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Avec Mark Hachem, le Liban, métissé et beau, explose de mille couleurs sur YouTube

Avec près de 9 000 abonnés sur le réseau social, Mark Hachem cartonne sur la Toile depuis quelques mois. Il mêle habilement ses deux identités et vulgarise certains concepts sur un ton ludique.

Marc Hachem, de l’observation et de l’humour. Photo DR

Mark Hachem faisant un concours de séduction avec son colocataire, qui saura mieux séduire, le Libanais ou le Japonais ? Le duel atteint son point culminant dans une compétition de cuisine. Entre la « kafta » et le sushi, qui saura gagner le cœur (et l’estomac) de la belle ? La vidéo finit avec nos deux lurons qui dégustent chacun le plat de l’autre, avant de rendre leurs tabliers.
C’est un exemple des courtes vidéos proposées sur YouTube, dans lesquelles le jeune homme parle du Liban avec beaucoup d’affection et d’humour. Notre conception du temps, les petites expressions de notre dialecte si particulier, ou encore la palette d’insultes colorées  : toutes les idiosyncrasies libanaises qu’il a constatées chez ses proches y passent. Même s’il est né à Montréal il y a 28 ans, Marc Hachem privilégie une ambiance typiquement libanaise. Son contact avec le Liban et le Canada lui permet d’établir des contrastes et des parallèles entre les deux pays et les deux univers. «  Je n’avais pas remarqué ces particularités en grandissant, ayant baigné dans ce milieu, mais le recul que j’ai acquis plus tard m’a permis de les relever », explique-t-il. Se considérant avant tout acteur et réalisateur, diplômé en cinéma de l’Université Concordia à Montréal, Mark Hachem est tombé dans YouTube assez naturellement, il y a trois ans. La plate-forme présentant une voie accessible et peu coûteuse pour ses projets créatifs, il a d’abord mis en ligne des courts-métrages qu’il a écrits de manière plutôt informelle afin d’ajouter ses créations.




Neuf habitudes libanaises
Il y a presque six mois, Mark Hachem a publié une vidéo qui a changé sa vocation « youtubienne », ses études en cinéma et en théâtre lui ayant donné une curiosité nouvelle et une envie de saisir la psychologie derrière le langage corporel et les expressions spécifiques à chaque culture. Ainsi, il a partagé ses observations sur les Libanais dans Neuf habitudes libanaises, devenu vite viral : les nombres de vues et d’admirateurs ont explosé. «  Le succès de cette vidéo m’a vraiment pris de court, je ne m’attendais pas à une telle réaction », avoue-t-il, confirmant que cette soudaine popularité l’a motivée à poursuivre dans cette même veine.
Le travail de l’humoriste a suscité l’intérêt des Libanais et de la diaspora libanaise, de première, de deuxième et troisième génération. «  Je fais moi-même partie de cette diaspora, donc je me réjouis de réussir à créer un lien entre le pays et les gens qui y sont encore fortement attachés », souligne-t-il. Sans y avoir grandi, il s’est pris d’un vif intérêt pour le Liban dès l’adolescence, après avoir lu Le Prophète de Khalil Gebran, dont le contenu philosophique, poétique et spirituel l’a particulièrement touché. Traversé par le désir d’en apprendre plus sur ses racines, il fait des recherches, observe. «  Au Canada, les Libanais ont exporté certaines habitudes dont je ne comprenais pas l’origine. En m’immergeant dans la culture, j’ai pu tout contextualiser et mieux saisir le sens de certaines coutumes.  » Venu en visite au pays de Gebran, il s’y est senti tout de suite chez lui, de retour parmi les siens.



Le vivre-ensemble à la montréalaise
Touche-à-tout, Marc Hachem navigue allègrement entre le français, l’arabe, l’anglais, l’italien et l’espagnol – des langues qu’il utilise à bon escient dans ses vidéos. Ce polyglotte allumé rend également hommage à la diversité de Montréal avec sa websérie Frajalican, où il incarne une version délurée de son identité libano-québécoise au côté de son compagnon Bong Su — Big Bong sur YouTube —, un ami franco-japonais qu’il souhaite embarquer au Liban dans un futur épisode pour y filmer ses réactions. « J’adore le choc des cultures, s’exclame-t-il. Ce n’est qu’en se comparant à d’autres que l’on constate ce qui nous distingue.  » Il s’amuse avec les contrastes, mais il établit aussi des parallèles. Les ressemblances entre les Québécois et les Libanais sont d’ailleurs évidentes à ses yeux : «  Le Liban est ce petit pays particulier au Moyen-Orient et le Québec est une bulle francophone dans les Amériques. Nous sommes deux peuples fiers avec un fort sentiment d’appartenance.  »
Conscient de son public international, le jeune iconoclaste espère que sa présence sur YouTube contribuera à surmonter certains préjugés et inviter à un dialogue interculturel. Même si son travail paraît d’abord et surtout léger, l’humoriste ambitionne de pouvoir partager ses connaissances et, ainsi, promouvoir à sa manière le vivre-ensemble.


Pour voir la page YouTube de Mark Hachem, c'est ici



Mark Hachem faisant un concours de séduction avec son colocataire, qui saura mieux séduire, le Libanais ou le Japonais ? Le duel atteint son point culminant dans une compétition de cuisine. Entre la « kafta » et le sushi, qui saura gagner le cœur (et l’estomac) de la belle ? La vidéo finit avec nos deux lurons qui dégustent chacun le plat de l’autre, avant de rendre...

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