X

À La Une

Téhéran appelle Riyad à ne pas jouer avec le feu

tensions

"Si vous pensez que l'Iran n'est pas votre ami et que les États-Unis et le régime sioniste sont vos amis, vous faites une erreur stratégique et de calcul", a lancé le président iranien à l'adresse des dirigeants saoudiens.

OLJ/AFP
08/11/2017

Le président iranien Hassan Rohani a adressé mercredi une sérieuse mise en garde à l'Arabie saoudite, lui conseillant de ne pas jouer avec le feu, après une exacerbation des tensions entre les deux puissances rivales au Moyen-Orient.

La veille, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait accusé l'Iran "d'agression directe" contre son pays après l'interception d'un missile tiré sur Riyad par les rebelles yéménites houthis, soutenus par Téhéran qui a démenti toute implication.

"Vous connaissez la puissance et la place de l'Iran dans la région. Des plus grands que vous s'y sont cassé les dents. Vous n'êtes rien!" a lancé M. Rohani à l'adresse des dirigeants saoudiens, lors d'un discours retransmis par la télévision d'État.

"Les États-Unis et leurs alliés ont mobilisé tous leurs moyens contre nous et n'ont rien pu faire", a ajouté le président iranien, faisant référence à la guerre dévastatrice déclenchée en 1980 par l'Irak contre la jeune République islamique d'Iran, avec le soutien des pays occidentaux et arabes. Le conflit s'était achevé huit ans plus tard par un retour au statu quo ante.

Téhéran et Riyad ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 après le saccage de l'ambassade saoudienne à Téhéran lors d'une manifestation de colère contre l'exécution d'un dignitaire religieux chiite en Arabie saoudite. Les deux pays, gros producteurs d'hydrocarbures, soutiennent des camps opposés dans les principaux conflits au Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Irak) et s'opposent aussi sur la situation au Liban et à Bahreïn.

 

(Lire aussi : MBS prêt à la guerre totale contre l'Iran)

 

"Erreur stratégique"
"Si vous pensez que l'Iran n'est pas votre ami et que les États-Unis et le régime sioniste sont vos amis, vous faites une erreur stratégique et de calcul", a encore ajouté le président iranien, faisant écho à de récents propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu selon qui la "menace" iranienne contribue à un rapprochement inédit entre l'État hébreu et ses voisins arabes.

Depuis le tir d'un missile balistique des rebelles houthis samedi soir au-dessus de l'aéroport de Riyad, l'Arabie saoudite et l'Iran se livrent à une violente passe d'armes au sujet du Yémen. Les autorités saoudiennes accusent l'Iran d'être derrière ce tir qui pourrait, selon elles, "équivaloir à un acte de guerre".  L'Iran a rejeté ces accusations et plaidé pour l'apaisement mais la Maison Blanche a pris fait et cause pour Riyad contre Téhéran. L'Union européenne a appelé toutes les parties au calme.

Devant ses ministres, M. Rohani a exhorté l'Arabie saoudite -qui dirige depuis 2015 une coalition arabe au Yémen en soutien aux forces gouvernementales- à cesser les bombardements sur les régions contrôlées par les Houthis et à mettre fin au blocus qu'elle impose à ce pays.

 

(Lire aussi : Riyad peut-il former un bloc sunnite contre Téhéran ?)

 

"Diplomatie" contre "bombardements"
Ce regain de tension entre Riyad et Téhéran intervient en une période d'incertitudes provoquée par la remise en cause par Washington de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, le président américain Donald Trump s'est attaché à revigorer l'alliance entre Washington et Riyad, négligée par son prédécesseur Barack Obama.

Sur son compte Twitter, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a appelé mercredi à trouver une issue pacifique au Yémen plutôt qu'à "créer de nouvelles crises par des bombardements et des menaces".  "Il n'y a aucune crise qui ne peut être résolue par la diplomatie. Nous l'avons déjà prouvé", a-t-il ajouté en faisant référence à l'accord sur le nucléaire de 2015.

D'autre part, le quotidien conservateur iranien Kayhan a été condamné à une suspension de deux jours (samedi et dimanche) pour avoir titré lundi en première page : "Tir de missile des Ansar Allah (rebelles houthis) contre Riyad, la prochaine cible sera Dubaï". Selon l'agence officielle Irna, la justice a donné raison au Conseil suprême de la sécurité nationale, pour qui ce titre est "contraire à la politique de la République islamique dans la région".

 

 

Lire aussi

Une nouvelle politique saoudienne au Liban

Après la purge, les autorités saoudiennes veulent rassurer les investisseurs

Purge en Arabie : quand les réseaux sociaux se mêlent de politique

Les Houthis menacent d'étendre le conflit yéménite à l'Arabie et aux Emirats

Israël va-t-il s'inviter dans la danse de mort régionale ?

Mohammad ben Salmane, ou l'hubris du pouvoir

L’Iran, ou la nostalgie de l’Empire perse

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HAHAHA ! EXACTEMENT CE QUE LES AMERICAINS DISENT A TEHERAN... NE JOUEZ PAS AVEC LE FEU !

Bery tus

Mr Rohani comme vus dites il est meilleur de preserver la paix c'est excellent ... alors puisque vous dites que les pays IRAK, LIBAN, SYRIE, YEMEN, DANS UNE MOINDRE MESURE LE QATAR (QUE VOUS ET VOS INFEODER AVAIT MIS PAR TERRE EN PROPAGANDE) NE SAURAIT PRENDRE DES DECISIONS STRATEGIQUE SANS EN CONSULTER L'IRAN PARTANT DE LA POURQUOI ALORS NE PAS USER DE VOS PRIVILEGES AFIN DE JUSTEMENT CALMER ET RAMENER LA PAIX EN PREMIER AU YEMEN ici vous auriez fait 1 pierre 2 coups, SYRIE, IRAK .... CE SERAIT LA UN BEL EXEMPLE DE UNE DES PLUS GRANDES PREUVES DE VOS INTENTIONS ET SURTOUT DE 1 CELA AVANTAGERA VOS SUPPORTERS BLIND COLOR sur leur terrain respectif, de 2 cela vous redorera énormément votre image voir a la confirmer en occident !!

n'est ce pas la, la meilleur strategie a employer, si vous vouliez vraiment la paix au MO !?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET L,AYATOLLAH ROHANI DOIT SE MEFIER DE LA PUISSANCE AJOUTEE DES AUTRES... LES ENNEMIS DE SON PAYS SE MULTIPLIENT... ENTRE AUTRE LE MASTODONTE !

C.K

Et sur un autre sujet, moi ce qui m'intrigue c'est le mauvais goût innommable de ce salon, reflet de l'orgueil démesuré des nouveaux maitres enturbannés de ce pays mythique.

Le Faucon Pèlerin

En Iran, en Arabie, au Yemen, en Irak, en Syrie, au Liban, en Israël... tout le monde chante :
Malbrough s'en va-t-en guerre,
Miroton, miroton, mirontaine...

Allah ynajjina (Que Dieu nous en épargne).

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le compromis présidentiel et les dommages collatéraux

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants