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Liban

Non, le patrimoine historique n’est pas à vendre !

Patrimoine

Préoccupée par la fréquence des pillages et le trafic illicite des biens culturels, l'Unesco a lancé hier, au Musée national de Beyrouth, une vaste campagne de sensibilisation.

May MAKAREM | OLJ
13/12/2017

Halte au pillage des vestiges et richesses historiques. « À partir d'aujourd'hui, une campagne intitulée "The Heritage is not for sale" (al-hadara mich lil tijara) sera lancée via Facebook, YouTube, Twitter et durera six mois. Grâce à la coopération du ministère libanais de l'Information, le film appuyant la campagne, réalisé par Nancy Akl, sera diffusé sur toutes les chaînes de télévision », a annoncé hier Anne-Marie Afeiche, conservatrice du Musée national de Beyrouth, au cours d'une conférence de presse tenue au Musée national de Beyrouth par le ministre de la Culture Ghattas Khoury et le directeur du Bureau régional de l'Unesco Hamad al-Hamami, en présence du directeur général des antiquités Sarkis el-Khoury et du responsable des programmes culturels à l'Unesco Joe Kreidi.

D'une même voix, MM. Khoury et al-Hamami ont appelé les Libanais à dénoncer tout trafic de biens culturels. Ce phénomène global qui touche à l'identité même des peuples a pris une ampleur sans précédent ces dernières années et est devenu « une de nos préoccupations majeures », a souligné le directeur du Bureau régional de l'Unesco.

Pour lutter contre le trafic, l'organisation avait établi la Convention 1970, qui prévoit des mesures que les États parties s'engagent à mettre en œuvre, via des moyens législatifs, éducatifs, administratifs et pénaux, pour enrayer ce fléau.

 

(Pour mémoire : Un sanctuaire hellénistique découvert à Tyr, une première)

 

« Grâce à cette convention, des pièces importantes ont été saisies et restituées à leur pays d'origine », a-t-il indiqué, ajoutant que la résolution du Conseil de sécurité 2347 adoptée en 2017 a renforcé cet engagement, en exhortant les États membres à proposer des listes des personnes, groupes, entreprises et entités impliqués dans ce type de trafic et les priant instamment d'élaborer « une large coopération policière et judiciaire ».

La protection du patrimoine culturel est « le vecteur authentique de la mémoire et, par conséquent, une étape-clé pour la construction de la paix, particulièrement dans cette partie du monde, dont le patrimoine historique est gravement endommagé par les guerres, le vol et les pillages », a encore souligné M. al-Hamadi. Aussi, en réponse à l'urgence de la situation, la campagne « The Heritage is not for sale » (le patrimoine n'est pas à vendre), initiée par l'Unesco en partenariat avec le ministère e la Culture et la Direction générale des antiquités, a-t-elle pour objectif d'attirer l'attention au sujet de la situation actuelle, de ses dangers et au fait que la sauvegarde du patrimoine incombe à tous.

Le ministre Ghattas Khoury devait, pour sa part, souligner la recrudescence de ce fléau depuis les guerres en Irak, en Syrie, en Libye et au Yémen, où Daech et ses compères, pilleurs, contrebandiers et collectionneurs d'antiquités, fonctionnent en réseaux. M. Khoury a appelé à la mise en place d'une structure régionale, pour « lutter contre le pillage et la contrebande de biens culturels », mais aussi pour appliquer « les lois criminalisant le vol d'antiquités et renforcer les mesures de sanctions contre les acheteurs-collectionneurs ». Le ministre a mis également l'accent sur l'importance des publications recensant les objets disparus et des listes rouges d'objets culturels en péril. « C'est ainsi que nous avons pu récupérer des pièces sorties clandestinement du Liban », a-t-il souligné.

 

 

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