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Économie

Le cadre réglementaire, principal obstacle pour les start-up libanaises

Rapport

La durée et le coût d’enregistrement d’une entreprise sont particulièrement critiqués dans une étude Arabnet.

S.Ro. | OLJ
21/03/2018

Selon un rapport récent d’Arabnet, le cadre réglementaire représente le principal obstacle pour plus d’un tiers des start-up libanaises. 36 % des 90 entrepreneurs interrogés entre novembre 2017 et janvier 2018 rapportaient que naviguer dans le cadre réglementaire libanais était « très difficile ». Autre obstacle : recruter localement, également « très difficile » pour 26 % d’entre eux.

Des difficultés qui existent malgré la circulaire 331 émise en 2013 par la Banque du Liban permettant aux banques libanaises d’investir jusqu’à 3 % de leurs fonds propres dans des sociétés – start-up, incubateurs et accélérateurs, ou fonds d’investissement – œuvrant dans « l’économie de la connaissance ». Depuis sa publication, cette circulaire a mis à disposition 400 millions de dollars pour les start-up.

Parmi les difficultés du cadre réglementaire, les taxes représentent l’obstacle le plus important, suivies par le paiement en ligne, limité au pays du Cèdre. « C’est pourtant important pour une entreprise d’avoir un système de paiement global pour répondre aux besoins d’une clientèle basée en dehors du Liban. Par exemple, le service de paiement en ligne PayPal n’existe pas ici », confie à L’Orient-Le Jour Maher Hassanieah, dont la start-up, Fig, développe des agents conversationnels, ou « chatbots » en anglais.

Arabnet pointe aussi du doigt les lourdeurs administratives imposées aux entreprises, qui sont obligées d’avoir trois fondateurs. De même, le système de sponsor, selon lequel l’entreprise doit se porter garante d’un employé étranger, pose problème, « surtout si le Liban veut se positionner comme un hub régional ». Quant à la loi régissant la faillite, elle est critiquée comme étant « peu claire ». Mais surtout, une entreprise doit payer « environ 50 000 dollars » rien que pour se lancer, dont 20 000 dollars en audit et 30 000 dollars en frais d’avocat.


(Lire aussi : Flat6Labs introduit les dix start-up de son premier programme d’accélération)


Plus de 50 000 dollars de frais
Karl Naïm, cofondateur de la start-up culinaire ChefXChange, en a fait les frais. Créer une structure légale au Liban lui a pris plus de deux mois, contre une semaine aux Émirats arabes unis et 48 heures en Grande-Bretagne, a-t-il indiqué à L’Orient-Le Jour. « Le coût de la procédure au Liban représente un obstacle pour toute start-up sans financement : plus de 5 000 dollars de frais juridiques et administratifs, alors que la même opération atteint quelques centaines de livres au Royaume-Uni et quelques milliers de dollars aux Émirats arabes unis. Il est primordial que toute la procédure réglementaire (puisse se faire de manière) électronique, en plus de réviser quelques lois qui sont très clairement obsolètes et ne s’appliquent pas à l’environnement des affaires d’aujourd’hui. » Le Liban a été classé 133e sur 190 pays au classement 2018 du rapport « Doing business » de la Banque mondiale, et 14e de la région.

Pour tenter de parer à ces difficultés, l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL) a lancé un bureau de soutien à l’entrepreneuriat le 19 février dernier. Ce dernier propose gratuitement les services d’un avocat et d’un auditeur pour accompagner la création d’une entreprise. Les frais d’enregistrement, aux alentours de 2 000 dollars, doivent cependant être réglés par la start-up. Des négociations sont en cours avec la BDL afin qu’elle subventionne ce coût.

Restent quelques points positifs. Selon le rapport d’Arabnet, l’accès aux réseaux de soutien aux entreprises est considéré comme étant « facile » pour 40 % des entrepreneurs interrogés. « Près de la moitié (d’entre eux) a reçu un soutien de l’écosystème tel que du mentorat en marketing, en présentation de projet, et en accès à un espace de travail. » Le rapport souligne également que la demande tout comme l’offre pour un soutien financier restent peu élevées. Un tiers des personnes interrogées n’a pas levé de fonds auprès d’investisseurs externes. Dans le cas où cette levée de fonds est réussie, 65 % des start-up ont recueilli entre 50 000 et 500 000 dollars. Pour Arabnet, « cela montre que le Liban n’en est qu’à ses débuts en ce qui concerne les levées de fonds ».



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