Rechercher
Rechercher

À La Une - Terrorisme

Attentat en France: hommage unanime au gendarme "tombé en héros"

Le président américain Donald Trump a qualifiée l'attaque d'"horrible".

La mort en "héros" de l'officier de gendarmerie Arnaud Beltrame, tué avec trois autres personnes par un jihadiste, suscitait samedi une vive émotion en France, tandis que l'enquête cherchait à cerner les raisons du passage à l'acte de l'assaillant. Photo AFP / LA GAZETTE DE LA MANCHE

La mort du gendarme tué la veille avec trois autres personnes par un jihadiste dans le sud de la France suscitait samedi une vive émotion dans le pays, le président Emmanuel Macron rendant hommage à un officier "tombé en héros".

Radouane Lakdim, un Français d'origine marocaine de 25 ans, s'était présenté vendredi comme "un soldat" du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a peu après revendiqué les attaques.
A son domicile de Carcassonne (sud), les enquêteurs ont découvert des "notes faisant allusion à l'Etat islamique" et s'apparentant à un testament, selon des sources concordantes. Parallèlement, deux personnes ont été placées en garde à vue: un jeune de 17 ans présenté comme un ami de Radouane Lakdim, et sa compagne.
Le tueur, qui était armé d'une arme de poing, d'un couteau de chasse et de trois engins explosifs artisanaux selon une source judiciaire, a été abattu par les forces de l'ordre à l'issue d'une prise d'otages dans un supermarché Super U de Trèbes, commune proche de la cité historique de Carcassonne.

Lors de cette prise d'otages qui avait déjà fait deux morts, un lieutenant-colonel de la gendarmerie s'était proposé pour prendre la place d'une femme que l'assaillant avait pris comme "bouclier", selon une source proche du dossier.
Grièvement blessé par l'assaillant, Arnaud Beltrame a succombé samedi à ses blessures et sa mort suscitait émotion et hommages. Il est "tombé en héros" et mérite "respect et admiration de la Nation tout entière", a déclaré le président Emmanuel Macron, qui a réuni en fin d'après-midi un Conseil restreint de défense à l'Elysée.
La grande mosquée de Paris, à l'unisson des représentants musulmans, a salué son "courage" et "son engagement".
"Il est parti en héros", il "savait certainement qu'il n'avait pratiquement aucune chance" et "il n'a pas hésité une seconde", a souligné son frère Cédric Beltrame sur RTL. Marié sans enfants, Arnaud Beltrame devait se marier religieusement cette année.


(Lire aussi :" J'ai vu un individu très excité qui criait Allah Akbar": les otages du supermarché racontent)



"Horrible attaque" selon Trump
Les drapeaux et étendards de la gendarmerie, comme ceux de l'Assemblée nationale, étaient en berne samedi. Une messe sera célébrée dimanche matin par l'évêque de Carcassonne à Trèbes, où aura lieu jeudi une veillée de prière pour les victimes et leurs proches.
Trois personnes ont aussi été blessées par Lakdim, dont l'une était samedi entre la vie et la mort.

Des habitants ont afflué pour déposer de fleurs devant le Super U, fermé, et la caserne de gendarmerie de Carcassonne.
Arrivée avec un bouquet de roses blanches portant l'inscription "Merci", une habitante, Marie-Claire Castel, a appelé à un "hommage national". "C'est un héros, je n'ai pas dormi de la nuit, j'ai beaucoup prié en pensant qu'il y aurait un miracle, qu'on le sauverait", a-t-elle confié, très émue.
La population, sous le choc, exprimait son désarroi: "On se disait qu'on n'avait rien à craindre, on se disait que ça n'arrive que dans les grandes villes", confessait, la voix chevrotante, Khadija, 52 ans.

La France, particulièrement visée pour sa participation à la coalition militaire internationale contre l'EI en Irak et en Syrie, vit sous la menace terroriste depuis une vague d'attentats jihadistes qui, à ce jour, ont fait 245 morts depuis janvier 2015.
Cette dernière attaque, que le président américain Donald Trump a qualifiée d'"horrible", est la plus grave depuis le début de mandat d'Emmanuel Macron en mai 2017. Les enquêteurs tentent de comprendre les raisons du passage à l'acte de Radouane Lakdim, alors qu'il ne semblait plus être une menace aux yeux des autorités.
"Nous avions suivi" Radouane Lakdim "et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation", mais "il est passé à l'acte brusquement", a concédé le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 

Viticulteur, boucher, maçon... 
Né au Maroc le 11 avril 1992, cet homme avait été naturalisé en 2004 car son père était devenu français, selon une source proche de l'enquête.
A partir de 2014, il a été suivi par les services de renseignements et fiché "S" (pour sûreté de l'Etat) "en raison de ses liens avec la mouvance salafiste", selon le procureur de Paris François Molins. Selon une source proche du dossier, ce petit délinquant ne s'est jamais rendu en Syrie mais une velléité de départ avait été détectée en 2014.
En 2016 et 2017, il a de nouveau été suivi par les services de renseignements, qui n'ont décelé aucun "signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l'acte terroriste", selon M. Molins.
Lors de ses attaques, il a notamment demandé "la libération de frères" dont, selon une source proche du dossier, celle de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie du commando des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts), emprisonné à Paris.
Radouane Lakdim a entamé son équipée meurtrière à Carcassonne peu après 10H00 vendredi au volant d'une voiture dont il tue le passager, un viticulteur à la retraite, et blesse grièvement le conducteur, de nationalité portugaise. Il tire ensuite sur quatre CRS, blessant l'un à l'épaule, avant de prendre la fuite.
Vers 11H15, il entre dans le Super U de Trèbes et tue le chef boucher du magasin et un client, un ancien maçon.
"J'ai vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar", a raconté à l'AFP Christian Guibbert, ex-policier, qui faisait ses courses. "On a fait sortir des collègues et des clients par la porte de secours à l'arrière", a confirmé Jacky, collègue de travail du chef boucher, "tué d'une balle dans la tête à bout portant".
Vers 14H20, Radouane Lakdim, seul avec l'officier de gendarmerie retenu en otage, ouvre le feu sur le militaire, déclenchant l'intervention du GIGN, qui a tué l'assaillant.


Lire aussi

En France, un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, centré sur les prisons


Pour mémoire

Deux projets d'attentats déjoués en France depuis début janvier

Relaxe de Jawad Bendaoud, "logeur" de jihadistes du 13 novembre 2015

La mort du gendarme tué la veille avec trois autres personnes par un jihadiste dans le sud de la France suscitait samedi une vive émotion dans le pays, le président Emmanuel Macron rendant hommage à un officier "tombé en héros".Radouane Lakdim, un Français d'origine marocaine de 25 ans, s'était présenté vendredi comme "un soldat" du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a peu après...
commentaires (3)

PAUVRE MEC !

LA LIBRE EXPRESSION

14 h 18, le 24 mars 2018

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • PAUVRE MEC !

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 18, le 24 mars 2018

  • Une admirable leçon de courage et du don de soi pour sauver autrui. Un acte philosophique, spontané, généreux, plein de spiritualité .... Quelle leçon d'humanité pour les fanatiques écervelés des fanatiques islamistes. Le monde ne survivra qu'avec l'amour. Respects lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

    Sarkis Serge Tateossian

    12 h 12, le 24 mars 2018

  • Faut reconnaitre que son acte est hautement courageux. Cet homme parti malheureusement par le fait d'un malade mental fanatisé est difficilement remplaçable . Paix à son âme, que DIEU le reçoive dans son paradis .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 48, le 24 mars 2018

Retour en haut