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À La Une - sécurité

Faut-il rapatrier en France les femmes et enfants de jihadistes ?

Dans un pays toujours marqué du souvenir des sanglants attentats de 2015, en partie perpétrés par des "revenants" de Syrie, le gouvernement redouble de prudence.

Selon le gouvernement français, environ 1.700 Français sont partis rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes depuis 2014. Photo d'archives / AFP

Que faire des femmes et enfants de jihadistes français capturés en Irak et Syrie ? Appelé par des familles à les rapatrier en France, le gouvernement se garde bien de s'engager, signe de son embarras face à l'épineux dossier des "revenants".

Amine Elbahi n'a plus de nouvelles de sa sœur depuis un bref coup de téléphone en février dernier. En août 2014, à 19 ans, Leïla (prénom modifié, ndlr) avait quitté sa famille de Roubaix (Nord), pour gagner la Syrie et la région de Raqqa, capitale du groupe État islamique (EI). Veuve d'un combattant français de l'EI, elle a deux enfants de 1 et 2 ans, "élevés sous les bombardements", dit son frère à l'AFP.

Raqqa est tombée il y a deux semaines, reprise à l'EI par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui a, depuis, arrêté nombre de familles, dont des françaises, liées à l'EI.

Amine qui pense sa sœur et ses neveux aux mains des FDS, a écrit vendredi dernier au président français Emmanuel Macron pour lui demander de "permettre aux mineurs et aux femmes avec enfants (français) de rentrer en France" et aux secondes d'y être jugées en fonction de leurs actes.

 

(Lire aussi : Comment un ex-soldat syrien se retrouve condamné en Suède pour « crimes de guerre »)

 

Quelques jours plus tôt, une vingtaine de "parents, grands-parents et proches des jeunes filles parties en Syrie ou en Irak" ont eux aussi envoyé une lettre en ce sens au chef de l'État français et à ses ministres. Ils y dénoncent l'absence de dispositif prévu pour le rapatriement de ces Françaises et de leurs enfants, "dont la moitié seraient âgés de moins de six ans", et soulignent que rien n'empêche la France de juger ces femmes sur son sol si elle le veut.

Chez les Français, il y a des combattants, "mais aussi des gens, notamment des femmes, qui sont parties pour de mauvaises raisons, parce qu'on leur a fait miroiter des choses fausses, de la propagande, ou parce qu'elles se sont fait piéger sur place", souligne Martin Pradel, avocat représentant certaines de ces familles.

 

(Lire aussi : L'EI a perdu Raqqa, mais où sont passés les jihadistes ?)

 

"Cas par cas"
Les signataires, parmi lesquels des grands-parents de ces enfants, demandent également à pouvoir avoir la garde de ces derniers une fois rapatriés en France, et réclament, comme Amine Elbahi, la mise en place d'un "bureau chargé d'encadrer les familles", qui se disent livrées à elles-mêmes face aux administrations.

Selon le gouvernement français, environ 1700 Français sont partis rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes depuis 2014. Sur ce total, 278 sont morts - chiffre qu'il admet lui-même sous-évalué - et 302 sont revenus en France à ce jour : 178 hommes (dont 120 écroués), 66 femmes (dont 14 ont été écrouées) et 58 mineurs, la plupart de moins de 12 ans. Les autres ont été capturés en Syrie ou Irak, tués dans les combats ou ont fui vers les derniers territoires tenus par l'EI ou d'autres foyers jihadistes (en Libye notamment).

 

(Lire aussi : Le retour dans leur pays d'au moins 5.600 jihadistes, un "défi énorme pour la sécurité")

 

Dans une France toujours marquée du souvenir des sanglants attentats de 2015, en partie perpétrés par des "revenants" de Syrie, le gouvernement redouble de prudence.

Le sort des Français arrêtés dans les zones de conflits dépend du pays, a précisé mardi la ministre des Armées Florence Parly. S'ils se trouvent en Irak, les adultes peuvent être jugés sur place, et le sort des enfants "est étudié au cas par cas", en tenant compte de la volonté des parents.

La situation est moins claire pour la Syrie où "si des ressortissants français" y "sont entre les mains de différentes autorités, un signalement est fait auprès du Comité international de la Croix-Rouge (CICR)", a expliqué Mme Parly sans donner plus de précisions sur le sort final des personnes concernées, adultes ou enfants.

Pas de quoi satisfaire les signataires des lettres au président de la République, qui l'appellent à ne pas faire juger les femmes en Irak ou en Syrie, pays qui, soulignent-ils, "appliquent la peine de mort et pratiquent systématiquement torture, harcèlement sexuel et viol" et pourraient les condamner pour terrorisme comme les combattants.

Amine Elbahi continuera lui à se battre pour que sa sœur et ses neveux reviennent un jour en France. Car il en est sûr, "si on interdit à tous ces Français, notamment les enfants, de revenir sur leur territoire, on risque à terme de créer de nouvelles tensions et une nouvelle génération de jihadistes".

 

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commentaires (3)

MEGA ERREUR QUE DE LE FAIRE !

MON CLAIR MOT A GEAGEA CENSURE

09 h 18, le 02 novembre 2017

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Commentaires (3)

  • MEGA ERREUR QUE DE LE FAIRE !

    MON CLAIR MOT A GEAGEA CENSURE

    09 h 18, le 02 novembre 2017

  • Ceux qui ont choisi de partir se battre au nom de la terreur djihadiste ont choisi de perdre la nationalité française. Il ne faut pas s’apitoyer sur leur sort.

    Saleh Issal

    07 h 24, le 02 novembre 2017

  • ils ont voulu partir là-bas, qu'ils restent là-bas. quand on les écoutent , ils jouent les pauvres victimes. ils ont rien fait, que la vie était dure si ils reviennent en France, ils savent qu'ils vont presque rien avoir comme peine de prison. et en plus les femmes vont recevoir les allocations familiales et femmes seules

    Talaat Dominique

    00 h 04, le 02 novembre 2017

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