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"C'est mon droit": le foot féminin gagne du terrain en Cisjordanie

Reportage

Malgré l'opposition des plus conservateurs , le foot féminin a pris son envol dans ce territoire palestinien depuis la création en 2009 d'une première équipe.

OLJ/Hossam EZZEDINE/AFP
17/09/2017

Des dizaines de jeunes joueuses de football s'activent sous l'oeil vigilant de leur entraîneur: cette scène, banale dans de nombreux pays, se fait de moins en moins rare en Cisjordanie occupée même si elle continue à en choquer certains.

Malgré l'opposition des plus conservateurs , le foot féminin a pris son envol dans ce territoire palestinien depuis la création en 2009 d'une première équipe.
Il existe désormais six équipes d'adultes évoluant en plein air et une douzaine en salle. Environ 400 joueuses de plus de 14 ans disposent d'une licence.

Des équipes pour les jeunes filles ont aussi vu le jour. C'est l'une d'elles, tout juste créée, qui s'entraîne sur le terrain de sport du village de Deir Jarir, dans le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 50 ans par Israël.

Le dénuement est flagrant. La quarantaine de jeunes âgées de 10 à 14 ans ne disposent que de six ballons et le sol en dur sur lequel elles jouent n'est pas adapté à la pratique du football. Elles doivent même emprunter les maillots d'une équipe de garçons.
Mais elles n'en ont cure. Arborant fièrement leur tenue noire, elles apprennent les secrets de la passe, du dribble et du jeu de tête.

Au milieu d'elles, une jeune femme de 32 ans portant le hijab les dirige.
Rajaa Hamdan rêvait de jouer au football dans sa jeunesse mais elle en a été empêchée par le conservatisme ambiant de la société palestinienne.
"Les circonstances ne m'ont pas permis de pratiquer le football quand j'étais jeune mais l'idée m'est restée gravée dans la tête", explique-t-elle. "Je me suis dit: +Pourquoi mon village de Deir Jarir n'aurait-il pas droit à une équipe de filles, comme celle des garçons+?".

Elle a alors lancé un appel via Facebook et a eu la surprise de voir 30 filles manifester immédiatement leur intérêt.
"J'ai craint d'avoir des problèmes avec les villageois, mais jusqu'à présent rien de sérieux ne s'est produit", se félicite-t-elle.

Il y a six ans, les habitants de Deir Jarir avaient refusé la création d'une équipe pour filles.

 

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'Pas facile'
Salma Fares, 12 ans, interrompt quelques instants son entraînement pour exprimer sa fierté. "Je suis très heureuse de pratiquer le football avec des filles, c'est mon droit", assure-t-elle à l'AFP.
"Je suis ravie de pouvoir aider les filles à s'épanouir", souligne de son côté Rajaa Hamdan.

Mais la coach redoute que ces filles ne soient obligées de renoncer au football lorsqu'elles seront un peu plus âgées, en raison du milieu conservateur dans lequel elles vivent.
"Dans notre culture et selon nos traditions, lorsque les filles grandissent, elles revêtent le hijab ou se marient, si bien qu'elles abandonneront le football", explique-t-elle.

Au bord du terrain, le président du club pour les garçons et les filles, Youssef Moussa, observe l'entraînement.
"Lorsque l'idée de former une équipe a été évoquée, nous avons éprouvé des craintes car il n'est pas facile de faire jouer des jeunes filles au football dans un village conservateur. Mais jusqu'à présent, il n'y a pas eu de problème", assure-t-il.

Amal Alaa, une adolescente de 13 ans pleine d'énergie, explique sa joie de s'être lancée dans cette aventure sportive.
"J'adore le football, et lorsque j'ai vu l'appel pour former une équipe, j'ai demandé à mes parents de m'autoriser à en faire partie", affirme-t-elle en confiant sa grande ambition: " devenir capitaine".

 

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