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En Irak où les électeurs voulaient le changement, nouveaux entrants et grands perdants

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Voici le sort de quelques uns des candidats, heureux ou non, qui concouraient pour les 329 sièges du futur Parlement.



OLJ/AFP
20/05/2018

Après les législatives en Irak, des dizaines de nouvelles têtes s'apprêtent à entrer au Parlement, tandis que des ministres et députés inamovibles depuis 15 ans ont été cette fois-ci éconduits.

Voici le sort de quelques uns des candidats, heureux ou non, qui concouraient pour les 329 sièges du futur Parlement.



- Elu sans avoir dépensé un sou -

La session inaugurale du prochain Parlement sera présidée par Mohammad Zeini qui, à 79 ans, est le doyen de cette assemblée. Il dirigera les débats, le temps que les députés élisent un président. Ce nouvel entrant détient le record de la campagne électorale la moins chère d'Irak.

Uniquement avec des prospectus en ligne, ce diplômé en économie des hydrocarbures de l'Université du Colorado (Etats-Unis) est parvenu à l'emporter dans la circonscription de Bagdad. Il avait pourtant face à lui dans la capitale...l'ancien président du Parlement, Salim al-Joubouri qui n'a pas réussi à se faire élire.

M. Zeini, député de l'Alliance civile démocratique, un petit parti libéral récemment créé, a remporté 7.300 voix, en ne diffusant sa propagande électorale que sur internet. En face, le placardage massif d'affiches et l'appareil de communication de l'Alliance Watanyia du vice-président Iyad Allawi n'ont pas permis à M. Joubouri de récolter plus de 4.000 voix.


(Lire aussi : Moqtada Sadr, le clerc chiite qui défie Téhéran)



- Maliki, meilleur élu mais grand perdant - 

Un homme a obtenu un plébiscite dans la circonscription de Bagdad: l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki. Celui qui n'a toujours pas digéré d'avoir été écarté en 2014 après que les jihadistes se soient emparés d'un tiers du pays sous son mandat a obtenu plus de 100.000 voix. 

Meilleur élu de tout le pays, il réalise même deux fois le score de son successeur au poste de Premier ministre, Haider al-Abadi, qui pouvait pourtant de targuer d'avoir annoncé la victoire sur le groupe Etat islamique (EI) et la "libération" de l'ensemble de l'Irak.

Mais toutes ces voix ne suffiront pas à Nouri al-Maliki pour revenir aux commandes, assurent les experts, car sa liste "Etat de droit" ne compte plus que 26 députés sur 329, contre 92 dans le Parlement sortant, avant que MM. Maliki et Abadi ne fassent liste à part.

Le faible score de sa liste confirme que le scrutin --et son taux record d'abstention-- ont été un camouflet infligé à la classe politique par des électeurs las de voir les revenus des hydrocarbures gonfler le patrimoine personnel des politiciens plutôt que les budgets d'aménagement ou de construction d'infrastructures, dont le pays manque cruellement.

Les membres du gouvernement qui se présentaient quasiment tous aux législatives du 12 mai en ont fait les frais. Neuf ont réussi à conserver leur siège de député, mais quatre autres ont dû laisser la place.


(Lire aussi : La victoire de Sadr, un revers pour Téhéran ?)


- Sanctions américaines et satire politique - 

Outre les questions de politique intérieure, la géopolitique internationale et les tensions récentes entre les grands ennemis américain et iranien se sont également invitées dans ce scrutin.

Ainsi, Aras Habib, élu sur la liste emmenée par M. Abadi, a été ajouté juste avant sa victoire à la liste noire des Etats-Unis dans le cadre de la réimposition de sanctions contre l'Iran.

Ce dirigeant d'al-Bilad Islamic Bank est accusé par Washington d'avoir participé au financement clandestin du mouvement chiite libanais Hezbollah, soutenu par l'Iran.

Son cas alimentera peut-être les commentaires satiriques de son nouveau collègue au Parlement, Wajih Abbas, animateur d'un show télévisé dans lequel il étrille régulièrement les politiciens. Il entre au Parlement après avoir recueilli 16.000 voix pour sa candidature sur la liste du Hachd al-Chaabi, supplétif crucial de l'armée proche de l'Iran.



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