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Lettre ouverte à l’État français et aux organisateurs de CEDRE

TRIBUNE


05/04/2018

Votre conférence (CEDRE) se tient avant les législatives libanaises, au moment où la classe politique cherche des issus provisoires et rapides à la crise dont souffre le pays sur le double plan économique et financier.

Le Liban endure une crise de son modèle économique, validé par des politiques gouvernementales qui ont aggravé le déficit et la dette publique, tout en tirant profit des excédents que réalisait le secteur bancaire au cours des années passées. Il est de plus en plus clair qu’un tel modèle ne pouvait plus continuer de la sorte, surtout que la balance des paiements depuis 2011 est en déficit continu, à l’exception de 2016, en raison des plans financiers de la Banque Centrale).

Aujourd’hui, après que le gouvernement se soit rendu compte de l’ampleur de la crise, et de l’incapacité d’un tel système financier à continuer dans cette voie, il s’est mis à chercher des sources de financement lui permettant de prolonger, à tout prix, la vie de ce modèle. Cela, à la veille du scrutin, et alors que des signes avant-coureurs de l’échec de ce gouvernement dans sa gestion de la crise financière ont commencé à se multiplier.

Les Libanais vivent aujourd’hui une crise de confiance à l’encontre de la classe politique, et se méfient surtout de son impuissance à gérer aussi bien l’ordre public que la situation financière. Il faut noter d’ailleurs que CEDRE n’est pas en mesure de rétablir cette confiance perdue et que la classe politique ne mérite sûrement pas. Tout le monde a compris que cette classe politique manque de sérieux dans tous les engagements qu’elle prend en matière de réforme financière, et cela s’est notamment vu pendant et après les conférences internationales qui ont précédé CEDRE. La nature de notre classe politique est basée sur le partage du gâteau et les échanges entre services offerts aux citoyens en contrepartie de leur allégeance politique. Nous ne pouvons pas lui faire confiance quand elle dit vouloir endiguer la corruption rampante. 

Nous estimons que le panier des prêts supplémentaires que CEDRE accordera au Liban ne peut qu’engendrer un surcroît de dettes que les Libanais auront peine à honorer à l’avenir. Les aides que vos gouvernements fourniront contribueront également, sans aucun doute, à retarder les symptômes de la crise, et à l’aggraver ensuite. Or, ce qu’il faudrait, c’est que tous ceux qui ont échoué démissionnent, et que tous les corrompus soient jugés.  

Il ressort de tous les rapports fournis par les institutions internationales que l’engagement du Liban à vouloir endiguer l’hémorragie provoquée par le gaspillage et la corruption, reste le seul garant d’un retour de l’équilibre des finances publiques ; la seule manière d’en finir avec le déficit, qui contribue à l’accroissement de la dette publique. Pour s’assurer de cela, il suffit de surveiller les transferts que le Liban a besoin d’effectuer, tous les ans, à la compagnie d’électricité publique, censée pourtant renflouer les caisses de l’État…

Pour nous, toute aide sous forme de prêts à l’État libanais ne profite pas au Liban ni à son économie, mais bel et bien à la classe politique, qui retarde la mise en œuvre des réformes indispensables au règlement de la crise économique. Au nom d’une coopération internationale constructive, et en vue de préserver nos intérêts en tant que citoyens, nous demandons à vos gouvernements de cesser de renflouer cette classe dirigeante ratée et de mettre exclusivement vos aides au service du peuple libanais.


*La liste Madaniya (Civile) se présente aux élections législatives dans la circonscription du Chouf-Aley.


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Joseph KHOURY

Bonne chance aux élections et j’espère que la communauté internationale écoutera nos cris d’appel au secours avant que l’effondrement ne soit total.

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