Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

Le développement informatique et ses immenses débouchés

Le développeur informatique, homme ou femme, reste des heures entières face à son écran pour coder. Photo fournie par Myki

27/03/2018

Le développement informatique est une profession à larges horizons et à débouchés immenses, ouverte aux hommes et aux femmes, au Liban ou à l’international, vu les besoins sans cesse croissants en développeurs de qualité. Les salaires de départ y sont corrects au Liban, très bons à l’étranger, et peuvent grimper très haut en fonction des compétences.
Dans le jargon, les développeurs informatiques sont appelés codeurs, tool makers (fabricants d’outils), souvent aussi geeks. Ils peuvent écrire leur code au sein d’une entreprise de programmation, dans le développement des systèmes informatiques, pour le web ou les applications mobiles, dans la programmation des jeux ou l’administration des systèmes d’information. Ils peuvent travailler dans n’importe quelle entreprise qui fait du développement en interne (banque, société pharmaceutique, hôpital, université…), en tant que consultants ou développeurs. Ils peuvent devenir testeurs informatiques. Ils peuvent, de plus, créer leur propre entreprise de développement informatique, même avec des moyens limités. Ils peuvent enfin, surtout s’ils sont ingénieurs ou détenteurs d’un MBA ou équivalent, briguer des postes de PDG. Sans oublier que de plus en plus de métiers qui n’ont rien à voir avec l’informatique, comme les statistiques ou la psychologie, s’ouvrent désormais au code.
Pour décortiquer ce métier aux diverses facettes, deux universitaires, Dany Mezher, professeur à l’Université Saint-Joseph et directeur de l’Institut national des télécommunications et de l’informatique (INCI), et Charbel Farès, chef du département de Computer Science à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), ainsi qu’un « start-uper » libanais, Antoine Vincent Jebara, PDG et cofondateur de la start-up Myki de développement et de sécurité informatique, et un jeune développeur anonyme dans une grande entreprise informatique internationale, exposent leurs témoignages et leurs expériences.

Nature du travail
Ce métier s’exerce à plusieurs niveaux de compétences. Le programmeur se situe au bas de la pyramide. Il est généralement débutant. On lui attribue des tâches de routine informatique, sans difficulté. Il n’a aucune vision globale. Au deuxième échelon, se situe l’analyste programmeur, plus expérimenté. Son supérieur lui donne un problème qu’il est chargé de définir, d’analyser et d’appliquer. Au troisième niveau, l’architecte logiciel a une vision plus globale du projet. Il développe les modules et distribue les tâches aux analystes programmeurs. Et enfin, en tête de la pyramide, se trouvent les planificateurs de projets, qui ont non seulement des capacités de gestion de projets informatiques, mais de création et de management. Dans nombre d’entreprises, ces niveaux de hiérarchie sont inexistants. Chaque ingénieur ou développeur devient alors multitâche.
Pour donner des exemples plus concrets du travail, un développeur peut créer un site web, simple ou élaboré. Il peut aussi programmer des applications pour des réseaux sociaux, afin de permettre notamment de rechercher des amis, d’aimer une publication ou de la partager, de bloquer une personne indésirable. Il développe également des algorithmes permettant à des services de transport en ligne de mettre en contact utilisateurs et conducteurs. Il passe aussi une importante partie de son temps à fixer des bugs. Bien entendu, plusieurs développeurs peuvent travailler sur un même projet destiné au service de transport, certains travailleront le côté esthétique, d’autres développeront les cartes routières, d’autres encore le clic qui permettra à l’usager de réserver son chauffeur… Un travail à la fois individuel et d’équipe.

Études universitaires
Toutes les grandes universités du pays forment aux études de développement informatique. Elles délivrent différents niveaux d’enseignement, allant de la licence au master et parfois jusqu’au doctorat. Elles mettent aussi en place des partenariats avec de prestigieuses universités à l’étranger, donnant la possibilité à leurs étudiants, une fois leurs études au Liban achevées, de se spécialiser dans le domaine de leur choix. Voici quelques formations proposées, directement liées au secteur. Nous ne pourrons toutefois énumérer tous les établissements vu les nombreuses formations disponibles :
- À l’Université Saint-Joseph (USJ), à l’ESIB, le diplôme d’ingénieur en génie informatique (niveau master), à l’INCI, la licence en informatique (Computer Science), à l’IGE, la licence en informatique appliquée aux entreprises, permettront d’accéder aux métiers du développement. Les ingénieurs ont toutefois plus de chances d’accéder rapidement à des postes de responsabilité et de management. Des masters en informatique complètent les différentes licences. L’USJ est engagée dans le processus d’accréditation de ces formations par la commission américaine ABET.
- À l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), à la faculté de génie, le diplôme d’ingénieur en génie informatique de niveau master donne un accès rapide à la profession. À la faculté de Computer Science, la licence en informatique et la licence en technologie de l’information (IT) permettront également d’accéder au métier. Ces formations portent l’accréditation américaine ABET, sachant que des masters en informatique et en cybersécurité sont disponibles.
- À l’AUB, le département de génie électrique et informatique propose le diplôme d’ingénieur niveau licence en ingénierie de l’informatique et des communications (CCE) et en génie électrique et informatique (ECE). Ces deux diplômes portent l’accréditation ABET. Divers masters peuvent compléter ces études, si nécessaire.
- À l’Université libanaise, la faculté de génie propose le cursus en génie électrique et électronique, filière informatique et communications, et la faculté de sciences une licence en Computer Science. Des diplômes qui peuvent être complétés par un master de recherche en télécommunications et sécurité de réseaux.
- Ces formations de base sont également disponibles à la LAU et la NDU, notamment pour des diplômes d’ingénierie de l’informatique et des cursus de sciences de l’informatique, suivis de masters.
- Il est enfin important de savoir qu’un codeur peut faire son apprentissage sans entreprendre nécessairement des études universitaires qui peuvent s’avérer coûteuses. Il peut apprendre le code sur internet et développer ses compétences sur le tas, au fur et à mesure.

Aptitudes et compétences requises
Pour exercer ce métier, il faut :
- Avoir la passion pour la technologie, avoir un penchant pour le changement, la créativité et l’innovation, avoir aussi de l’ambition.
- Avoir l’esprit logique et du bon sens. Être bon en maths est un atout dans certaines situations, mais pas une nécessité.
- Parler au moins l’anglais, les Libanais ayant l’atout d’être trilingues.
- Être curieux, avoir la volonté d’apprendre seul, de connaître plusieurs langages informatiques, car c’est un métier qui évolue à une vitesse effarante.
- Avoir du talent et le développer, car les personnes de qualité sont très recherchées par les grosses boîtes internationales. S’il est facile de coder, il est très dur de bien coder. Ces entreprises peinent donc à trouver les personnes adéquates.
- Avoir la capacité de travailler en équipe, de communiquer avec ses collègues, même si ce n’est pas toujours évident pour un geek, généralement solitaire, qui aime coder chez lui.
- Avoir envie de gérer et de résoudre des problèmes, car fixer les bugs fait aussi partie de la tâche des développeurs.
- Savoir gérer le stress, notamment au niveau des dates limites (deadlines), car dans la nature de la profession, le travail n’est jamais fini.
- Être bûcheur, car les horaires des développeurs sont très élastiques.
- Avoir de l’endurance, de la patience, une capacité d’adaptation, de la persévérance.
- Avoir une capacité d’analyse pour comprendre concrètement le problème.

Difficultés et contraintes
- La technologie de l’informatique est en changement constant. Dès qu’un développeur s’adapte à une nouvelle technologie, elle est déjà dépassée, d’où la nécessité de chercher à évoluer sans cesse.
- Un développeur travaille en moyenne 10 à 12 heures par jour, sans compter les nuits blanches en cas d’échéance, et l’apprentissage régulier de nouveaux langages informatiques.
- Le développeur est soumis à un stress permanent. Il a donc besoin d’exercer une activité récréative, sportive ou autre, lui permettant de libérer son stress.
- Même s’il préfère travailler seul, le développeur a l’obligation d’apprendre à travailler en équipe.

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