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Édition

« Raconter artistiquement l’épopée de la paix »

Tony Chakar a piloté l’ouvrage « En contre-guerre ». Il y rassemble plusieurs réflexions sur la culture de la paix au Liban. Huit spécialistes offrent leurs points de vue sur la question, notamment l’artiste Lina Majdalani, le sociologue Ahmad Beydoun et l’écrivain Hassan Daoud. Le théoricien de l’architecture répond aux questions de « L’Orient-Le Jour ».

Tony Chakar. Photo DR

Pourquoi la guerre est-elle au centre de votre travail  ?
Après que les canons s’étaient tus, plusieurs artistes se sont interrogés sur la façon de raconter Beyrouth après la guerre. Comment parler d’une catastrophe d’une telle proportion dans l’art  ? On ne peut pas l’aborder comme une simple anecdote et le langage n’est plus utile pour en traiter. Le dictionnaire est brisé, car les mots ne veulent plus dire la même chose après les horreurs de la guerre. Le groupe dont je faisais partie travaillait beaucoup sur ces questions. Nous étions ce que plus tard on a appelé les artistes contemporains des années 90. Je suis maintenant ailleurs dans ma réflexion : le concept de paix n’est pas linéairement relié à mes débuts, mais il s’y rattache, cela va sans dire.

Comment a germé l’idée de ce livre  ?
J’ai été inspiré par le film de Wim Wenders, Les ailes du désir. Un personnage s’y interroge sur l’absence d’une épopée de la paix. Et c’est ce que je vois au Liban : personne ne s’intéresse au quotidien de la paix, à sa routine. Je ne suis pas le premier à parler de cet enjeu, mais j’espère favoriser son intégration au discours populaire. Les Libanais entretiennent plutôt une culture de guerre, même plusieurs années après la fin de celle-ci. Les plus jeunes générations parlent du conflit comme s’ils l’ont vécu. Je perçois vraiment une tension entre les gens ; on dirait qu’ils attendent le retour des violences. Il y a à peine quelques semaines, on craignait encore une attaque d’Israël ; on est toujours au bord du gouffre.

Le livre réunit beaucoup de disciplines, vous-même étant à l’intersection de plusieurs champs...
Je suis constamment dans ce va-et-vient entre l’architecture, l’art et le texte. J’aime vaciller entre ces trois domaines sans que ce soit clair dans lequel je me range, la nature multidisciplinaire de métier d’architecte favorise cette pluralité. Il m’importe beaucoup de représenter des points de vue issus de plusieurs champs. J’ai choisi des figures qui sont présentes dans le domaine public depuis assez longtemps et qui ont travaillé de près ou de loin sur le thème de la paix. Le sujet devrait être abordé par tous les moyens, le cinéma, la musique, etc. Éventuellement, le message passera et l’on pourra aller vers un dialogue sur la paix.


Pourquoi la guerre est-elle au centre de votre travail  ?
Après que les canons s’étaient tus, plusieurs artistes se sont interrogés sur la façon de raconter Beyrouth après la guerre. Comment parler d’une catastrophe d’une telle proportion dans l’art  ? On ne peut pas l’aborder comme une simple anecdote et le langage n’est plus utile pour en traiter. Le...

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