Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Après les législatives, Hariri effectue une purge au sein du Courant du Futur

Le Premier ministre a limogé dimanche deux responsables au sein de sa formation, au lendemain d'une série d'évictions.

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri. Photo Marwan Assaf

Le chef du Courant du Futur, le Premier ministre libanais sortant, Saad Hariri, effectue depuis samedi une purge au sein de sa formation, limogeant plusieurs responsables, une semaine après les élections législatives à l'issue desquelles le parti a perdu plus d'un tiers des sièges qu'il détenait au Parlement.

Dimanche, M. Hariri a limogé deux responsables au sein de sa formation. "Après avoir révisé les résultats des élections dans toutes les circonscriptions et les rapports relatifs à ces résultats, le président du Courant du Futur, Saad Hariri, a décidé de démettre de ses fonctions Wissam Hariri, le coordinateur général des élections au sein du comité chargé du scrutin", indique un communiqué du Courant du Futur. Le chef du gouvernement sortant a également remercié Maher Abou Khdoud, le responsable du suivi au sein du cabinet de M. Hariri.

Samedi, le chef du cabinet du leader du Courant du Futur, Nader Hariri, avait présenté sa démission. L'intérim sera assuré par Mohammad Mneimné.

Saad Hariri avait également décidé d'évincer les membres du comité chargé des élections et de la machine électorale au sein du Courant, ainsi que les responsables des sections de Beyrouth, de la Békaa, du Koura et de Zghorta, au Liban-Nord.

Dimanche en cours d'après-midi, le Courant du Futur a publié un communiqué dans lequel il dénonce "les rumeurs et les informations infondées" après les décisions de M. Hariri.

"Des rumeurs et des informations infondées circulent suite aux décisions d'ordre organisationnel qui ont émané du chef du Courant du Futur, Saad Hariri", peut-on lire dans le communiqué. Le secrétariat général (du Courant du Futur) souligne que "les informations qui circulent sur les réseaux sociaux sont fausses. Les bonnes décisions émanent exclusivement du président (de la formation) et sont annoncées par le secrétariat général".

Le Courant du Futur a remporté 21 sièges parlementaires à l'issue du scrutin législatif de dimanche dernier, le premier depuis neuf ans, alors qu'il en détenait 33 dans la précédente législature. Les groupes parlementaires du Hezbollah et du mouvement Amal constituent la première force au Parlement, devant le bloc du CPL et de ses alliés (29 sièges) et celui du Courant du Futur.

Ce revers numérique n'a pas empêché Saad Hariri de célébrer "la victoire" du Courant du Futur aux élections, vendredi, lors d'un rassemblement populaire devant la Maison du Centre, à Beyrouth, suivi d'un autre rassemblement, place des Martyrs, le soir même. 

Le leader druze, Walid Joumblatt, avait implicitement critiqué samedi M. Hariri pour ces célébrations. "Les élections se sont terminées et il est bizarre que certains perdants célèbrent la victoire et que d'autres aient recours au tapage médiatique au lieu de respecter la loi", avait tweeté M. Joumblatt sur son compte personnel. 

M. Hariri n'avait pas tardé à répondre au chef du Parti socialiste progressiste, l'appelant à "laisser le Courant du Futur tranquille et arrêter de rejeter tous ses problèmes" sur sa formation, dans un tweet dont une capture d'écran a été publiée par les médias libanais. Toutefois, le tweet du Premier ministre n'apparaissait plus, une heure plus tard, sur la page de M. Joumblatt. Le PSP avait quelques heures plus tard présenté ses "excuses" au Premier ministre.

Sur le plan international, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a estimé samedi que le Premier ministre libanais, Saad Hariri, "sort perdant" des élections législatives du 6 mai. "Tout le monde sait pourquoi il a perdu et je ne veux pas intervenir dans les affaires intérieures du Liban", a affirmé le diplomate turc lors d'une rencontre avec des journalistes de pays arabes à Istanbul, selon des propos rapportés par les médias libanais. "Vous connaissez M. Hariri et les raisons de son échec", a-t-il insisté, dans une critique implicite de la politique du chef du gouvernement libanais, notamment ses relations avec l'Arabie saoudite.

Les déclarations du ministre turc interviennent alors que la situation est tendue entre Riyad et Ankara, notamment depuis que la Turquie a clairement exprimé son soutien au Qatar, visé par un embargo de ses voisins. L'Arabie saoudite et ses alliés, notamment les Émirats arabes unis, se méfient de plus en plus de la Turquie, jugée favorable à des groupes islamistes comme les Frères musulmans, perçus comme une menace pour la sécurité régionale.


Lire aussi
Le chef du Courant du Futur, le Premier ministre libanais sortant, Saad Hariri, effectue depuis samedi une purge au sein de sa formation, limogeant plusieurs responsables, une semaine après les élections législatives à l'issue desquelles le parti a perdu plus d'un tiers des sièges qu'il détenait au Parlement.Dimanche, M. Hariri a limogé deux responsables au sein de sa...
commentaires (5)

Nous saluons le courage de M. HARIRI de limoger deux de ses proches collaborateurs et confidents .

Antoine Sabbagha

19 h 34, le 13 mai 2018

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Nous saluons le courage de M. HARIRI de limoger deux de ses proches collaborateurs et confidents .

    Antoine Sabbagha

    19 h 34, le 13 mai 2018

  • ça confirme bien l'impression d'impro dans l'organisation du scrutin au sein du Courant du Futur et sage décision que de faire le ménage. Place au futur!

    Marionet

    17 h 40, le 13 mai 2018

  • D'autres chefs de partis qui se croyent purs et irréprochables devraient avoir le courage et l'honneur de l'imiter... et nettoyer...nettoyer...!!! Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 28, le 13 mai 2018

  • IL FAUT UNE PURGE ANTI PERSIQUE !

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 33, le 13 mai 2018

  • Saad se débarrasse des éléments bensaoudos wahabites , et il a bien raison . La sagesse du sûrement l'expérience d'avoir fréquenté cette racaille à y a jouer son rôle.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 02, le 13 mai 2018

Retour en haut