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Liban

Crime de Miziara : Les Syriens doivent partir, « on ne peut pas leur faire confiance »

Crime de Miziara
30/09/2017

C'est une atmosphère de deuil et de tristesse, mais aussi un fort ressentiment antisyrien, qui règne sur Miziara (Zghorta) depuis le meurtre de la jeune Raya Chidiac, il y a une semaine, par un concierge syrien. Des drapeaux noirs sont accrochés à l'entrée du village alors que l'église est recouverte de rubans blancs et de plusieurs photographies de la jeune femme. Selon la police, Raya Chidiac, 26 ans, a été agressée sexuellement puis étranglée par B. N., âgé également de 26 ans, employé comme concierge par sa famille depuis trois ans. Un meurtre au mobile également crapuleux dont les habitants du village ne se sont pas encore remis.

« Raya était amie avec mes enfants. Sa disparition m'a profondément attristée. En plus, elle était fiancée et devait se marier l'été prochain », confie une habitante du village à L'Orient-Le Jour. Elle souhaite que le meurtrier soit « torturé comme il a torturé la jeune femme », avant d'être exécuté. Pour cette habitante, la généralisation est de mise : elle estime que les Syriens sont à bannir définitivement du village, « car on ne peut pas leur faire confiance ». Même son de cloche chez son mari, qui demande l'exécution du meurtrier devant l'église du village et le départ de l'ensemble des Syriens qui y résident. Depuis le meurtre de la jeune Raya, les Syriens qui louaient ou travaillaient à Miziara ne sont plus les bienvenus. Mardi, le conseil municipal de Miziara et ses mokhtars avaient tenu une réunion à l'issue de laquelle ils avaient entre autres demandé aux propriétaires de maisons de ne plus louer à des étrangers, selon le quotidien an-Nahar.

 

(Pour mémoire : Une jeune femme tuée par son concierge syrien à Miziara)

 

« La majorité des Syriens renvoyée »
Un habitant du village a affirmé à L'OLJ que la municipalité avait « renvoyé » la majorité des Syriens s'y trouvant, sans toutefois être en mesure de fournir un chiffre exact. Ces derniers auraient quitté Miziara il y a quelques jours, au milieu de la nuit, dans des minibus affrétés par la municipalité, vers une destination inconnue. Cet habitant affirme que les Syriens chassés ont essayé de se réfugier dans les villages chrétiens avoisinants mais qu'ils ont été refoulés. Leur sort reste inconnu pour l'instant, de même que celui des Syriens supposés être restés au village. L'OLJ a essayé de contacter sans succès le président de la municipalité, Maroun Dina, qui est également oncle de la victime, pour vérifier ces informations.

 

(Lire aussi : L'autre « étranger »... par Fifi Abou Dib)

 

Un des mokhtars du village rencontré par L'OLJ a refusé de s'exprimer sur les mesures de la municipalité à l'encontre des Syriens. « En quoi ce sujet vous intéresse-t-il ? Vous vous faites du souci pour les Syriens ? La victime est beaucoup plus importante à mon sens », a-t-il lancé avec une colère à peine contenue.
Joint au téléphone, le vice-président de la municipalité, Pierre Daaboul, a pour sa part refusé de commenter la situation et s'est contenté de rapporter « l'immense douleur de la famille » et la grande affliction dans laquelle le village est plongé. La famille de la victime, elle, n'était pas disponible pour un entretien.
Mercredi, une réunion au bureau du caïmacam de Zghorta, Imane Rafehi, avait regroupé plusieurs responsables sécuritaires de la Sûreté générale et de la Sûreté de l'État, ainsi qu'une personne chargée de la coordination avec les organisations qui viennent en aide aux réfugiés.

 

Pour mémoire
La municipalité de Zghorta-Ehden se défend de tout racisme

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Marionet

La haine ne peut que s'auto-alimenter tuant l'humanité en nous. Les Libanais sont bien placés pour le savoir, eux qui ont sacrifié leur jeunesse et l'avenir, mus par la haine destructrice. Et pourtant, il en est encore qui cherchent le bouc émissaire ailleurs dans une fuite en avant qui les dispense, croient-ils de leur devoir de mémoire et de remise en question. Au lieu de nous répandre en propos et actes xénophobes, cherchons plutôt "le syrien" en nous.

Sarkis Serge Tateossian

Des profondes condoléances, une grande douleur et une affection particulière pour la victime et ses proches.

Pour le reste ... un assassin, pire des espèces, ne doit pas déshumaniser nos pensées et nos actes.

La générosité qui caractérise le Liban et les libanais (encore plus vrai pour les chrétiens, à mon sens) doit rester intacte.

Ne nous généralisons pas....même s'il y a des obstacles dans ce type de situation

Laissons le temps faire son travail de deuil puis de guérison même si on en guérit pas vraiment j'en conviens.






L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DE GRANDS MOTS ! IL NE FAUT PAS POUR UN ACTE DIVERS ET PARTICULIER NOUS LAISSER ALLER AUX EXTREMES ! LEUR RENVOI DANS LEUR PAYS NE DEPEND MALHEUREUSEMENT PAS DE NOUS NI DE LEUR SANGUINAIRE REGIME...

Soeur Yvette

Il faut trouver une solution radicale pour ces syriens...les revoyer tous dans leur pays,,,ca suffit..

Marionet

Lire à ce sujet l'excellent papier de Fifi Abou-Dib hier.

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