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Entretien

Les proverbes de chez nous, ces perles de culture ancestrale

Dans « Dessine-moi un proverbe », l'on trouve 20 dictons libanais illustrés par les mots de Caroline Torbey et les dessins de Renée Thomas. L'auteure raconte.

Caroline Torbey et Renée Thomas espèrent pouvoir publier 10 tomes pour raconter 200 proverbes libanais.

Quelle est votre relation avec le Liban ?
Mon père est libanais, et ma mère est allemande et vietnamienne, mais elle a aussi la nationalité française puisqu'elle a vécu toute sa vie en France. J'ai vécu en Afrique pendant 16 ans. Après de brefs passages au Liban puis à Dubaï, je me suis définitivement installée à Beyrouth. Il m'était assez difficile, surtout en Afrique, de rester attachée à mes racines libanaises, d'avoir des choses qui me les rappellent.

 

Comment avez-vous eu l'idée de « Dessine-moi un proverbe » ?
L'idée d'une série de livres illustrés, dont voici le premier tome, a germé dans ma tête il y a quelques années déjà, en écoutant mon père, très attaché à sa région natale, le Liban-Nord, placer des proverbes libanais çà et là lors de nos discussions.
Ce n'était pas toujours facile pour moi de les comprendre, d'autant plus que je ne parlais pas parfaitement bien l'arabe, à l'époque. Un jour, je me suis posé la question : comment font les enfants qui n'ont pas de parents qui leur expliquent la signification de ces proverbes qu'ils entendent si souvent ?
D'où cet ouvrage, qui a pour but de toucher les enfants vivant au pays du Cèdre, mais aussi et surtout ceux de la diaspora libanaise et qui, comme moi, ont grandi ou grandissent loin de leur pays.
Au final, ce livre-là, je l'avais en tête depuis pas mal d'années, parce que pour moi, les proverbes sont vraiment le miroir d'une nation. C'est un patrimoine oral transmis de génération en génération, c'est quelque chose qui ne meurt pas. C'est comme un bijou, en fait.

 

L'ouvrage est le fruit d'une collaboration avec Renée Thomas. Pouvez-vous nous en parler ?
Je cherchais quelqu'un qui correspondait à ce que j'avais en tête pour illustrer les contes. Et quand j'ai rencontré Renée Thomas, j'ai trouvé son travail tellement magnifique que je me suis dit : « Il n'y a qu'avec elle que je peux faire ce livre. » Ce dernier s'est construit dans un dialogue permanent entre nous deux. Mais chacune avait ses propres responsabilités. Elle a fignolé la conception graphique (couleurs, mise en page, illustrations...) pendant que je travaillais le concept, les idées, le choix des proverbes, etc.
L'ouvrage recèle-t-il un objectif pédagogique précis ?
L'ouvrage a un aspect pédagogique assez important, en effet. Il explique la signification de nombreux proverbes, mais va plus loin, aussi. Chaque proverbe est associé à une région et à un animal, et donc au début, il y a une carte, et sur chaque lieu est dessiné le petit animal correspondant à un proverbe. De cette manière-là, les enfants peuvent se représenter de manière spatiale leur pays, reconnaître leur région et celles qu'il y a autour. J'ai aussi intégré des mots arabes dans mes textes, ou bien je les ai utilisés pour donner des noms à mes personnages, c'est aussi un pan éducatif du livre.

 

Y a-t-il une grande culture du proverbe au Liban ?
Oui. Je sais que les Libanais sont très patriotes et très traditionnels dans leur façon de transmettre les us et coutumes aux enfants. En revanche, ce qui est un peu dommage, c'est qu'avec toutes les technologies, la mondialisation et toute la facilité qu'on a justement de prendre ce qui est dehors, aux dépens de ce qu'on a ici, les enfants s'intéressent beaucoup plus à ce qui vient de l'étranger. Il s'agit de montrer, ici, qu'il faut s'intéresser à ce qui vient de chez nous, parce que c'est beau les origines, les racines. Finalement, quel est le meilleur moyen pour savoir où l'on va que de découvrir d'où l'on vient ?

 

Comment les enfants accueillent-ils l'ouvrage ?
L'ouvrage bénéficie du fort soutien des ministères de la Culture et de l'Éducation. Nous avons ainsi pu organiser plusieurs rencontres et ateliers avec les enfants, dans les foires de livres (sur le stand de L'Orient-Le Jour au Salon du livre francophone notamment) ou dans les écoles. Et constater que les élèves, de la CE2 à la 6e, portent un intérêt certain à leur héritage culturel et à leurs racines. Cet enthousiasme nous donne encore plus de passion pour compléter les 10 tomes prévus afin de couvrir 200 proverbes libanais. À signaler qu'une traduction arabe du premier tome ainsi qu'une autre en anglais sont prévues en 2018.

 

Pour mémoire

Signature de l'ouvrage illustré de Caroline Torbey et de Renée Thomas « Dessine-moi un proverbe »


Quelle est votre relation avec le Liban ?
Mon père est libanais, et ma mère est allemande et vietnamienne, mais elle a aussi la nationalité française puisqu'elle a vécu toute sa vie en France. J'ai vécu en Afrique pendant 16 ans. Après de brefs passages au Liban puis à Dubaï, je me suis définitivement installée à Beyrouth. Il m'était assez difficile, surtout...

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