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Culture

Ramzi Mallat, la nature à fleur de peau

Arts visuels

Avec « Unearthed », le jeune artiste déterre les relations entre l’homme et la nature.

20/02/2018

À 21 ans, Ramzi Mallat est un artiste précoce qui a les féroces certitudes de la jeunesse et la vive curiosité de celui qui cherche encore sa voix. Fraîchement diplômé en beaux-arts de l’Université de Lancaster au Royaume-Uni, il est de retour depuis quelques mois au Liban, avec la motivation de s’y établir comme artiste. La tête bourrée de théories de l’art, de citations de grands maîtres et de concepts grandiloquents, Ramzi bourdonne d’idées, à l’intersection de l’art moderne et de l’art contemporain. Leonard de Vinci, l’hindouisme, les haricots géants du plasticien Anish Kapoor et les arbres modifiés de Giuseppe Penone ont fait son éducation artistique. Sa bibliothèque personnelle trahit d’ailleurs son goût éclectique ; le baroque, Salvador Dali, mais aussi Lady Gaga y ont tous trouvé une place.
Le parcours de Ramzi Mallat est semé de découvertes et d’expérimentations. Son grand atelier d’une blancheur clinique à Baabda ressemble à un laboratoire géant. Des statues mi-femmes, mi-arbres accueillent les visiteurs à l’entrée et des toiles gigantesques traînent au fond de l’espace. « Dans l’art, on peut expérimenter tout en apprenant, explique le jeune homme opiniâtre. J’ai toujours été attiré par le langage visuel, on peut partager une idée, une impression, sans utiliser de mots. »
Alors qu’il avait commencé à s’exprimer par la peinture, il s’oriente de plus en plus vers d’autres pratiques. Ses années au Royaume-Uni lui ont permis d’explorer notamment la taxidermie, la sculpture et la vidéo. Il souhaitait comprendre les techniques de base de la création, allant à contresens de la tendance actuelle de favoriser le conceptuel. « De nos jours, les galeries sont pleines de petits objets d’art jumelés à un panneau explicatif de plusieurs paragraphes. Les gens s’intéressent plus aux explications qu’à l’œuvre d’art ! » critique-t-il. Il est donc primordial à ses yeux de retourner aux bases du savoir artistique.

Vers la symbiose
Dans le sillage de son inspiration : les vivants – du règne végétal et animal – et les liens forts qui les unissent. Pour son exposition Unearthed, à l’Instituto Cervantes, il s’est inspiré de l’hypnotique ensemble mural des Nymphéas de Claude Monet dans les salles ovales du musée de l’Orangerie. Et il a donc choisi d’exposer ses photographies, installations sculpturales et vidéos dans la salle circulaire de l’Institut culturel espagnol, idéale, selon lui, pour offrir une expérience immersive. Et provoquer surtout une introspection sur les rapports entre l’humain et la nature. Ce jeune artiste ambitieux espère ainsi sensibiliser son public aux questions environnementales, comme les conséquences de la déforestation.

« Unearthed » Instituto Cervantes jusqu’au 16 mars.

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