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Moyen Orient et Monde - Catastrophe Naturelle

L’ouragan Irma pilonne la Floride et fait ses premières victimes

Alors que les critiques de l'opposition fusent, Emmanuel Macron se rendra à Saint-Martin demain.

Une image satellite du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montrant l'ouragan Irma au-dessus des Keys et de Cuba. NOAA/RAMMB/AFP

Pilonnée par les vents de 215 km/h et les pluies intenses accompagnant l'ouragan Irma, la Floride déplorait hier ses premières victimes, tuées dans des accidents de la route. Deux conducteurs, une policière et un agent pénitentiaire, ont trouvé la mort tôt hier matin dans une collision frontale, près de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride.

Irma impacte maintenant « l'ensemble du sud de la Floride », a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC), et crée des conditions extrêmement dangereuses. La mort d'un chauffeur de camion a également été confirmée sur l'archipel des Keys, tué lorsque son véhicule a percuté un arbre, samedi. Irma a déjà fait 27 morts dans les Caraïbes et d'énormes dégâts matériels.

Le cœur de l'ouragan, où les vents et les précipitations sont les plus intenses, a frappé hier matin les Keys de plein fouet. « Les bateaux sont littéralement arrachés, les palmiers sont couchés sur le sol. Les lignes électriques sont en train de lâcher (...) Personne ne peut se tenir debout dans les vents que je vois par la fenêtre », a décrit par téléphone sur CNN Maggie Howes, une secouriste calfeutrée au deuxième étage d'un petit bâtiment de Key Haven, à la pointe de l'archipel. Les Keys, une langue de terre très basse, avaient déjà été aux trois quarts détruites par l'ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.

 

(Lire aussi : Harvey, Irma, Jose et Katia: la série d'ouragans intensifie le débat scientifique)

 

 

Montée des eaux
Irma commençait en milieu de journée à longer la côte ouest de la péninsule en direction du nord avec des vents toujours soutenus de plus de 200 km/h, selon le NHC. À Naples, plus encore que les vents courbant ses palmiers et menaçant d'arracher les toits des maisons, les résidents redoutent surtout une montée fatale du niveau de la mer. Le déferlement pourrait avoir des conséquences terribles, avec une élévation de l'eau de 3 à 4,5 mètres, ont prévenu les autorités. « Je m'inquiète de tous ces gens qui ne croient pas à une montée des eaux brutale. Il est vital de redouter ce déferlement », s'irrite Virginia Defreeuw, une septuagénaire qui a abandonné son mobile home pour un refuge.
« Les gens n'écoutent pas, certains se disent "On a survécu à (l'ouragan) Wilma, on a survécu à Charley, cela se passera bien, on peut en traverser un autre", reprend-elle. Mais celui-ci est néfaste. »

Plus d'un million de personnes vivent dans la région de Naples, dans le sud-ouest de la Floride. Les effets de cet ouragan gigantesque de la taille du Texas n'épargnent pas la côte est. Miami est assaillie par des vents et une pluie très intenses. Au moins deux grues ont été partiellement emportées.

Le quartier de Brickell sur le bord de mer est en partie inondé « par la marée qui passe au-dessus des digues », a témoigné Steven Schlacknam, un artiste de 51 ans. Les résidents doivent également craindre les tornades. Plusieurs alertes ont été déclenchées, y compris pour la zone de Miami Beach. Hier matin, plus d'un million de foyers et entreprises en Floride étaient privés d'électricité, selon la compagnie Florida Power and Light.

 

(Lire aussi : A Saint-Martin, les habitants hagards plongés dans la colère et le désarroi)

 

 

« Ne tirez pas sur Irma »
La Floride a décrété des ordres d'évacuation d'une ampleur sans précédent, pour 6,3 millions de personnes, y compris la base aérienne de MacDill, quartier général du commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), située à Tampa que l'ouragan devrait frôler ou frapper tôt lundi. À Orlando, le centre spatial Kennedy était fermé. « C'est une tempête d'une énorme puissance destructrice, et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre TOUTES les consignes des responsables du gouvernement », a tweeté le président américain Donald Trump.

Impuissants face à Irma, des résidents de Floride ont suggéré de tirer en direction de l'ouragan, suscitant des mises en garde très officielles des autorités dans un État où le port d'une arme à feu est légal et très répandu. « Pour être clair, NE TIREZ PAS sur Irma. Cela ne l'arrêtera pas et aura des conséquences dangereuses », a cru bon de préciser le bureau du shérif du comté de Pasco, sur la côte ouest de la Floride, craignant les retombées mortelles de ces balles.

Dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, épargnées par José mais dévastées par Irma, une partie de la population ne cachait pas hier son exaspération face aux moyens jugés insuffisants mis en place par l'État français. Afin d'apaiser les tensions, le président Emmanuel Macron doit se rendre demain sur l'île de Saint-Martin. L'Élysée avait annoncé jeudi la venue du président français sur les lieux touchés par l'ouragan « dès que cela sera possible sans gêner l'action des secours et que les conditions météo le permettront ». Les critiques de l'opposition sur la gestion de la crise en amont du passage d'Irma s'amplifiaient hier. Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a notamment proposé « une commission d'enquête parlementaire pour savoir si l'on a prépositionné des forces militaires et civiles en nombre suffisant », et « plus de solidarité » internationale dans les zones confrontées aux ouragans, lors de l'émission Dimanche en politique sur France 3. Une proposition similaire a été formulée au même moment au Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro par le député LR Éric Ciotti. Il a aussi reproché « un défaut d'anticipation » et « une défaillance de l'État à Saint-Martin et Saint-Barthélemy », se disant « extrêmement choqué par les images de pillage ». Face aux critiques, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a estimé que « l'État, depuis le début, a fait face à la situation, a prévenu le pire ». « Mais lorsque vous avez des vents qui par rafale peuvent souffler à 380 km/h, il est évident que vous avez le désastre que l'on a pu connaître », a-t-il ajouté. « Le temps n'est pas aux polémiques. Il est aujourd'hui à l'action », a asséné M. Collomb, ajoutant que l'État avait mis en place « l'un des ponts aériens les plus importants » depuis « les trente ou quarante dernières années » pour faire face aux besoins des sinistrés.

 

 

 

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