X

À La Une

Catalogne : maintien en détention de quatre dirigeants séparatistes

crise

Carles Puigdemont, exilé à Bruxelles, tente d'éviter d'être renvoyé en Espagne.

 

OLJ/AFP
04/12/2017

La justice espagnole a refusé lundi la liberté provisoire à quatre dirigeants séparatistes poursuivis pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, dont le président destitué en exil à Bruxelles tente d'éviter d'être extradé en Espagne.

La décision de la justice espagnole est tombée à quelques heures du lancement officiel de la campagne pour les élections régionales du 21 décembre en Catalogne, convoquées par Madrid en réponse à la proclamation d'indépendance de cette riche région du nord-est de l'Espagne.

Le juge d'instruction de la Cour suprême espagnole a décidé lundi de maintenir en détention provisoire le vice-président catalan destitué Oriol Junqueras et trois autres inculpés, et de libérer sous caution six autres anciens "conseillers" (ministres) de l'exécutif catalan.

M. Junqueras, l'ancien "conseiller" de l'Intérieur Joaquim Forn et les chefs des associations séparatistes Asemblea nacional catalana ANC, Jordi Sanchez (qui a démissionné depuis pour être candidat), et Omnium Cultural, Jordi Cuixart, resteront en prison en raison du "risque de récidive", selon un communiqué de la cour.

Les six autres dirigeants détenus ont été remis en liberté lundi soir après le paiement d'une caution de 100.000 euros chacun, versée par l'ANC.

Entre-temps, le président déchu Carles Puigdemont et quatre autres membres de l'ancien exécutif catalan qui s'étaient exilés en Belgique pour échapper aux poursuites ont retrouvé lundi à Bruxelles le juge chargé de statuer sur les mandats d'arrêt européens émis à leur encontre par Madrid.

Tous sont poursuivis pour avoir participé au processus de sécession de la Catalogne, qui a débouché le 27 octobre sur une proclamation unilatérale de la "République catalane". Le gouvernement espagnol avait réagi immédiatement en plaçant la région sous tutelle, destituant le gouvernement régional et dissolvant le Parlement pour convoquer un nouveau scrutin à la fin du mois.

Douze des treize membres du gouvernement déchu sont candidats aux élections, dont M. Puigdemont qui prétend en cas de victoire être rétabli comme "président légitime" de l'exécutif catalan. Mais cinq seulement pourront faire campagne sur le terrain.

 

(Lire aussi : Pour le préfet de Catalogne, l'indépendantisme est à son "point final")

 

Campagne contre la 'répression'
Le maintien en prison d'Oriol Junqueras, dont le parti Esquerra Republicana Catalana (ERC, gauche républicaine) est donné gagnant dans les sondages, et des trois autres inculpés devrait dominer la campagne.

En effet, ERC, la liste de M. Puigdemont Junts per Catalunya et le petit parti d'extrême gauche de la CUP font campagne séparément mais se rejoignent pour réclamer la libération des "prisonniers politiques" et dénoncer la "répression" de l'Etat. "Junqueras est en prison parce qu'ils en ont peur, parce qu'ils savent que c'est le meilleur candidat", a réagi la tête de liste d'ERC, Marta Rovira.

A Bruxelles, les cinq ex-dirigeants visés par un mandat d'arrêt européen (MAE) après leur fuite en Belgique le 30 octobre, ont été entendus par le juge de la chambre du conseil néerlandophone qui doit statuer sur leur sort.

Le juge rendra sa décision le 14 décembre, ont annoncé après l'audience leurs avocats, qui ont prévenu que, quelle qu'elle soit, ils épuiseraient toutes les voies de recours pour rester en Belgique, au moins au-delà du 21 décembre, date des élections régionales.

Le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy espère que le scrutin dégagera une majorité opposée à l'indépendance, mais les sondages restent très serrés. Aux dernières élections en 2015, les indépendantistes avaient remporté la majorité absolue des sièges au Parlement régional avec 47,8 % des voix.

Un sondage publié lundi par le Centre d'études sociologiques (CIS) du gouvernement espagnol prévoit qu'ils recueilleraient 44,4% des voix et 66 à 67 sièges sur 135, juste en dessous de la majorité absolue de 68. Les trois partis opposés à l'indépendance - Ciudadanos (libéral), le Parti socialiste catalan, et le Parti Populaire au pouvoir à Madrid - rassembleraient 44,3% des votes, et ne décrocheraient que 59 à 60 sièges.

 

 

Pour mémoire

Puigdemont s'en prend à Madrid et crée des remous en Belgique

La question catalane et le Moyen-Orient

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Stes David

Il y aura donc des élections donc en Catalogne mais il y a des limites à la démocratie: quelle sera la loi électorale - ce n'est pas démocratique que les voteurs espagnols décident ce qui se passe en Catalogne; l'idéntité des catalans est différente que l'identité espagnole (ou française). L'Espagne - et la France - ferront mieux de reconnaître ce fait et de se montrer plus constructif et moderé vers les Catalans. Malheureusement je crains que la France ne va pas du tout vers cela et plutot supporter l'approche de l'Espagne contre les Catalans; on l'a déjà vu avec Macron ...

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Sommet de Helsinki : le Liban attend aussi...

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué