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Liban

Dixième jour de grève des enseignants de la Mission laïque française au Liban

Crise de l’école privée

Hier, plusieurs centaines de parents d’élèves se sont rassemblés devant le portail du Grand Lycée de Beyrouth, pour
défendre le droit de leurs enfants à l’éducation.

23/05/2018

Au Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth, les enseignants entament aujourd’hui leur dixième journée de grève, décrétée le 26 avril dernier pour protester contre la suspension de l’application de la grille des salaires, depuis le mois d’avril. Une grève entrecoupée d’une semaine de travail normal, dans une volonté de faire preuve de bonne foi, lors de la médiation menée par le ministre de la Justice, Salim Jreissati, entre les trois parties en conflit, direction de l’établissement, parents d’élèves et enseignants. Mais que ces derniers « ont reconduite vendredi 18 mai, après avoir compris que leurs salaires de mai seraient amputés de 25 à 30 %, comme ils l’ont été en avril dernier », explique à L’Orient-Le Jour la présidente du Comité des enseignants du GLFL, Ghada Fahd Rached.

Un dialogue rompu, sauf à Nahr Ibrahim
Parallèlement, hier matin, plusieurs centaines de parents d’élèves, accompagnés de leurs enfants, exprimaient leur colère devant l’entrée de l’établissement, à Achrafieh, pour réclamer la reprise des cours et du dialogue avec la direction. Mais, pour l’instant, le dialogue est rompu entre la direction et les parents d’élèves, ou se fait uniquement par avocats interposés. Rien ne laisse donc présager une sortie rapide de crise. D’autant que cette paralysie ne touche pas que le Grand Lycée de Beyrouth, mais aussi les quatre autres établissements de la Mission laïque française (à Tripoli, Verdun, Habbouche et Nahr Ibrahim). Comme toutes les écoles privées du pays, ils subissent de plein fouet la crise, après la mise en vigueur en août 2017 de la loi 46, qui accorde aux enseignants d’importantes augmentations de salaires et six échelons exceptionnels. Une paralysie qui dégénère parfois, comme au Lycée français de Habbouche, où le gardien a empêché deux élèves d’entrer dans l’établissement, pour jouer dans la cour de récréation. Ce qui a poussé leur père, Mazen Safiah, à présenter une plainte auprès du juge des référés de Nabatiyé. Et ce dernier a ordonné à l’établissement d’ouvrir ses portes aux élèves, sous peine de devoir payer une amende de 5 millions de LL par jour de retard. Pour l’instant, seul le Lycée de Nahr Ibrahim tire son épingle du jeu, les enseignants ayant repris les cours depuis quelques jours, après avoir reçu l’assurance de recevoir incessamment l’augmentation de salaire et deux échelons. Il faut dire qu’« ils attendent de recevoir l’augmentation liée à la cherté de vie depuis 2008, contrairement aux instituteurs du GLFL qui l’ont obtenue en 2012 », explique encore Mme Fahd Rached.

Tout avait commencé le 25 avril, suite à l’annonce par la direction du GLFL d’un retour aux salaires d’avant la loi 46, après une application partielle de la grille des salaires (sans les six échelons) du 20 août 2017 à la fin mars. La direction avait aussi annoncé aux enseignants que la journée de grève du 22 mars serait défalquée de leurs salaires. Des mesures appliquées aux cinq écoles de la MLF. Cette circulaire envoyée aux enseignants racontait le recours des parents d’élèves auprès de la juge des référés de Beyrouth, Hala Naja, contre l’augmentation des scolarités, et leur refus de signer le budget. Mais aussi la décision de la juge de geler la hausse des écolages, ce qui a poussé la direction du GLFL à suspendre les augmentations de salaires. D’où la grève ouverte des enseignants, et la colère des parents.


(Lire aussi : La grève des enseignants de la MLF, signe du chaos à l’école privée)


Les parents d’élèves prêts à appliquer la loi
Alors que des accusations fusent et que les parents d’élèves expriment leur ras-le-bol, la présidence de la Mission laïque française et la direction du GLFL refusent de s’exprimer. Soucieux de sortir de la crise, le comité des parents d’élèves a publié lundi sur son blog et adressé à la direction de l’établissement une nouvelle contre-proposition d’accord, tout en maintenant le sit-in devant le portail principal de l’école, pour revendiquer le droit des élèves à l’enseignement.
L’accord est basé sur l’application de la loi 46, et sur l’engagement des parents d’élèves à payer la nouvelle grille salariale des enseignants avant la fin de l’année scolaire. Il propose de plus l’étalement du paiement des 6 échelons, une proposition qui est toujours en cours de négociation. Mais il soutient que les autres points litigieux du budget restent soumis au tribunal arbitral ou à l’accord des parties. Contactée par L’Orient-Le Jour, la présidente du comité des parents du GLFL, Mabel Tyan, ajoute que le comité réclame aussi « que lui soit remis l’inventaire des biens, conformément à la décision du juge des référés datée du 16 mars 2018 ». Mme Tyan demande à ce propos « comment le comité de parents d’élèves peut accomplir son devoir et étudier un budget, alors qu’il ne dispose pas de tous les éléments nécessaires ». D’où la nécessité de recourir à une autorité arbitrale. « La loi 515 dit qu’un budget doit être correctement analysé et signé par les parents d’élèves. Or, en quoi consiste notre rôle si nous n’avons pas de réponse à nos questions ? » s’interroge-t-elle encore, précisant que « cette requête du comité de parents d’élèves date de 2015 ».
En attendant la réponse de la direction de l’établissement, parents d’élèves et enseignants se soutiennent tacitement, tout en restant mobilisés, chacun de son côté. Mais aujourd’hui, révèle le député Nadim Gemayel, un nouvel acteur s’invite dans cet interminable feuilleton. Sollicitée, l’ambassade de France tente en effet de relancer le dialogue entre les différentes parties.



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ACE-AN-NAS

Mission laïque française en grève ? ???? Mais forcément c'est le hezb libanais de la résistance, religieux , qui lui fait la guerre . Que croyez vous donc ??? Hahahaha,,,....

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