X

La Dernière

Baisers volés

Un peu plus
13/01/2018

« Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. » C'est ainsi que débute la tribune d'un collectif de 100 écrivaines, comédiennes, chercheuses et journalistes françaises dans Le Monde daté du 9 janvier. « Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle. »

Évidemment, ce texte, signé entre autres par une mégastar, Catherine Deneuve, l'écrivaine Catherine Millet, la dessinatrice Stéphanie Blake, l'animatrice Brigitte Lahaie ou encore l'actrice Ingrid Caven, a provoqué une vague d'indignation chez les associations féministes, mais aussi chez plusieurs ministres et politiques françaises, ainsi qu'auprès de plusieurs personnalités. Et ça tire dans tous les sens.

Et si on s'arrêtait un peu sur les questions qui taraudent les hommes et les femmes ? Comment séduire une femme aujourd'hui ? Qu'en est-il de la drague courtoise ? De la galanterie ? Du flirt ? Comment un baiser volé ne va-t-il plus se retrouver dans la case agression sexuelle ? C'est beau, un baiser volé. Un baiser à l'arraché.

Un baiser posé furtivement sur les lèvres d'une femme à la fois étonnée et amusée. Comment retenir une femme par le bras quand elle se retourne alors qu'elle a envie de rester ? Qu'elle joue au jeu de la séduction comme avant elle des millions de femmes ? Bien sûr qu'un bras attrapé violemment est une agression, mais il y a un discernement qu'on ne fait malheureusement plus. Plus de discernement entre une invitation au restaurant et une tentative d'humiliation de la part d'un homme.

Non, un homme ne sous-entend pas toujours qu'il est supérieur à la femme assise en face de lui quand il paye l'addition au restaurant lors d'un premier rendez-vous. Non, il ne cherche pas toujours à la rabaisser. Et oui, elle peut l'inviter à son tour la fois d'après. Lui concocter un repas s'il n'accepte pas. Ça ne fera pas d'elle la mannequin/ménagère d'une pub des années 50 pour une marmite. Il n'y a pas forcément de la misogynie quand c'est l'homme qui tend la main à son portefeuille. Et ce n'est pas se battre pour l'égalité des sexes que de proposer de faire moitié-moitié. C'est ridicule. Même si la femme a un meilleur salaire que le beau gosse en face d'elle. Inviter une femme, c'est faire la cour. Comme dans les grands romans, comme dans les grands classiques du cinéma. C'est rétablir les codes du jeu de l'amour (et du hasard). Et si d'aucunes considèrent ça comme une demande masquée de les sauter, elles n'aimeraient probablement pas qu'on leur dise directement : on baise ?

Si on ne rétablit pas ce lien, si on ne retrouve pas nos places originelles, celles du dominateur (naïf) et de la manipulatrice (fragile), on est foutu(e)s. Oui, la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit. Si les femmes se sont battues depuis des années, des décennies, c'est pour pouvoir se défendre. Et à un imbécile bourré qui propose un verre de whisky frelaté ou à un lourdaud plus bourrin que dandy qui dit qu'à la fin de la soirée, il embrassera la plus jolie fille de la boîte, les femmes savent – certes pas toujours – comment répondre. Au XXIe siècle, les filles et les femmes savent se défendre. Elles ne croient plus naïvement au prince charmant, même si elles en rêvent parfois. Et non, le baiser du prince à la Belle au Bois dormant pour la réveiller n'est pas une agression. Faut pas déconner. Sinon, on devrait jeter au bûcher tous les contes, tous les Disney qui les reprennent. On brûlerait Don Juan, déchirerait Les Liaisons dangereuses, monterait le seigneur Solal à l'échafaud devant sa belle. On censurerait Fitzwilliam Darcy, Julien Sorel, Jay Gatsb. On jetterait aux oubliettes James Bond, Don Draper, Hank Moody. On crucifierait Roger Vadim aux trop nombreuses conquêtes, Warren Beatty et Mastroianni.

Oui, le time des salauds is up. Mais laissez les autres venir nous chercher pour nous emmener danser, nous ouvrir la porte, nous ramener, nous rappeler. Laissez-nous le mielleux, la romance. Laissez aux petits garçons la possibilité d'offrir un Bonjus à la petite fille partageant le même banc de classe. Laissez aux petits garçons la possibilité de faire un bisou avant de s'enfuir de la cour de récréation... sans se faire punir. Les punitions, laissez-les aux femmes qui aiment ça.

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

IMB a SPO

Excellent! Faut arreter de dire et faire n'importe quoi...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SANS FLIRT IL N,Y A PAS DE COMMUNICATION ENTRE LES SEXES ! LE HARASSEMENT SEXUEL... FAUX MOT EMPLOYE... N,EST QUE DU FLIRT INNOCENT QUI PEUT ETRE REFUSE SI NON AGREE... LES ATTEINTES SEXUELLES, ELLES, SONT CONDAMNABLES...
N,ENLEVEZ PAS A L,AMOUR SES BEAUTES ! LA GALANTERIE ET LE FLIRT ! SINON CE NE SERAIT PLUS DE L,AMOUR MAIS DU BAZAR SEXUEL !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Achkar-Malezet Marie-Therese

J'adore ! Merci pour ce beau partage !

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué