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Liban

À Baalbeck, le Hezbollah fête « sa » victoire quasiment en solo

Reportage

Des milliers de partisans se rassemblent pour célébrer la « seconde libération ».

01/09/2017

Baalbeck, cité du soleil, s'est parée, hier comme jamais, du jaune... de l'emblème du Hezbollah. Ce dernier y organisait un événement pour célébrer « la deuxième libération » du Liban, après l'évacuation des derniers jihadistes de l'État islamique qui étaient encore présents sur le territoire libanais.

Les festivités ont commencé en fin d'après-midi. Le soleil n'allait d'ailleurs pas tarder à virer du jaune à l'orange. Mais en dépit des appels de Gebran Bassil à participer massivement à la célébration aux côtés du Hezbollah, les emblèmes couleur orange manquaient clairement dans la mer de participants rassemblés à Ras el-Aïn, un lieu-dit en plein Baalbeck. On pouvait tout au plus distinguer un ou deux drapeaux du CPL.
C'est donc en solo, si l'on néglige une timide participation du mouvement Amal, que le Hezbollah a célébré la victoire, qu'il s'est clairement appropriée.

Les drapeaux mis à part, la ville était noyée sous les portraits géants et les banderoles en tout genre. « L'aube des jurds, un symbole de la souveraineté et de la liberté », pouvait-on lire sur l'un des calicots. Un peu plus loin, un commerçant a saisi l'occasion pour vendre des drapeaux de toutes les tailles, jaunes, verts ou encore rouges et portant l'inscription « Ya Zaynab ». Dans le lot, un seul frêle petit drapeau blanc avec le logo de l'armée libanaise apparaît au milieu de cette jungle.

 

(Lire aussi : Nasrallah : Je suis allé à Damas pour demander à Assad d'accepter l'évacuation des jihadistes du Liban)

 

« Baalbeck est la mère de la seconde libération », lance une dame. « Nous sommes venues célébrer notre victoire contre le terrorisme », abonde une autre dans le même sens avant que la première ne l'interrompt : « Son frère est martyr. » La foule avance à grands pas et devient de plus en plus dense. Seuls les petits garçons portés sur les épaules de leurs pères et les cameramen perchés sur les estrades ont une vue panoramique.

La route menant à l'endroit de la célébration, où deux écrans géants ont été installés pour que grands et petits puissent voir l'écran géant où apparaîtra le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est encombrée de monde. À ce stade, la foule est encore bariolée : des hommes et des femmes, des vieux et des jeunes, des parents avec leurs enfants dans des poussettes, des jeunes gens avec des jeunes filles formant de petites bandes d'amis, sans oublier un marchand ambulant qui vend de la glace. Mais, rapidement, les hommes et les femmes sont séparés. Dans ce fief du Hezbollah, chaque catégorie dispose d'une entrée spéciale sur le site qui la mène aux rangs qui lui sont consacrés. Les hommes devant et les femmes derrière.

 

(Lire aussi : Pour le Hezbollah, la polémique ne change rien aux réalités sur le terrain, le décryptage de Scarlett HADDAD)

 

Interrogée sur les raisons de sa participation au rassemblement, une femme qui semble avoir plus de 85 ans, dos courbé et canne en bois à la main, répond tout de go : « Je viens chez le Sayyed ! » C'est au tour d'un garçon, âgé à peine de cinq ans, de poser la question qui traverse l'esprit de tous et de chacun. « Viendra-t-il en personne ? » s'interroge-t-il, les yeux levés vers sa maman.

Dès que Hassan Nasrallah fait son apparition sur l'écran, la foule, bien que divisée en deux, semble ne plus former qu' « un seul être dont les sentiments et les idées sont orientés dans une même direction », selon les termes du sociologue Gustave Le Bon. Aussitôt le chef apparu sur l'écran, les slogans habituels favorables à Hassan Nasrallah lancés par la foule et les poings levés en direction du ciel sont tellement bien synchronisés qu'on dirait qu'ils proviennent d'un seul individu, à la voix particulièrement haute.

Les milliers de partisans rassemblés à Baalbeck réagissent au rythme du discours de M. Nasrallah, que ce soit dans son premier volet religieux ou son second axé sur la politique interne et régionale. Les partisans du Hezbollah n'ont pas non plus oublié que Hassan Nasrallah célébrait hier aussi son 57e anniversaire. Au beau milieu de son discours, une grande banderole rattachée à plusieurs ballons s'est envolée au-dessus des têtes avec, dessus, l'inscription « Happy Birthday Hassan Nasrallah ».

 

 

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Bery tus

Amal a d'ailleurs affirmer le contraire de ce que les moumana3istes disent berry a dit pq accuser tamam salam ou encore le general kahwaji et meme le gouvernement a ce moment la !!

mais je comprend pas cette vendetta, oui il faut faire une enquete mais pq anticiper les résultats maintenant

LA TABLE RONDE

Quand on a botté le cul des usurpateurs israel en 2000 au Sud , et celui de leurs mercenaires wahabites au nord en 2017, la fête ne peut être que grandiose.

LA RÉSISTANCE LAISSERA SES DÉTRACTEURS FAIRE LEUR PROPRE DEUIL .

EN CE NEST PAS FINI , UNTIL IT IS DEFINITLY DONE .

Irene Said

Ce genre de grande bastringue organisée hier à Ras el-Aïn ressemble furieusement à d'autres organisées par les dictateurs en mal d'adulation comme Erdogan en Turquie ces derniers temps, et...jadis par Adolf Hitler !
Et les poings levés nous rappelent le salut nazi...la main levée...
Comme quoi il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...et aveugle qui ne veut pas voir.
Ajoutons: ceux qui n'ont pas compris les leçons du passé...
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

GRAVE ERREUR QUE CELLE DE DEFIER L,OPINION LIBANAISE ET LES AUTRES COMMUNAUTES DU PAYS ! DE MARGINALISER LE ROLE DE L,ARMEE ET DE L,ETAT !

gaby sioufi

CE QUI EST SURPENANT est la non participation de AMAL ! ? ! ?

gaby sioufi

par contre ce qui

gaby sioufi

pas surprenant que le CPL soit absent,2 raisons a cela:
1-ils ne sont pas convaincus par ce qui s'est passe
2-ils n'aiment que tres peu bassil 1er- donc ne le suivront qu'obliges .

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