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À La Une - crise

Guerre des visas : Erdogan s'en prend à l'ambassadeur des États-Unis

Le président turc annonce le boycott de l'ambassadeur américain à Ankara, John Bass.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé mardi 10 octobre 2017 le boycott de l'ambassadeur américain à Ankara. AFP / ANDREJ ISAKOVIC

La Turquie a laissé éclater sa colère mardi après la décision des États-Unis de réduire leurs services de délivrance de visas en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan annonçant le boycott de l'ambassadeur américain à Ankara.

"Nous ne le voyons plus comme le représentant des États-Unis en Turquie", a déclaré M. Erdogan, ajoutant que l'ambassadeur américain John Bass, en partance pour l'Afghanistan, ne serait pas reçu par le gouvernement turc avant son départ d'Ankara dans les prochains jours.

Déjà tendues depuis plusieurs mois, les relations entre la Turquie et les États-Unis, deux pays partenaires au sein de l'OTAN, ont viré à l'orage après l'inculpation pour "espionnage", la semaine dernière, d'un employé turc du consulat américain à Istanbul. L'employé en question est accusé par la justice turque d'être lié au prédicateur en exil aux États-Unis Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016.

En réaction à son arrestation, l'ambassade des États-Unis à Ankara a annoncé dimanche la suspension de l'essentiel des services de délivrance des visas dans les missions diplomatiques américaines en Turquie. Ankara a pris une mesure similaire.

Si les dirigeants turcs manifestent leur mécontentement, ils se sont gardés jusqu'à présent de s'en prendre au président Donald Trump, concentrant leurs critiques sur l'ambassadeur américain, désigné comme l'instigateur de la suspension des visas.
"Si l'ambassadeur américain a pris cette décision de son propre chef, alors les dirigeants des États-Unis ne devraient pas le maintenir en poste une minute de plus", a déclaré mardi M. Erdogan, qui s'exprimait lors d'un déplacement en Serbie. "Ils devraient lui dire +Qui t'a autorisé à brouiller les relations entre la Turquie et l'Amérique de la sorte+?" a-t-il poursuivi.

 

(Lire aussi : Qu’y a-t-il derrière les tensions entre Washington et Ankara ?)

 

"Agents"
M. Erdogan a également défendu l'arrestation de l'employé turc du consulat américain à Istanbul, affirmant que la police turque avait récolté des éléments prouvant que "quelque chose se tramait" là-bas.

Peu avant, le Premier ministre Binali Yildirim avait affirmé que la Turquie n'avait pas à "demander la permission" des États-Unis avant d'arrêter des employés des représentations américaines.

Lundi soir, l'ambassadeur Bass a affirmé que les autorités turques n'avaient présenté aucune preuve étayant les accusations contre cet employé, se demandant si l'objectif de son arrestation n'était pas de "perturber la coopération" entre la Turquie et les États-Unis.

Élément qui risque d'alimenter la crise, un autre employé turc du consulat américain à Istanbul est sous le coup d'une convocation de la justice turque. "Il faut que les Américains se posent cette question : comment ces agents ont-ils fait pour infiltrer leur consulat général à Istanbul?", a déclaré mardi M. Erdogan.

Cette guerre inédite des visas survient après des mois de disputes sur plusieurs fronts, à commencer par la Syrie, où la Turquie reproche aux États-Unis d'appuyer des milices kurdes qu'elle considère comme "terroristes".

Autre sujet de discorde, l'extradition du prédicateur Gülen réclamée, sans succès, par Ankara depuis la tentative de coup d'État. M. Erdogan a récemment suggéré qu'il était prêt à l'"échanger" contre un pasteur américain détenu en Turquie.

 

(Pour mémoire : Washington "troublé" par l'arrestation d'un employé de son consulat à Istanbul)

 

"Dialogue"
Les récentes inculpations aux États-Unis de gardes du corps de M. Erdogan accusés d'avoir malmené des manifestants à Washington, ainsi que d'un banquier et d'un ancien ministre turcs accusés d'avoir enfreint les sanctions contre l'Iran, ont suscité l'ire d'Ankara.

Alors que les relations se sont dégradées avec les États-Unis et d'autres pays occidentaux depuis le putsch manqué de juillet 2016, la Turquie s'est rapprochée de la Russie avec laquelle elle collabore étroitement sur la Syrie.

Pourtant, l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche avait fait naître l'espoir chez les Turcs d'une embellie des relations bilatérales, qui s'étaient dégradées à la fin de la présidence de Barack Obama.
Soulignant que la crise des visas affectait les citoyens des deux pays, M. Yildirim a exhorté mardi les États-Unis à "résoudre sans délai le problème".

Signe qu'Ankara ne souhaite pas rompre avec Washington, le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek a déclaré mardi : "Nous allons résoudre nos problèmes avec les États-Unis par le dialogue".

 

 

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"Nous ne le voyons plus comme le représentant des États-Unis en Turquie", a déclaré M. Erdogan, ajoutant que l'ambassadeur américain John Bass, en...
commentaires (2)

YIA VACHE ! YIA VACHE ! YIA BABA MINI SULTAN ERDO... ALLEZ-Y PIANO SINON L,ORGUE Y JOUERA DE L,AUTRE COTE !

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

20 h 12, le 11 octobre 2017

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Commentaires (2)

  • YIA VACHE ! YIA VACHE ! YIA BABA MINI SULTAN ERDO... ALLEZ-Y PIANO SINON L,ORGUE Y JOUERA DE L,AUTRE COTE !

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    20 h 12, le 11 octobre 2017

  • L'hypocrisie, la violence et l'insolence de la Turquie ! Quelques lignes du quotidien "LIBÉRATION" ce soir : Ainsi, la Turquie qui a créé dans sa zone d’occupation chypriote une «république turque» pour quelque 200.000 Chypriotes turcs, dénie aux 7,5 millions de Kurdes irakiens le droit à un Etat indépendant. Son président islamiste, qui réclame la levée du blocus contre Gaza, menace de fermer sa frontière avec le Kurdistan irakien, d’empêcher ses exportations de pétrole voire d’y intervenir militairement. Cela alors que depuis vingt-cinq ans le Kurdistan autonome a prouvé qu’il ne constituait pas une menace pour la sécurité de ses voisins turcs et iraniens et qu’il est même devenu, selon les années, le deuxième ou le troisième marché pour les exportateurs turcs. Entre intérêts économiques mutuellement bénéfiques et obsession idéologique antikurde, Ankara semble choisir cette dernière, de peur, semble-t-il, que l’indépendance du Kurdistan irakien n’encourage les quelque 18 à 20 millions de Kurdes de Turquie qui n’ont même pas le droit d’avoir un enseignement dans leur langue, ne revendiquent un jour le même statut. Après près d’un siècle de conflits si coûteux en vies humaines et en ressources, la Turquie n’a toujours pas compris que la meilleure façon de combattre le séparatisme kurde est de gagner la bataille des cœurs et des esprits en reconnaissant les droits culturels et linguistiques de sa population kurde en se posant en protectrice des Kurdes des pays voisins.

    Sarkis Serge Tateossian

    20 h 50, le 10 octobre 2017

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