et ce, dans la foulee des declarations, bienvenues d'ailleurs, de M. Macron quant a l'importance de la francophonie. Dommage.

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