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Travailleurs syriens

La municipalité de Zghorta-Ehden se défend de tout racisme

Une banderole prêtant à équivoque a dû être remplacée à la hâte. Le président du conseil municipal s'explique.

La première banderole affichée à Ehden sur laquelle il est écrit : « Tous les travailleurs syriens doivent quitter Ehden avant la fin du mois d’octobre ».

Vers la fin du mois d'octobre, Ehden, qui grouille de monde en été, est quasi désert. Les estivants ferment les portes de leurs maisons à double tour et rentrent chez eux... à Zghorta. Cette année, à l'occasion de la transhumance annuelle, la municipalité de Zghorta-Ehden a accroché sur la place de l'Église Saints-Pierre-et-Paul une banderole adressée à tous les travailleurs syriens, leur demandant de quitter le village avant la fin du mois d'octobre.

La photo de la banderole a été partagée et commentée par les internautes. Certains ont jugé le contenu raciste, alors que d'autres l'ont défendu sous prétexte que le village, vidé de ses estivants, ne devrait pas être habité en leur absence, pour des raisons de sécurité. Ehden présente une particularité unique au Liban, en ce qu'elle forme avec Zghorta, pourtant éloignée, une même entité municipale et démographique.

Joint au téléphone par L'Orient-Le Jour, le président de la municipalité de Zghorta-Ehden, César Bassim, annonce que la banderole incriminée a été retirée et remplacée par une autre qui précise l'appel de la municipalité. « L'appel lancé ne concerne, en fait, que les travailleurs étrangers qui ne possèdent pas de papiers officiels », a-t-il dit.

 

(Pour mémoire : Perquisitions, couvre-feu et mesures restrictives pour réglementer la présence des réfugiés syriens)

 

Selon M. Bassim, des travailleurs étrangers, essentiellement des Syriens, sont embauchés à Ehden par les agriculteurs en cette période de l'année. Ils se rendent au village et dressent des tentes le temps de la récolte des pommes. C'est à ces personnes en particulier que la nouvelle banderole s'adresse. « S'ils désirent rester à Ehden, ils seront les bienvenus à condition qu'ils régularisent leur statut et démontent leurs tentes », affirme le président de la municipalité.

Bien que le village soit presque complètement déserté en hiver, une certaine activité économique y est préservée, surtout durant les week-ends. Des restaurants restent ouverts durant la saison, de même que les hôtels. Et le café Aayrout, sur la fameuse place du Midane, continue de servir le « sahlab » 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

« La main-d'œuvre étrangère est très demandée à Ehden, en hiver autant qu'en été », explique M. Bassim qui indique qu'environ 40 à 50 familles étrangères, inscrites aux registres de la municipalité, résident à Ehden tout au long de l'année. « La municipalité assure à leurs enfants l'éducation dans des écoles à Zghorta », ajoute-t-il.

Quant à la question de la sécurité, le président de la municipalité souligne qu'il ne s'inquiète guère de la présence étrangère au village, d'autant que quinze fonctionnaires de la municipalité sont chargés de ce dossier. Il en est de même à Zghorta, où la présence des réfugiés est réglementée. « Nous sommes loin d'être racistes », assure, en guise de conclusion, M. Bassim.

 

 

Pour mémoire

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Vers la fin du mois d'octobre, Ehden, qui grouille de monde en été, est quasi désert. Les estivants ferment les portes de leurs maisons à double tour et rentrent chez eux... à Zghorta. Cette année, à l'occasion de la transhumance annuelle, la municipalité de Zghorta-Ehden a accroché sur la place de l'Église Saints-Pierre-et-Paul une banderole adressée à tous les travailleurs...

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