Le prince Moulay Hicham, cousin du roi du Maroc Mohammed VI, a été expulsé vendredi de Tunisie où il était venu participer à une conférence universitaire, a-t-il indiqué samedi à l'AFP. Capture d'écran d'une vidéo postée sur YouTube/France24
Le prince Moulay Hicham, cousin du roi du Maroc Mohammed VI, a été expulsé vendredi de Tunisie où il était venu participer à une conférence universitaire, a-t-il indiqué samedi à l'AFP. "Des éléments de la police sont venus me chercher à mon hôtel, peu après mon arrivée sur place hier à la mi-journée", a déclaré Moulay Hicham, qui vit aux Etats-Unis.
Il était arrivé le jour même à Tunis pour une conférence dans le cadre d'un forum organisé par l'Université de Stanford et consacré notamment à la transition tunisienne après les Printemps arabes de 2011.
"J'ai été conduit à l'aéroport, où là j'ai exigé un document justifiant mon expulsion, alors que je n'ai commis aucune infraction", a-t-il expliqué. "Les policiers étaient embarrassés, ils ont évoqué oralement une +décision de souveraineté+ et ont finalement annulé sur mon passeport mon tampon d'entrée dans le pays", a-t-il précisé. "Nos échanges sont restés très courtois, mes interlocuteurs ont été professionnels", a fait observer Moulay Hicham, finalement mis sur un vol d'Air France vers Paris, et qui s'est "refusé à spéculer" sur les possibles raisons de cette expulsion.
"J'étais venu (à Tunis) pour parler du défi de la consolidation de la transition démocratique tunisienne", a-t-il simplement souligné, appelant également au "respect la liberté académique".
Sollicité par l'AFP, le ministère tunisien de l'Intérieur n'a fait aucun commentaire.
"C'est un coup dur pour la démocratie tunisienne", a jugé pour sa part Houssem Aoudi, l'un des organisateurs de la conférence du Center on Democracy, Development and the Rule of Law de l'Université de Stanford, à laquelle devait participer Moulay Hicham.
Cousin germain de Mohammed VI, surnommé parfois le "prince rouge" pour son regard critique sur la monarchie marocaine, Moulay Hicham vit aux États-Unis, où il est chercheur à l'Université d'Harvard et dirige une fondation à son nom.
S'interrogeant sur les raisons de cette expulsion, le Desk, site d'information et d'enquête indépendant marocain, souligne, citant l'entourage du prince, que s'il s'agit d'une décision politique, elle "n'a pu être prise à Tunis, qui n'a aucun contentieux avec Moulay Hicham, mais au Palais royal marocain qui se serait adressé aux autorités tunisiennes pour solliciter l'expulsion du +prince rouge+".
Vers une monarchie constitutionnelle
En février 2011, le prince Moulay Hicham avait appelé à la démocratisation du système, alors que défilaient, à travers le pays, des milliers de Marocains demandant des réformes politiques. "Personnellement, j'adhère à toute initiative qui appelle à la démocratisation de notre système politique, en prenant en compte la nécessité que cela soit fait de manière pacifiste et tolérante. En l'occurence, il semblerait que ce mouvement réunit toutes ces conditions et donc j'y adhère", avait déclaré le prince au cours d'un entretien sur la chaîne d'information France 24. Il faisait référence aux milliers de Marocains qui manifestaient alors à Casablanca et Rabat à l'appel du mouvement du "20 février" lancé sur le réseau social Facebook, pour réclamer des réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi. Il s'agissait du premier mouvement de ce type au Maroc depuis le début des révoltes qui secouent le monde arabe.
"Les gens veulent voir aujourd'hui un progrès, des réformes politiques, dans un contexte monarchique", avait souligné le cousin du roi. "Sur un plan juridique et constitutionnel, la monarchie est absolue, mais cela ne veut pas dire que le système politique est fermé ou totalitaire. C'est un système autoritaire souple", avait-il poursuivi. Il avait aussi souhaité, pour "pérenniser la monarchie", qu'il jugeait "légitime et culturellement ancrée", une évolution vers la monarchie constitutionnelle de type espagnole ou britannique.
Le prince avait rejeté tout rôle dans une éventuelle transition politique qu'il souhaite: "L'aiguillonnage oui, le pilotage cela ne me concerne pas".
Journal d'un prince banni
Quelques années plus tard, en avril 2014, Moulay Hicham avait publié Journal d'un prince banni (Grasset), dans lequel il dressait un portrait intime et féroce de la cour chérifienne.
Dans cet ouvrage, il plaidait notamment pour la fin du Mahkzen, un terme qui désigne la cour, toutes les institutions liées à la monarchie ainsi que les proches conseillers du roi.
"Le Makhzen s'appuie sur la monarchie pour vivre et la monarchie s'appuie elle-même sur le Mahkzen pour vivre à sa manière ; c'est une relation symbiotique et il faut redéfinir complètement cette interdépendance. Tout l'exercice des trois rois qui se sont succédé a été de maintenir cette dualité, chacun à sa manière. Je pense, moi, que le Maroc ne peut pas se développer avec le Makhzen. Et s'il ne peut pas, c'est la monarchie qui en paiera le prix. La mise à mort du Makhzen est indispensable. C'est un pouvoir néo-patrimonial qui empêche le développement économique, un système de prédation et de subjugation", expliquait-il notamment, dans une interview accordée au Monde, appelant de nouveau à l'établissement d'une monarchie constitutionnelle.
Il était arrivé le jour même à Tunis pour une conférence dans le cadre d'un forum organisé par l'Université de Stanford et consacré notamment à la transition tunisienne après les Printemps arabes de 2011.
"J'ai été conduit à l'aéroport, où là j'ai exigé un document justifiant mon expulsion, alors que je n'ai commis aucune infraction", a-t-il expliqué. "Les policiers étaient embarrassés, ils ont évoqué oralement une +décision de souveraineté+ et...


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C'est aussi notre cousin de par sa mère qui est de la famille si Solh. L'actuel roi est attaqué par des lobbys qui veulent lui faire payer sa trahisons de ne pas avoir accepter de siéger à la conférence des pays africains à cause de la présence de nathanyhou.
17 h 47, le 10 septembre 2017