X

Liban

« Mon frère, Nizar Zakka, a été enlevé par l’Iran et le procès est fictif »

Justice

Nizar Zakka, détenu depuis deux ans, a été condamné à Téhéran à dix ans de prison pour « collaboration » avec les États-Unis.

05/09/2017

La justice iranienne a confirmé en appel la peine de dix ans de prison pour Nizar Zakka, ainsi que pour un Américain et deux Irano-Américains, pour « collaboration » avec les États-Unis, a annoncé dimanche le procureur général de Téhéran. Reproduite par l'agence Mizanonline qui dépend du ministère iranien de la Justice, cette annonce intervient en pleine tension entre l'Iran et les États-Unis, qui ont durci le ton à l'égard de Téhéran depuis l'arrivée au pouvoir du président Donald Trump.

« Quel procès ? Mon frère a été enlevé en Iran et ce procès n'en est pas un. C'est un procès fictif. L'Iran détient mon frère, qui est détenteur de la Greencard, parce qu'il veut faire pression sur les États-Unis. Il utilise mon frère et les autres détenus comme cartes de négociation. » C'est ce qu'a indiqué, hier, dans un entretien téléphonique avec L'Orient-Le Jour, Randa Zakka, la sœur de Nizar Zakka. « Mon frère a été invité en Iran. Il a été piégé et kidnappé. Le Liban considère l'Iran comme un pays ami. Mais il semble qu'il n'y a aucune réciprocité dans ce cadre », a-t-elle poursuivi, appelant le chef de l'État, Michel Aoun, à intervenir pour libérer Nizar Zakka.

« Le tribunal iranien qui a prononcé le jugement est un tribunal fictif. Téhéran accuse mon frère de collaboration avec les États-Unis. Nizar est libanais et il détient la Greencard, c'est normal donc qu'il ait des relations avec les États-Unis, qu'il paie des taxes au gouvernement américain par exemple. Et puis, pour un Libanais, traiter avec les États-Unis n'est pas un crime », s'est exclamé pour sa part Ziad Zakka, le frère du détenu, également interrogé par L'OLJ. « Mon frère a été invité à Téhéran à l'invitation de la vice-présidente iranienne. Un visa lui a été délivré. Mais il est tombé dans leur piège », a-t-il martelé. Il a appelé le président de la Chambre Nabih Berry, le président de la République Michel Aoun, et le chef du gouvernement Saad Hariri à intervenir pour libérer son frère.

Nizar Zakka était le secrétaire général d'une ONG régionale baptisée Ijma3, spécialisée dans le développement des technologies de la communication, qui recevait des fonds notamment d'agences onusiennes et des États-Unis. En septembre 2015, il avait été invité à Téhéran par la vice-présidente iranienne pour les Affaires de la femme et de la famille, Shahindokht Molaverdi, afin de prendre part à une conférence sur le développement et l'emploi des femmes. Ce n'était pas le premier séjour de Nizar Zakka en Iran. Il devait rentrer au Liban le 18 septembre 2015. Malheureusement, il est détenu depuis dans une geôle à Téhéran.

 

 

Pour mémoire

L'avocat de Nizar Zakka demande à Berry d'aborder le dossier de son client en Iran

Lettre ouverte du fils de Nizar Zakka au ministre iranien des Affaires étrangères

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué