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Procès

Turquie : 11 militants des droits de l'Homme jugés pour "terrorisme"

Neuf des accusés sont en détention préventive, comme Idil Eser, directrice d'Amnesty International en Turquie, et Taner Kiliç, président de l'ONG dans le pays, ainsi qu'un ressortissant allemand et un Suédois.

Des manifestants venus soutenir les 11 défenseurs des droits de l'Homme jugés à Istanbul, le 25 octobre 2017. AFP / YASIN AKGUL

Onze militants des droits de l'Homme, dont la directrice d'Amnesty International en Turquie, ont rejeté mercredi les accusations de "terrorisme" qui sont portées contre eux lors d'un procès à Istanbul qui suscite l'inquiétude de la communauté internationale.

Neuf des accusés sont en détention préventive, comme Idil Eser, directrice d'Amnesty International en Turquie, et Taner Kiliç, président de l'ONG dans le pays, ainsi qu'un ressortissant allemand et un Suédois.

M. Kiliç est accusé d'"appartenance à une organisation terroriste armée" et les autres d'"aide à une organisation terroriste armée". Ils risquent jusqu'à 15 ans de prison.
"Je rejette toutes ces accusations (...) Défendre les droits de l'Homme n'est pas un crime", a lancé Mme Eser lors du procès, selon une journaliste de l'AFP présente dans la salle d'audience.

Ali Gharavi, le ressortissant suédois arrêté, s'est dit "innocent de toutes ces accusations", ajoutant que l'acte d'accusation était "plein de noms d'organisations (...) qu'(il) ne (connaît) même pas".

Rejetant des accusations "infondées", Amnesty dénonce un "procès pour l'exemple" visant à intimider les militants des droits de l'Homme en Turquie dans un contexte d'érosion des libertés depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.

Après le putsch manqué, les autorités ont lancé des purges massives contre les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme l'instigateur du coup de force, mais aussi contre des opposants et critiques du président Recep Tayyip Erdogan.
M. Gülen, installé aux Etats-Unis, dément toute implication dans la tentative de putsch.

 

(Lire aussi : "N'isolez pas la Turquie !", l'appel d'écrivains victimes de la répression)

 

'Allégations extravagantes'
La plupart des militants jugés mercredi ont été arrêtés en juillet lors d'un atelier de formation qui se tenait sur l'île de Büyükada, au large d'Istanbul.
M. Kiliç a été arrêté en juin, soupçonné de liens avec le putsch manqué. Son dossier et celui des 10 autres militants ont ensuite été fusionnés.

Les militants sont accusés d'avoir voulu semer le "chaos" pour favoriser des manifestations anti-gouvernementales, sur le modèle de celles du printemps 2013 qui ont fait trembler le pouvoir de M. Erdogan, alors Premier ministre.
Selon l'acte d'accusation, les prévenus auraient aidé pas moins de trois "organisations terroristes" : le mouvement du prédicateur Gülen, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et un groupuscule d'extrême gauche appelé DHKP-C.
"Je ne connais que de nom certaines des organisations terroristes auxquelles je suis censé appartenir", s'est étonné le ressortissant allemand jugé mercredi, Peter Steudtner, qui plaide "non coupable".

Pour Amnesty, l'accusation est constituée d'"allégations extravagantes assimilant des activités classiques de défense des droits humains à l'apport d'une assistance à des organisations terroristes".

L'arrestation des militants et leur renvoi en justice ont renforcé les craintes liées aux atteintes aux libertés en Turquie depuis le putsch manqué : plus de 50.000 personnes ont été arrêtées, dont des journalistes critiques et membres de la société civile.
Le philanthrope Osman Kavala a ainsi été interpellé la semaine dernière à Istanbul.

 

(Lire aussi : Le prix Vaclav Havel 2017 décerné à un magistrat turc emprisonné)

 

Londres et Paris 'préoccupés'
M. Kiliç est accusé d'avoir utilisé l'application de messagerie cryptée ByLock, moyen de communication des putschistes, selon Ankara. Mais Amnesty affirme que deux expertises indépendantes de son téléphone n'ont révélé aucune trace de l'application.
M. Steudtner et M. Gharavi intervenaient comme formateurs lors de l'atelier organisé à Büyükada.

L'interpellation du militant allemand a fortement tendu les rapports entre Ankara et Berlin qui, dans la foulée de son arrestation, avait annoncé une réorientation de sa politique, notamment économique, à l'égard de la Turquie.
La Suède a convoqué l'ambassadeur de Turquie à propos de M. Gharavi, se disant "inquiète" des accusations portées contre lui.

La France, dont le consul général à Istanbul assistait au procès, a fait part lundi de sa "vive préoccupation", ajoutant par la voix de son ministère des Affaires étrangères qu'elle "(demandait) la libération rapide des militants encore en détention".

En outre, le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a indiqué sur Twitter avoir fait part lors d'un entretien téléphonique avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu de la "profonde préoccupation" de Londres au sujet du procès.

 

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Pour mémoire

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Onze militants des droits de l'Homme, dont la directrice d'Amnesty International en Turquie, ont rejeté mercredi les accusations de "terrorisme" qui sont portées contre eux lors d'un procès à Istanbul qui suscite l'inquiétude de la communauté internationale.


Neuf des accusés sont en détention préventive, comme Idil Eser, directrice d'Amnesty International en Turquie, et Taner...

commentaires (2)

RIDICULE ! TOUT LE MONDE SAIT QUE CE SONT DES PURGES MONTES DU MINI SULTAN ERDO...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 33, le 25 octobre 2017

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Commentaires (2)

  • RIDICULE ! TOUT LE MONDE SAIT QUE CE SONT DES PURGES MONTES DU MINI SULTAN ERDO...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 33, le 25 octobre 2017

  • Avec la dictature ferme et sauvage du président Recep Tayyip Erdogan on ne peut s'attendre à mieux .

    Antoine Sabbagha

    16 h 36, le 25 octobre 2017