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Conflit

Attaques israéliennes en Syrie : le Liban va protester à l'ONU contre les violations de son espace aérien

Des fragments de missiles s'abattent à Marjeyoun et Riyak.

Un homme inspecte les reste d'un missile tombé dans la cour d'une maison dans le village frontalier de Kawaba, au Liban-Sud, le 10 février 2018. Photo AFP / Ali DIA

Le Liban a dénoncé samedi les frappes israéliennes en Syrie voisine et va adresser une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU pour protester contre "l'utilisation par Israël de l'espace aérien libanais pour mener ses attaques contre la Syrie", selon un communiqué des Affaires étrangères.

"Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a donné ses directives à la mission libanaise permanente à l'ONU afin de déposer une plainte auprès du Conseil de sécurité, condamnant Israël et mettant en garde contre la violation de l'espace aérien libanais dans le but de commettre des attaques en Syrie", peut-on lire dans le communiqué du ministère des A.E.

"La politique belliqueuse israélienne menace la stabilité de la région. C'est pour cela que le Liban demande aux Etats concernés de juguler l'action d'Israël afin qu'il cesse ses agressions", conclut le communiqué.

L'Etat hébreu a frappé samedi des cibles militaires syriennes mais aussi "iraniennes" et a perdu un de ses appareils au cours de l'opération, la plus grave du genre impliquant les trois pays depuis des années. C'est la première fois que l'armée israélienne dit ouvertement avoir pris pour cible des "cibles iraniennes" en Syrie depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l'Iran aide militairement le régime de Bachar el-Assad.

Réagissant à ces développements, le président libanais Michel Aoun s'est concerté avec le Premier ministre Saad Hariri et le chef du Législatif Nabih Berry, a annoncé la présidence. 

"Le president Aoun suit depuis l'aube les derniers développements en Syrie après les attaques israéliennes, indique un communiqué de la présidence. Il a reçu plusieurs rapports militaires et sécuritaires concernant ces attaques (...) et a été contacté par le ministre de la Défense Yaacoub Sarraf et le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun".

Le ministre de la Défense a également effectué des contacts en série avec des responsables militaires et sécuritaires libanais. Il s'est en outre entretenu au téléphone avec le chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général Michael Beary. Il lui a exprimé "le refus du Liban des attaques israéliennes et a condamné les attaques aériennes fictives effectuées par l'aviation israélienne au-dessus du Liban aujourd'hui".

Le Hezbollah a pour sa part publié un communiqué dans lequel il condamne les attaques israéliennes en Syrie. "Le Hezbollah condamne avec force l'agression israélienne persistante contre la République arabe syrienne et le ciblage répété des infrastructures militaires et civiles du pays", peut-on lire dans le communiqué du parti chiite. "Le Hezbollah salue le niveau d'alerte de l'armée arabe syrienne qui a fait face à l'aviation israélienne et a réussi à abattre un avion de combat israélien de type F-16, annonçant ainsi une nouvelle étape stratégique qui met fin aux violations de l'espace et du territoire syriens, poursuit le communiqué. Les développements d'aujourd'hui signifient la fin des anciennes équations (...)", conclut le Hezbollah.


Fragments de missiles

Selon le communiqué de la présidence de la République, des débris provoqués par les attaques se sont abattus au Liban, dans la Békaa.  L'armée libanaise a également confirmé cette information, faisant état de fragments de missiles, l'un s'étant abattu à Marjeyoun et l'autre à Riyak, dans la Békaa. La troupe a souligné ne pas connaître la provenance de ces roquettes.  Sur ses réseaux, le Hezbollah a pour sa part affirmé qu'un fragment d'une roquette antiaérienne en provenance de Syrie s'est abattu dans le village de Kawkaba, à Marjeyoun. 

Des convois de partisans du Hezbollah ont en outre circulé à la frontière sud avec Israël afin de célébrer la chute de l'avion israélien.


Photo AFP / Ali DIA


A plusieurs reprises, les Israéliens ont fait savoir qu'ils voulaient empêcher que le territoire syrien ne soit utilisé par l'Iran pour y installer des bases ou transférer des armements au Hezbollah. Depuis 2013, ils ont effectué une série de frappes contre des objectifs en Syrie, utilisant à plusieurs reprises l'espace aérien libanais.


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Le Liban a dénoncé samedi les frappes israéliennes en Syrie voisine et va adresser une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU pour protester contre "l'utilisation par Israël de l'espace aérien libanais pour mener ses attaques contre la Syrie", selon un communiqué des Affaires étrangères.

"Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a donné ses directives à la...

commentaires (7)

Protester sans avoir les moyens de SA POLITIQUE ne servira jamais à rien . L'heure est proche où l'impunité des usurpateurs prendra fin . Ces attaques ne sont faites que pour la consommation interieure , avant la grosse débandade. Comme en 2000 et 2006 . WAIT AND SEE.

FRIK-A-FRAK

13 h 20, le 11 février 2018

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Commentaires (7)

  • Protester sans avoir les moyens de SA POLITIQUE ne servira jamais à rien . L'heure est proche où l'impunité des usurpateurs prendra fin . Ces attaques ne sont faites que pour la consommation interieure , avant la grosse débandade. Comme en 2000 et 2006 . WAIT AND SEE.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 20, le 11 février 2018

  • Il faudra en effet condamner les attaques israéliennes passant du Liban en Syrie pour éviter le pire .

    Antoine Sabbagha

    22 h 18, le 10 février 2018

  • Bien sur le Liban est dans son droit et il est de son devoir de protester et demander des comptes auprès des instances habilitées. Le problème c'est que chacun va avancer des arguments légitimant sa thèse...

    Sarkis Serge Tateossian

    20 h 51, le 10 février 2018

  • JUSTe pour dire que le Liban a des voisins qui ne le respecte pas du tout que cela soit la syrie ou Israël c’sst Du pareil au même

    Bery tus

    20 h 43, le 10 février 2018

  • L,ESPACE AERIEN LIBANAIS : UNE VEUVE QUI NE FINIT POINT D,ETRE VIOLÉE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 05, le 10 février 2018

  • Le Liban devrait lâcher les amarres et quitter ce voisinage toxique... Hélas...

    Wlek Sanferlou

    18 h 24, le 10 février 2018

  • Le Liban a parfaitement raison de protester contre l'utilisation par Israël de son espace aérien. Toutefois, il ne faut pas oublier de protester aussi contre l'envoi par la Syrie de missiles au-dessus de l'espace aérien libanais.

    Yves Prevost

    17 h 23, le 10 février 2018