Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

La filière illustration et bande dessinée

27/03/2018

En pleine expansion au Liban, l’illustration et la bande dessinée sont des domaines qui intéressent de plus en plus les jeunes.
La section arts graphiques et publicité de l’École des arts décoratifs de l’ALBA est la seule au Liban qui offre une spécialisation en illustration et bande dessinée. La formation tient compte de la diversité des domaines d’application de l’illustration. Elle couvre des cours fondamentaux en dessin, en illustration et techniques d’expression manuelle et digitale, dont les techniques d’impression, ainsi qu’en illustration publicitaire.
La filière se focalise aussi sur le rapprochement du texte et de l’image. En fait, « un illustrateur travaille toujours en rapport avec un concept, un texte, une commande ou un objet », explique Michèle Standjofski, responsable de la filière illustration et bande dessinée.
Le cursus couvre, en outre, les étapes de réalisation d’un album de bande dessinée dans sa totalité. D’ailleurs, « la politique de l’école est de bien souligner l’aspect formateur de la bande dessinée. Celle-ci est une école en tant que telle », souligne-t-elle. À travers l’apprentissage de la BD, cette dernière explique que les étudiants apprennent à raconter une histoire et à rendre l’image efficace et narrative. « Je crois que la bande dessinée est le langage visuel par excellence ! »
Comme pour toutes les filières de la section arts graphiques et publicité, l’étudiant effectuera sa 1re année en tronc commun.
Après ses trois premières années d’études, il choisira lui-même le thème et la forme de son projet final de licence : récit en BD, texte illustré ou dossier dans un magazine. « Mais on a de plus en plus de projets qui sortent de l’ordinaire, ce vers quoi on essaie de pousser les étudiants », tels des habillages de concerts, un jeu de société sur Beyrouth, des chansons illustrées ou des enregistrements audio illustrés dans le cadre d’installations, selon la responsable.
En master, comme objectifs d’apprentissage, l’étudiant développera son écriture personnelle, surtout à travers le projet final. Il se familiarisera également avec le monde professionnel, à travers les workshops, la visite d’intervenants, dont des étrangers de grande renommée, ou le contact direct avec des professionnels. Ainsi, l’étudiant effectuera des visites de terrain en fonction de ses projets.
En plus des cours théoriques, il réalisera des projets d’illustration dans le domaine de l’édition jeunesse et la littérature, ainsi qu’un projet BD qu’il gère du début à la fin. « Il doit créer le scénario, faire le découpage, dessiner, imprimer, se relire et fabriquer l’objet lui-même », explique Michèle Standjofski.
L’étudiant réalise également deux projets presse : dessin de presse et magazine, dont la création de la charte graphique, l’habillage graphique, la sélection d’articles, la mise en page et l’illustration.
Par ailleurs, l’étudiant assistera à plusieurs séminaires. En publicité, il s’agit de créer une campagne et de l’illustrer. En scénographie, le projet consiste à réaliser des rideaux de scène, des décors, des costumes et des catalogues qu’il illustrera. Pour le projet en animation 2D, il apprend à créer un film d’animation en tant qu’illustrateur. Enfin, lors de l’atelier en multimédia, il maîtrise les techniques que doit connaître un illustrateur. Chaque projet rapproche l’étudiant de « l’une des applications possibles de l’illustration ».
En master 2, l’étudiant travaillera sur son projet final. « Il faut que ce soit un travail abouti et personnel. » C’est souvent des BD et des ouvrages illustrés qui sont parfois publiés par les éditions de l’ALBA, comme ça peut être un projet qui applique l’illustration dans le domaine de la scénographie, de l’identité graphique ou de la publicité.

Débouchés
« Le métier d’illustrateur est beaucoup plus vaste qu’on ne le croit », note Michèle Standjofski. Les étudiants sont engagés dans la presse, les maisons d’édition et les agences de publicité en tant qu’illustrateurs, directeurs artistiques ou graphistes. « Les jeunes aiment cette souplesse et le fait de ne pas avoir nécessairement une carrière linéaire », ajoute-t-elle.
Les diplômés de l’ALBA peuvent être illustrateurs et graphistes en même temps, « ce qui est très apprécié par les éditeurs ». Ils seront également illustrateurs, entre autres, de vitrines ou pour des films d’animation, notamment dans l’élaboration du décor, du design de caractère ou des mouvements-clés.
Par ailleurs, ils pourront travailler dans la création de papeterie ou d’image de marque. Enfin, les jeunes diplômés s’investissent de plus en plus dans la création de BD.
« Ce qui est très beau dans ce métier, c’est que c’est un métier libre. Il faut que les étudiants trouvent la possibilité de dégager du temps pour travailler leur projet personnel, et on les pousse aussi vers cela ! » assure Michèle Standjofski.

Compétences et qualités requises
Pour se lancer dans cette filière, « il faut aimer l’image, être visuel et beaucoup travailler le dessin puisque c’est le b.a.-ba de la profession », insiste la directrice de la filière. Il faut aussi être capable de créer sa propre vision et s’employer à développer son écriture personnelle.
En outre, le travail de l’illustrateur est solitaire malgré les échanges, donc il faut aimer travailler seul.
Comme l’illustrateur collabore avec d’autres disciplines, il doit effectuer des recherches afin d’examiner les projets en profondeur. Il doit également essayer différents outils et techniques, vu qu’on lui demande d’être polyvalent. Il doit savoir allier souplesse et fermeté : comprendre le concept du client et répondre à ses besoins, et ce tout en restant lui-même.

Difficultés du métier
« Ce métier a les qualités de ses défauts ! » avoue Michèle Standjofski. Ainsi, bien que travailler en free-lance puisse être attrayant, le manque de régularité peut être fatigant et déstabilisant.
Il faut, en outre, travailler dur pour maîtriser son écriture personnelle, alors que « le déclic tarde parfois à venir. Il ne faut pas se décourager».
Concernant les rapports avec le client, il faut parfois se battre et ne pas baisser les bras, et être capable d’expliquer et d’imposer ses idées visuelles.
Enfin, « comme dans tous les métiers, les illustrateurs ont la responsabilité d’améliorer la qualité de l’illustration dans le paysage éditorial libanais, ou le paysage tout simplement, comme pour les panneaux publicitaires ».

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