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À La Une - Syrie

A Deir Ez-Zor, la vie reprend lentement après le siège de l'EI

Le temps des privations semble terminé, même si les combats se poursuivent dans d'autres parties de la cité encore aux mains des jihadistes.

Un Syrienne prenant un selfie devant un char de l'armée syrienne à Deir ez-Zor, en Syrie, le 21 septembre 2017. AFP / LOUAI BESHARA

Si la circulation reste largement à l'arrêt faute de carburant, la vie reprend sur les marchés des quartiers de Deir Ez-Zor loyaux au régime syrien et désormais libérés d'un siège de près de trois ans par le groupe Etat islamique (EI).

Près d'une place de cette ville de l'est syrien décorée par une sculpture d'une traditionnelle cafetière arabe, deux agents de la circulation se tiennent debout en uniforme, surveillant le passage de rares voitures. Depuis que l'armée syrienne a brisé le siège début septembre, seul quelques conducteurs ont pu se procurer du carburant. Alors la plupart des véhicules restent garés le long des trottoirs, couverts de poussières ou de housses protectrices déchirées et les rues sont presque désertes.

Mais les allées des marchés de l'ouest de Deir Ez-Zor reviennent lentement à la vie. Jeunes filles en jeans, les cheveux couverts par des voiles de couleurs, hommes en tenue traditionnelle, enfants en shorts déambulent devant les échoppes de nouveau approvisionnées.

Tout au long du siège, les quelque 100.000 habitants des quartiers gouvernementaux survivaient grâce aux aides larguées depuis des hélicoptères et envoyées par le régime ou l'ONU. "Je vivais de boulgour et de céréales", se souvient Ahmed, quinquagénaire au visage émacié qui dit avoir perdu 40 kilos à cause du siège. "Mais aujourd'hui je me porte très bien", se réjouit-il.

 

(Lire aussi : Les principales offensives en cours contre l'EI en Syrie et en Irak)

 

Marchés de nouveaux fournis
Aujourd'hui, le temps des privations semble terminé, même si les combats se poursuivent dans d'autres parties de la cité encore aux mains des jihadistes de l'EI.

Sur le marché, un vendeur de grillades prépare des brochettes de poulets. Les galettes de pains sortent à la chaîne du four, fumantes. Non loin de là, dans une boutique, un employé prépare un sandwich pour un client. Devant lui, des oeufs dur, des frites, des tranches d'aubergines, des falafels.

"Avant on devait utiliser du bois pour allumer le feu. la nourriture avait un goût de bois", explique un employé, qui précise que depuis la fin du siège il peut désormais se réapprovisionner en bonbonnes de gaz.

Chez le marchand de glace à l'italienne, des enfants agglutinés près de la machine attendent leur tour, près d'un portrait du président Bachar el-Assad accroché à l'entrée d'un magasin.

Tout au long du siège, les quartiers gouvernementaux ont été la cible des tirs d'obus des jihadistes. Les destructions des bâtiments "dans les quartiers que nous contrôlons sont évaluées à 20%", a estimé le gouverneur de Deir Ez-Zor, Mohamed Ibrahim Samra, lors d'une rencontre avec des journalistes. Selon lui, les dommages pourraient être bien plus élevés dans les quartiers encore aux mains de l'EI dans l'est de la ville et que l'armée syrienne cherche à reconquérir.

Dans l'ensemble de la province de Deir Ez-Zor dont l'EI s'était emparée en 2014, 80% des bâtiments auraient été détruits, selon des estimations circulant au sein des autorités. "Il n'y avait pas un seul bâtiment intact" dans la banlieue de Boughaliya et le village d'Ayyache, au nord de Deir Ez-Zor, quand le régime est arrivé, déplore le gouverneur. A Boughaliya, une journaliste de l'AFP a pu voir des pelleteuses s'activer pour déblayer les gravats, tandis que des employés de la municipalité en uniforme vert nettoyaient les rues envahies de débris en tous genres.

Au sud de Deir Ez-Zor, un aéroport militaire également assiégé par l'EI pendant près de trois ans est de nouveau en service. La salle d'attente et la tour de contrôle endommagées "sont en train d'être rénovées", selon le directeur-adjoint qui ne veut pas donner son nom. Les pistes d'atterrissages sont intactes et deux avions transportant du ravitaillement pour les forces du régime y ont atterri lundi, pour la première fois depuis des mois. "L'aéroport est prêt à accueillir des avions militaires mais aussi civils", se réjouit le responsable.

 

 

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commentaires (3)

RIEN NE VA PLUS... CA VA REPRENDRE DE PLUS BELLE SI IL N,Y A PAS DES REFORMES DEMOCRATIQUES... ET QUAND IL Y EN AURA CE SERA LA VICTOIRE INDUBITABLE DES PREMIERS MANIFESTANTS PACIFIQUES DU PEUPLE SYRIEN QU,ON AVAIT MASSACRES, PLUS DES CENTAINES DE MILLIERS D,AUTRES POUR ENFIN ARRIVER AUX REFORMES RECLAMEES... LES RESPONSABLES DEVRAIENT ETRE JUGES !

OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

14 h 39, le 23 septembre 2017

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Commentaires (3)

  • RIEN NE VA PLUS... CA VA REPRENDRE DE PLUS BELLE SI IL N,Y A PAS DES REFORMES DEMOCRATIQUES... ET QUAND IL Y EN AURA CE SERA LA VICTOIRE INDUBITABLE DES PREMIERS MANIFESTANTS PACIFIQUES DU PEUPLE SYRIEN QU,ON AVAIT MASSACRES, PLUS DES CENTAINES DE MILLIERS D,AUTRES POUR ENFIN ARRIVER AUX REFORMES RECLAMEES... LES RESPONSABLES DEVRAIENT ETRE JUGES !

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

    14 h 39, le 23 septembre 2017

  • Suite de réflexions Si l'on peut envisager, le retour au foyer, tôt ou tard des rebelles "malgré eux" On ne saurait que faire des "rebelles enrages suicidaires " pour qui il n'y a pas de place en Syrie (sauf dans des enclaves protégées temporaires protégées par la Turquie))" Que vont ils devenir... L'Europe "démocratique généreusement (Merkel) n'en prendra finalement qu'un faible nombre" La Turquie Généreuse..pourrait en prendre une paire de millions et les "assimiler" Nous sommes loin du compte... Il restera donc des "camps de réfugiés" en Jordanie, en Irak?...au Liban...malgré toutes les protestations. Les Pays du Golfe...qui ont les moyens et des besoins en hommes...ne feront rien!!! Ils ne voudront pas donner de place à ces "trublions" susceptibles d'amener le désordre et peut être la révolution chez eux... Tellement plus pratiqué d'exploiter des pakistanais, indiens&bangladesh...qui accetent (misère aidant) de travailler comme des esclaves

    Chammas frederico

    14 h 10, le 23 septembre 2017

  • Perplexe! Les diverses "manipulations des médias , favorables dans leur majorité à la rébellion, ne permettent pas de faire une "évaluation des opinions et attitudes des syriens" Quel pourcentage de la totalité des syriens, enregistres, d'avant la guerre civile, s'est ou sera satisfaite d'une " paix sous Bachar " en attendant des temps "démocratiques...espères" Quel pourcentage de rebelles "enragés et suicidaires" qui ne rentreraient je nouvelle de le Syrie jamais dans la Syrie de Bachar Quel pourcentage "d'indécis" qui n'ont pas participé aux actesions des rebelles, et qui ne risqueraient pas des ennuis avec la "Sûreté de Bachar"...serait dispose à revenir si des conditions matérielles d'existence , ad minima" leur était assurées par les aides de la communauté internationale La connaissance de ces chiffres permettrait d'esquisser une "vue nouvelle de la Syrie"

    Chammas frederico

    11 h 42, le 23 septembre 2017

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