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La Dernière

La féerie Buccellati

Mode

Aïshti vient de créer un nouvel espace pour la joaillerie Buccellati, à l'entrée de son magasin du centre-ville. L'occasion pour Maria Cristina Buccellati de revenir à Beyrouth, une ville où elle adore se poser de temps en temps.

11/12/2017

La fille de Gianmaria Buccellati et petite-fille du fondateur Mario Buccellati est chargée de la communication de cette entreprise familiale où chaque membre a un rôle bien défini à jouer. Maria Cristina Buccellati, longue dame blonde d'une extrême élégance, connaît les œuvres et les collections de la maison comme personne, et quand elle parle des artisans qui les confectionnent, elle préfère les qualifier d'« artistes ».
Devant les vitrines blindées nouvellement agencées au rez-de-chaussée du grand magasin Aïshti, rue Moutran, au centre-ville, elle fait retirer un de ces bracelets satinés de la collection Macri, ainsi baptisée à son propre surnom par son père qui l'a dessinée. « Il s'agit de la collection vedette de la marque », commente Maria Cristina Buccellati, ajoutant que l'effet satiné de ces manchettes d'or dans lesquelles s'incrustent des étoiles en diamants est entièrement réalisé à la main par les graveurs de la maison, selon la tradition du Rigato propre à Buccellati. Car dans cette maison éminemment milanaise, fondée à l'entrée de la Scala, pas question de céder aux sirènes du laser, quitte à ce que la moindre pièce nécessite plusieurs semaines de réalisation. La sensualité des textures répond à l'émotion transmise par la main.
Notre guide, venue la veille au soir de Milan, nous explique aussi que la version en or noir de ce bracelet d'exception est en fait réalisée à partir d'une poudre de diamant noir qui s'attache à l'or jaune et s'y fond sous une certaine pression. Le motif central s'inspire du logo de la marque, motif architectural récurrent de la Renaissance italienne. Dans la collection Tulle, le précieux métal est traité en ajourage nid d'abeille, percé à la miniperceuse et raboté avec une microscie. On tombe en arrêt devant l'améthyste géante d'une version des Cocktail Rings, bagues uniques dont l'effet est tel qu'elles peuvent remplacer toute une parure. « On porte ça, on n'a besoin de rien d'autre », commente Maria Cristina Buccellati. Dans la série des Dream Bracelets ainsi baptisée parce que avant la formation de nouvelles équipes pour sa réalisation elle n'était vendue que sur liste d'attente, on découvre les complications techniques de ces bracelets manchettes qui font inévitablement briller les yeux. Certaines pièces nécessitent toujours près de neuf mois de travail. L'étoile qui orne certaines versions des Dream Bracelets est plutôt un soleil emprunté à Léonard de Vinci par Lucrezia Buccellati, quatrième génération des Buccellati, nièce de Maria Cristina, fille d'Andrea et créatrice de la maison aux côtés de son père depuis une poignée d'années. C'est d'ailleurs Lucrezia qui dessine aussi ces fascinantes bagues en forme d'ailes, extraites de la Art collection de Buccellati et empruntée à un détail de la Chute de Phaéton d'Odilon Redon. On adorera aussi la modernité de la collection Hawaï, dessinée pourtant dans les années 30 du siècle dernier pour évoquer, en un joyeux enchevêtrement de cercles d'or, les colliers de fleurs hawaïens.
En cette saison où il fait bon rêver, autant rêver à ces œuvres que seul rend possible le savoir-faire d'artisans magiciens.

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