Développé par un chercheur de l'Université de Pennsylvanie, le Kymriah (tisagenlecleucel) a été développé et breveté par les laboratoires helvétiques Novartis . Archives Reuters
La FDA, l'agence américaine des produits alimentaires et des médicaments, a approuvé, avant-hier, la mise sur le marché de la première thérapie génique dans le monde qui consiste à modifier génétiquement le système immunitaire d'un malade pour combattre une forme agressive de leucémie. La Food and Drug Administration ouvre ainsi une nouvelle ère pour traiter et potentiellement guérir de nombreuses maladies incurables et entérine les recommandations en juillet d'un groupe consultatif d'experts indépendant.
Ce traitement a été développé par un chercheur de l'Université de Pennsylvanie et breveté par les laboratoires helvétiques Novartis pour traiter la leucémie lymphoblastique aiguë. Cette maladie progresse rapidement. Elle est le cancer du sang pédiatrique le plus fréquent aux États-Unis avec environ 3 100 nouveaux cas diagnostiqués annuellement chez les moins de vingt ans, selon l'Institut national du cancer (NCI).
Cette nouvelle thérapie est destinée aux enfants et jeunes adultes jusqu'à 25 ans ayant résisté aux autres thérapies contre cette leucémie ou ayant fait une rechute, ce qui se produit dans 15 à 20 % des cas. Selon Novartis, 600 malades seraient éligibles tous les ans aux États-Unis pour ce traitement.
Transformer la médecine
« Nous entrons dans une nouvelle ère de l'innovation médicale avec la capacité de reprogrammer les cellules immunitaires d'un malade pour qu'elles puissent détruire les cellules cancéreuses mortelles », a souligné le Dr Scott Gottlieb, le patron de la FDA. « De nouvelles technologies telles les thérapies géniques et cellulaires ont le potentiel de transformer la médecine en rendant possible le traitement et même la guérison de nombreuses maladies incurables » jusque-là, a-t-il estimé. « Cette décision marque la première commercialisation dans le monde d'une thérapie génique... fondée sur une nouvelle approche entièrement personnalisée qui utilise les propres cellules immunitaires du malade », s'est quant à lui félicité le PDG de Novartis, Joseph Jimenez, lors d'une conférence de presse téléphonique.
L'innocuité et l'efficacité de cette thérapie ont été démontrées par un essai clinique mené avec soixante-trois malades pédiatriques et de jeunes adultes qui n'avaient pas répondu aux autres traitements ou avaient rechuté.
Selon cette technique, un traitement est créé pour chaque patient dont des cellules immunitaires sont prélevées et congelées avant d'être acheminées dans un laboratoire où elles sont modifiées génétiquement pour attaquer la leucémie. Le taux de rémission a atteint 83 % dans les trois premiers mois du traitement qui a consisté en une seule dose de cellules immunitaires modifiées, précise la FDA.
Effets secondaires sévères
Cette thérapie peut, néanmoins, avoir des effets secondaires sévères, dont de graves infections, de fortes fièvres, de l'hypotension artérielle, des problèmes rénaux et une diminution de l'oxygène dans le sang.
Au vu du succès de l'essai clinique avec les soixante-trois patients, la FDA avait en 2014 attribué à cette thérapie génique le statut « d'avancée thérapeutique » qui permet d'accélérer les procédures de mise sur le marché. Des travaux sont en train d'être menés actuellement par plusieurs laboratoires pour développer des traitements similaires pour le myélome multiple, une autre forme de leucémie et une tumeur agressive du cerveau.
Source : AFP


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