Le journaliste-vedette libanais Marcel Ghanem (c) et son avocat le député Boutros Harb (à sa gauche) s'adressant aux journalistes devant le Palais de justice, vendredi 16 février 2018, à Beyrouth. Photo Marwan Assaf
Le journaliste vedette libanais Marcel Ghanem, poursuivi, ainsi que le directeur de l'information de la chaîne LBCI, Jean Feghali, pour le contenu de l'un des épisodes de son talk-show politique, a été maintenu en liberté sous caution d'élection de domicile à l'issue de son interrogatoire vendredi au Palais de justice de Baabda, devant lequel un rassemblement en faveur de la liberté de presse a été organisé, en présence de nombreuses personnalités politiques et de journalistes.
Marcel Ghanem est poursuivi pour avoir laissé s'exprimer, dans son émission Kalam el-Nass, un journaliste saoudien qui s'était livré à des attaques en règle contre le président de la République Michel Aoun, le président du Parlement Nabih Berry, et le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, les accusant d'être "partenaires du Hezbollah dans le terrorisme". Le 2 février, le premier juge d'instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, avait rejeté le recours pour vice de forme présenté par l'avocat de M. Ghanem, le député Boutros Harb, faisant valoir que les actes attribués à M. Ghanem ne constituaient pas un crime.
"Le premier juge d'instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, a décidé de laisser Marcel Ghanem en liberté sous caution et nous attendons désormais la publication de l'acte d'accusation qui doit intervenir dans les heures ou les jours qui viennent", a indiqué Boutros Harb à l'issue de cet interrogatoire qu'il a qualifié de "bon".
"Marcel Ghanem n'a commis aucun crime", a-t-il ajouté, appelant la justice à mettre un terme aux poursuites "afin de tourner la page de ce changement de l'image du Liban". Nous considérons que le pouvoir judiciaire est indépendant et nous respectons la loi", a également affirmé M. Harb, soulignant que "les libertés de la presse au Liban et notre culture protègent les libertés publiques" .
De son côté, le journaliste vedette a estimé que la plainte n'avait "aucun fondement", ajoutant que l'interrogatoire "n'a pas été facile" et que le juge Mansour s'est montré "objectif". "Nous espérons que ce dossier sera classé afin de préserver ce qui reste du Liban", a-t-il ajouté. "Il s'agit d'une bataille des libertés qui concerne l'ensemble des journalistes. Si nous la remportons, ce serait la victoire de la liberté de la presse au Liban", a-t-il indiqué.
"Certains au sein du pouvoir ont tenté de domestiquer les médias mais ont échoué", a affirmé M. Ghanem, sans préciser à qui il faisait référence. "Ces derniers jours et ces dernières semaines, certains dossiers ont posé question", a-t-il ajouté. Plusieurs observateurs se plaignent depuis plusieurs mois d'une restriction des libertés publiques, illustrées par les poursuites lancées contre des journalistes et l'humoriste Hicham Haddad.
Pour sa part, Jean Feghali a déclaré que "la bataille de la liberté de la presse est une bataille de toutes les secondes".
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Vraiment on ne comprend plus que signifie la liberté de la presse dans notre pays qui s'appelait Liban .
16 h 45, le 16 février 2018