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Liban

Hugo Shorter réclame « des sièges pour les Libanaises »

Liban-G-B
14/02/2018

Le centenaire du droit de vote des femmes au Royaume-Uni était l’occasion, lundi, pour l’ambassadeur britannique, Hugo Shorter, de promouvoir une nouvelle fois, en sa résidence de Yarzé, l’accession des Libanaises au Parlement. Saluant « une année symbolique pour le Royaume-Uni », il a espéré qu’elle serait également « symbolique pour les femmes du Liban ». Car il est grand temps « que 50 % de la population libanaise soit représentée par plus de 3 % de son Parlement », a-t-il souligné, en référence au fait que l’hémicycle libanais ne compte que 4 femmes sur 128 sièges. Car les « femmes libanaises doivent faire entendre leur voix ». Elles « présentent des perspectives différentes et de nouvelles approches ». « Le pouvoir politique est une façon de prévenir la marginalisation. »

Hugo Shorter multiplie les arguments. Devant un parterre de candidates, de féministes, de membres de la société civile, de défenseurs des droits de l’homme, il rappelle que « tout avait bien commencé en 1952, date à laquelle la Libanaise éduquée a obtenu le droit de vote » (Elle a obtenu le droit d’être élue en 1953 et cette même année, le droit de vote a été élargi à toutes, NDLR). « Mais la machine s’est ensuite grippée », regrette-t-il. « Il ne s’agit pourtant pas que d’une affaire de femmes ». « Lorsque ces dernières s’accomplissent et développent leur potentiel, la société entière en tire profit », affirme-t-il, citant des recherches de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).


(Pour mémoire : Shorter se mobilise pour la femme libanaise en vue de sa participation à la vie politique)


Parmi les nombreux hôtes de l’ambassadeur, le ministre d’État aux Droits de la femme, Jean Oghassabian, l’ambassadrice du Canada, Emmanuelle Lamoureux, la coordonnatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Pernille Dahler Kardel, l’ancien ministre Ziyad Baroud, mais également la représentante de Women in Front, Nada Anid, le représentant du Centre libanais des droits humains, Wadih Asmar, la directrice de l’Institut des droits de l’homme au barreau de Beyrouth, Elisabeth Sioufi…

Aujourd’hui, « c’est de sièges pour les femmes qu’il s’agit », lance le diplomate, évoquant le hashtag #SeatsforWomen sur Twitter. Cela veut dire que « les femmes se battent pour leurs droits », certes. Mais « ces femmes ont aussi besoin que les personnes au pouvoir, les hommes en l’occurrence, soient prêts à partager leur pouvoir, afin de bâtir une société meilleure », soutient M. Shorter. « D’autant que les femmes multiplient les succès, dans tous les domaines. Ce qui les retient n’est donc ni l’incompétence ni le manque de volonté. Et les électeurs le savent bien. »


(Pour mémoire : Les femmes en politique : désormais une priorité dans l’agenda de tous les responsables)


Des spots publicitaires à la télé

Chiffres de l’Institut démocratique national à l’appui, l’ambassadeur révèle que « 75 % des électeurs qui ont eu la possibilité de voter pour une femme, lors des municipales de 2016, l’ont fait ». L’objectif étant, pour la grande majorité de ces électeurs, d’encourager la participation féminine à la vie politique. Autre chiffre intéressant, « 56 % de ces mêmes électeurs estiment qu’un équilibre entre les hommes et les femmes en poste est susceptible de réduire la corruption ».

S’il est largement temps pour les femmes libanaises d’obtenir des sièges dans l’hémicycle, les choses ne se sont pas faites du jour au lendemain, au Royaume-Uni. Il y a 100 ans, les femmes britanniques ont voté pour la première fois. « Mais ce n’était pas un suffrage total. Seules les femmes de plus de 30 ans, et qui étaient propriétaires, pouvaient alors voter », observe M. Shorter. Le changement était en revanche amorcé. Dix ans plus tard, le vote a été élargi à toutes les femmes de plus de 21 ans. Depuis, le Royaume-Uni a fait des pas de géant. « À l’heure où certains pays débattent encore de l’éligibilité des femmes, le pays a eu sa seconde femme Premier ministre en 2017 », rappelle-t-il.

L’engagement du Royaume-Uni auprès des femmes du Liban ne se limite pas à de simples encouragements. La deuxième secrétaire politique et chef de la communication, Nicola di Luzio, énumère les projets financièrement soutenus par l’ambassade au Liban dans ce sens. Parmi lesquels deux projets développés par Women in Front, destinés à aider les candidates à préparer leurs campagnes : « 3amne7ké siéssé » (Women do politics) et « ento min » (Qui êtes-vous). Deux spots publicitaires réalisés par l’association féministe sont déjà sur les grands écrans. Avec humour, ils dénoncent notamment le machisme ambiant et la volonté des femmes de ne plus être mises à l’écart. L’assistance est conquise. Aux partis politiques, aux électeurs et aux femmes elles-mêmes de faire leurs preuves, lance Hugo Shorter, dans un tonitruant « Yalla ! » en signe d’encouragement.


Pour mémoire

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