Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

Le design au service de l’usager et pour améliorer sa qualité de vie

Photo DR

27/03/2018

La section design à l’ALBA propose deux cursus : une licence de 3 ans en design de produit et un master en design global de 2 ans.
En licence, selon le directeur par intérim de la section design, Mathieu Bernard, « on apprend aux étudiants le cœur du métier de designer », c’est-à-dire être capable de comprendre un projet, chercher les informations, générer des idées par le biais du dessin et de la maquette, puis les valider en les présentant à des experts et à des usagers. Puis vient la phase de développement pour vérifier la faisabilité (technologie, matériaux…). Il faut « être sûr qu’à la fin on obtienne un résultat qui soit cohérent et qui soit adapté pour le marché », souligne M. Bernard.
Dans cette section design, il ne s’agit pas de produire des objets unitaires, mais en série. « Notre outil d’expression est l’industrie », note Mathieu Bernard qui relève que « l’idée est de se dire que notre métier est là pour améliorer la qualité de vie des gens. Pour cela, il faut pouvoir agir sur leur quotidien, et c’est l’industrie qui le permet ».

Problématiques sociétales
En master, les étudiants travaillent sur des problématiques globales et sociétales, notamment sur l’intervention du design au niveau de questions complexes : le système hospitalier, la réappropriation d’un territoire par ses habitants, ou encore les questions liées à l’éducation et à l’esprit critique. « Via des outils et des méthodes, on transforme le designer en porteur de projet : ce sera donc lui qui réunira les différents protagonistes du projet autour d’une même table (usagers potentiels, sciences humaines, ingénieurs, financiers, etc.) pour baliser le projet et identifier ses tenants et aboutissants », explique Mathieu Bernard.
Ces travaux se traduisent par des propositions tangibles, qui répondent de manière créative au thème de l’étude. Le cursus du master valorise ainsi le management de projet et la recherche par le design. Les diplômés de cette formation pourront atteindre plus vite des postes importants car ils maîtriseront mieux les différents aspects des projets et leurs complexités.

La nature du métier
Mathieu Bernard insiste : le designer est un professionnel pour qui l’usager est toujours au cœur du projet. En effet, ce professionnel se décentre pour s’intéresser aux autres et parler pour eux. « Le designer ne parle pas de cible commerciale, mais d’usager. Si je comprends mes usagers, si je fais un produit qui leur correspond, ils vont naturellement se l’approprier. »
Originellement, le design est apparu sur les lieux de production industrielle pour « embellir » les objets. Ces paradigmes ont changé aujourd’hui, et le designer est maintenant au cœur du processus décisionnel des entreprises, car il répond à leurs nouveaux besoins et leur apporte souplesse et créativité, deux aspects fondamentaux du marché. Il développe des façons de travailler différentes et propose de nouvelles idées de produits et de solutions, en s’appuyant sur les savoir-faire technologiques des entreprises.
Au Liban, le métier de designer s’est souvent résumé au design de mobilier, alors qu’en fait, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, un genre de vitrine du design. Dans la réalité, la créativité des designers peut et doit s’exprimer dans tous les secteurs de l’entreprise : celle-ci est donc un des recruteurs majeurs de la profession.
 
Les débouchés
Les diplômés travailleront dans les studios de recherche et de développement, les départements design déjà existants dans différentes boîtes, ainsi que dans les entreprises créatives, telles les industries du jouet ou des nouvelles technologies.
« On peut désormais très bien faire le design au Liban, la production en Asie et la vente en Amérique du Nord : ces nouvelles possibilités permettent d’être designer au Liban», explique Mathieu Bernard.
Le design de produits s’applique à de nombreux domaines du quotidien (l’électroménager, les équipements sportifs, l’outillage, l’emballage, la puériculture, le mobilier, les arts de la table, le transport, etc.).

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