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Culture

Le cinéma débridé, d’Angers à Saïda

Entretien
21/09/2017

Ce festival récompense chaque année les premières réalisations de jeunes cinéastes. Rencontre avec Thibaut Becq, programmateur du festival.

 

Qu'est-ce que le Festival des premiers plans d'Angers ? Quels sont ses objectifs ?
Le festival a été créé il y a presque 30 ans, en 1989. À l'époque, le mur de Berlin venait de tomber et de nombreux pays de l'ex-URSS venaient d'être créés en Europe. L'idée du directeur artistique à l'époque, en place encore aujourd'hui, était de montrer des jeunes talents, ceux qui feront le cinéma de demain, jusqu'aux frontières de l'Europe, et même plus loin encore, puisqu'on intègre des films arméniens, kazakhs, turcs. On peut même intégrer un film libanais qui a été coproduit par la France.

 

Comment se traduit sa spécificité ?
Le niveau d'exigence se module en fonction des catégories. Ainsi, l'exigence technique ne sera pas la même pour la sélection officielle et pour les films d'école. On aura beaucoup de films expérimentaux, et comme il y a moins d'enjeux financiers, une plus grande liberté de ton. Les films d'une certaine qualité nous interpellent, mais aussi ceux qui témoignent de fragilités à tous les niveaux. Si un film nous touche et qu'on sent qu'il a un univers particulier, on y adhère vite. Tout est une question de dosage. Aujourd'hui, on est fiers que nos lauréats soient devenus des cinéastes confirmés comme Abdellatif Kechiche, Arnaud Desplechin ou Thomas Vinterberg...

 

Vous avez tout un dispositif d'accompagnement des jeunes cinéastes. Quelles sont les deux phases du festival ?
Le Festival des premiers plans d'Angers s'articule sur deux temps différents. Le premier temps se déroule en janvier, tandis que les formations ont lieu en août. Les ateliers ont été créés grâce à Jeanne Moreau qui a été présidente du jury au festival en 2003. Elle avait beaucoup aimé ce festival et son côté non pompeux, elle a tenu à nous aider à créer des ateliers de formation pour soutenir les jeunes réalisateurs. L'idée est de sélectionner 8 ou 9 longs-métrages européens, d'inviter des réalisateurs et scénaristes et de mettre en place un programme de masterclass et d'avant-premières cohérent. Les ateliers permettent aussi aux réalisateurs de bénéficier de consultations individuelles sur leurs projets, d'avoir des retours de cinéastes et de scénaristes expérimentés pour préciser et affiner leurs films.

Comment un festival, avec tout ce qu'il peut avoir d'installé, peut-il s'intégrer dans une dynamique de création et de renouvellement artistique ?
Notre festival est, certes, une institution installée, qui perdure depuis trente ans grâce aux financements en majorité publics et aux grands noms du cinéma qui viennent présider le jury. On échappe au danger de l'immobilisme parce qu'on a un fonctionnement collégial qui jouit d'une vraie indépendance. Quant à la programmation, on attache un soin tout particulier aux films qu'on sélectionne. Le festival a créé il y a quelques années la sélection Figure libre, où il montre des travaux plus expérimentaux.

 

Quid de votre présence au Liban ?
Il s'agit d'abord de faire rayonner notre travail et de le faire voyager, pour donner aux jeunes réalisateurs la plus large diffusion possible. On développe ainsi des reprises du festival où on projette une partie de la sélection. L'année dernière, l'Institut français du Caire nous a accueillis. Cette année, c'est le tour de Beyrouth. L'idée est de toucher un public non européen, mais francophone et francophile. Parallèlement, la diffusion du festival permet d'attirer de jeunes cinéastes libanais, notamment dans nos ateliers.

 

À noter que les projections auront lieu à l'Institut français de Saïda le 22 septembre à 17 heures.

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