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Après sa rencontre avec Raï à Riyad, Hariri annonce son retour "dans les deux prochains jours"

Liban

Le patriarche maronite reçu par le roi Salmane d'Arabie, une première.

OLJ
14/11/2017

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a déclaré mardi depuis l'Arabie saoudite, où il effectue une visite historique depuis lundi, être "convaincu par les motifs de la démission du Premier ministre Saad Hariri", selon des propos rapportés par notre envoyée spéciale à Riyad, Tilda Abou Rizk. Selon le patriarche, M. Hariri "va très prochainement rentrer au Liban".  Et Mgr Raï d'assurer : "Rien n'affectera nos relations avec Riyad". Dans leur discours, le roi d'Arabie et le prince héritier ont, de leur côté, salué "le Liban neutre, pluraliste, ouvert et ami de tous les peuples".

Cette visite, qui symbolise un rare moment d'échange interreligieux dans le royaume ultraconservateur, qui recèle les lieux les plus saints de l'islam, intervient alors que les relations entre le Liban et l'Arabie saoudite connaissent des tensions après la démission de M. Hariri, annoncée le 4 novembre depuis Riyad, sur fond de conflit avec l'Iran et le Hezbollah. Il s'agit de la première visite en Arabie saoudite d'un haut responsable libanais depuis cette annonce.

Quelques minutes après les déclarations du patriarche, Saad Hariri s'est affiché sur Twitter. Il a affirmé qu'il se portait bien et qu'il rentrerait au Liban "dans les deux prochains jours".

"Les amis, je vais bien et si Dieu le veut je rentre dans les deux prochains jours. Nous devons rester calmes, ma famille est chez elle en Arabie saoudite, le royaume du bien", a écrit M. Hariri sur Twitter.

M. Hariri s'était entretenu peu auparavant avec Mgr Raï au lieu de résidence de ce dernier. Les journalistes, notamment libanais, n'ont pas été autorisés à assister aux rencontres du patriarche.


Depuis l'annonce de sa démission, M. Hariri n'est pas rentré au Liban pour présenter officiellement sa démission. Et ce malgré les appels unanimes de la classe politique libanaise, y compris de la part du Courant du Futur, le parti de M. Hariri. Ces derniers jours, plusieurs hauts responsables libanais ont même affirmé que le Premier ministre est retenu contre son gré dans la capitale saoudienne. Mais dans une première interview depuis sa démission, Saad Hariri a affirmé dimanche qu'il allait rentrer "très bientôt" dans son pays, assurant être "libre" en Arabie saoudite.

 

(Lire aussi : Bassil de l'Elysée : C'est le Liban qui décide de sa politique interne et externe)

 

 

"Rejet de la violence, de l'extrémisme et du terrorisme"
Plus tôt dans la journée, le roi Salmane avait reçu le patriarche maronite, une première historique en Arabie saoudite qui intervient notamment au moment où Riyad accentue la pression sur le Liban pour tenter d'isoler le Hezbollah, formation pro-iranienne membre du gouvernement.  Selon un communiqué de l'agence de presse saoudienne SPA, Mgr Raï et le roi Salmane ont insisté lors de leur rencontre sur "l'importance des différentes religions et cultures dans la concrétisation du pardon et du rejet de la violence, de l'extrémisme et du terrorisme, de même que l'instauration de la sécurité et la paix pour les peuples de la région et du monde".

Le patriarche a également été reçu par le prince héritier Mohmmad ben Salmane et s'est entretenu avec l'émir de Riyad, Fayçal ben Bandar ben Abdel Aziz, qui a offert un déjeuner en l'honneur du chef de l'Église maronite. Mgr Raï est revenu en soirée au Liban et se rendra par la suite au Vatican.

"La visite du patriarche Béchara Raï souligne l'approche du royaume en faveur de la coexistence pacifique, de la proximité et de l'ouverture à toutes les parties de la population arabe", a écrit sur Twitter le ministre saoudien chargé des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan.

 

(Lire aussi : Démission de Hariri : "Le Liban officiel décidera de l'étape suivante avant dimanche", affirme Bassil)

 

Lundi soir, le patriarche a rencontré la communauté libanaise de Riyad. "Nous allons maintenir une amitié forte entre l'Arabie saoudite et le Liban", a-t-il déclaré à l'ambassade du Liban à Riyad. "C'est notre histoire, même si nous avons parfois eu des relations orageuses. Il y a une histoire d'amitié avec ce cher royaume", a-t-il ajouté. Dans son allocution, le patriarche maronite a rendu un vibrant hommage au roi Salmane ben Abdel Aziz, ainsi qu'au prince héritier Mohammad ben Salmane pour l'attention qu'ils portent aux Libanais installés au royaume. "Je n'imaginais pas pouvoir venir un jour ici", a lancé le patriarche, acclamé à plusieurs reprises par l'audience.

La démission de M. Hariri, qui a plongé le Liban dans la crise, est survenue alors que la tension monte entre l'Arabie saoudite, sunnite, et l'Iran chiite, qui soutiennent des parties opposées dans des conflits comme ceux que connaissent notamment la Syrie et le Yémen.

 

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Wlik Sanferlou

"Si tu as de la foi comme un petit grain de moutarde, Tu pourras dire à cette montagne: arrache-toi, et jette-toi dans la mer et la montagne bougera de là"

Pas besoin d'imagination juste un peu de foi.

Wlik Sanferlou

Qu il revienne ou non, premier ministre ou non, ce qu il avait déclarer valait tout ce brouhaha.

Bery tus

ET maintenant les tenants de l’enlèvement vont dire quoi?

Gebran Eid

TITI TITI.....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE VISITE REUSSIE ! L,ARABIE SAOUDITE L,AMI ETERNEL DU LIBAN !

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