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La Dernière

Parce que les cheveux gris-blanc sont désormais très tendance

Coolitude

Têtes blondes, têtes brunes, têtes rousses, auburn et noir de jais et, de plus en plus présentes, les cinquante nuances de coiffures grises.

20/02/2018

Quelle est donc celle qui a osé la première renoncer à camoufler ses racines, laissant sa chevelure virer au gris puis au blanc ? À afficher le blanc comme une couleur qui n’a rien à voir avec l’âge ? Le phénomène, mondial et même local, a démarré avec l’apparition spectaculaire, lors d’un gala en 2010, de la chanteuse et actrice américaine Kelly Osbourne, auréolée d’une tignasse dite du troisième âge, alors qu’elle n’avait que 27 ans, et assurant que son choix devançait même celui de Karl Lagerfeld, qui avait fait poser des mannequins aux cheveux grisonnants pour une publicité de Chanel. Et puis il y a eu Lady Gaga, véritable panache blanc. Mais elle, c’est Lady Gaga, une dame sciemment outrancière qui crée les modes sans choquer, parce que tout lui est permis.

C’est parce qu’elles en ont ras-le-bol de dissimuler, coûte que coûte, les racines de leurs cheveux, parce qu’elles se sentent bien dans leur peau de quadragénaires et (souvent) plus, que ces femmes ont envie d’afficher le blanc. Pour les jeunes fashionistas, c’est plutôt une manière d’imiter la fantaisie des stars (Rihana, Pink, Kate Moss, l’incontournable Kim Kardashian) ou de jouer le « granny look » (look de grand-mère) sur un mode détourné et même glamour, bien avant de devenir téta.


De Vasso Salam à Maha Nasrallah

Dans la première catégorie, on retrouve des femmes rebelles qui ne veulent plus du rituel sacré et obligatoire du coiffeur toutes les trois ou quatre semaines, pour se « refaire une teinture » et une beauté. Optant pour un style plus moderne, elles ont supprimé les chignons, tresses-couronnes ou autres les looks sages, et ont laissé la place aux cheveux au vent, longs, ébouriffés, en boucles. Le porte-drapeau de ce mouvement qui pourrait s’appeler « J’assume le blanc » a été la chroniqueuse de mode parisienne Sophie Fontanel, qui a confié dans un ouvrage intitulé Apparition sa « joie d’avoir eu le culot de laisser vivre ses cheveux gris », au lieu de les étouffer dans les colorants. Elle a même défilé pour son ami Rabih Kayrouz lors de la Semaine de la haute couture à Paris. Cette minirévolution, a-t-elle confié, a démarré en 2015, à ses 53 ans. Bien avant elle, Christine Lagarde, à la tête du Fonds monétaire international, avait cultivé le style gris, en cavalier seul. 

Bien avant Fontanel, le Liban, aussi, a connu sa révolution contre les conventions avec Vasso Salam, architecte, qui à l’âge de 35 ans, en 1983, a imposé un style à la fois audacieux et d’une grande élégance, en laissant ses cheveux évoluer naturellement, du blond quand elle était enfant, au brun adulte, sel et poivre, puis plus blanc aujourd’hui. Elle voulait tout simplement ressembler à sa tante maternelle Anna, qu’elle aimait beaucoup. Cris offusqués de ses amies de la gente féminine, alors que ses amis et collègues hommes, censés préférer les blondes, ont apprécié. Il y a deux ans, la peintre Mouna Bassili a également suivi le cours naturel des choses (malgré les protestations de son coiffeur), un geste apprécié par un jeune homme qu’elle ne connaissait pas qui lui avoue : « Madame vous avez de beaux cheveux, dommage que ma mère n’en fasse pas autant. » Plus récemment, Asma Freiha s’est « allégée de la pâte de teinture, même si non chimique » qui collait à son cuir chevelu. « Ah non ! » ont protesté certaines copines, alors que ses petits-enfants, âgés de 13 à 23 ans, en étaient épatés. Repérée aussi dans ce sillon, la très élégante Colette Achi et ses longs cheveux blancs, Maureen Ali (cinéaste), Lina Ghaibé Khoury (professeure d’art) et la plus jeune de ces dames, l’architecte Maha Nasrallah. Ces « blandes », comme les surnomme Sophie Fontanel, viennent donc d’insérer fièrement la gamme des gris-blanc à la charte des colorants, faits pour les combattre !


Le cœur du monde, de la mode et des tendances bat au rythme de ces coolitudes. Des vibrations surprenantes, amusantes et séduisantes. Une fois toutes les deux semaines, « L’OLJ » braque ses projecteurs sur une personne, un événement, une émotion.

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