Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar. Photo Ani
La pression qu'exerce la présence de plus d'un million de réfugiés syriens sur le marché du travail libanais était au cœur des déclarations des responsables politiques et syndicaux en ce 1er mai, jour de la Fête du travail, alors que les élections législatives du 6 mai se profilent à l'horizon.
Dans la journée, le président Michel Aoun a assuré que l'Etat protégeait les travailleurs libanais de "la concurrence de la main d’œuvre étrangère", dans un message à l'occasion de la fête du Travail. "Nous n'épargnons aucun effort pour améliorer la situation des travailleurs, préserver leurs droits et les protéger de la concurrence de la main d’œuvre étrangère qui commence à avoir un impact négatif sur leur sécurité économique, ce qui constitue une ligne rouge", a déclaré le chef de l'Etat.
Plus d'un million de réfugiés syriens, fuyant la guerre dans leur pays, sont installés au Liban. Les autorités libanaises estiment qu'il s'agit d'un trop lourd fardeau à porter et appellent à leur retour en Syrie.
"Les travailleurs étrangers sont utilisés comme outil de pression pour licencier les travailleurs et les employés", a déclaré de son côté le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, à l'issue d'un rassemblement syndical à Beyrouth organisé en fin de matinée.
(Lire aussi : Réfugiés syriens au Liban : La polémique sur la conférence de Bruxelles se poursuit)
"Programmes confessionnels"
Il y a deux semaines, M. Asmar s'était élevé contre l'article 49 de la loi de budget 2018 qui fait polémique, permettant à tout étranger faisant l'acquisition d'un domicile au Liban d'obtenir un titre de séjour. Le Conseil constitutionnel a suspendu cet article après le dépôt d'un recours présenté par 10 députés.
Par ailleurs, le leader de la CGTL a remercié les responsables pour avoir approuvé la nouvelle grille des salaires pour la fonction publique. Cette loi suscite des remous, notamment dans certaines écoles privées qui ont décidé d'augmenter les frais de scolarité pour financer l'augmentation des salaires des professeurs, au grand dam des parents d'élèves qui se mobilisent depuis plusieurs semaines dans plusieurs établissements.
M. Asmar a également appelé le gouvernement à majorer les salaires du privé après les législatives "afin de rendre justice aux 500 000 employés du secteur privé".
Par ailleurs, le syndicaliste a critiqué les programmes politiques des candidats aux législatives, estimant que ces programmes "provoqueront des conflits confessionnels" et "pavent la voie au sabotage de l'économie du pays".
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La main d'oeuvre étrangère, syrienne pour être précis, a augmenté depuis le début de la guerre en Syrie en 2011 et l'afflux des réfugiés venant de ce pays. Entrainant tous les problèmes de concurrence envers les Libanais. Et c'est seulement aujourd'hui, 1er mai 2018, que l'on évoque ce problème qui dure depuis...7 ans ? A la veille des élections du 6 mai 2018 ? Ces responsables libanais, petits et grands, ne connaissaient-ils pas les "lignes rouges" avant ? On a l'impression désagréable que ces responsables nous prennent pour des imbéciles crédules et naïfs ! Irène Saïd
14 h 17, le 01 mai 2018